Article 24 : un recul mais pas un changement de trajectoire

La participation massive aux manifestations du week-end contre la loi de « Sécurité globale », le scandale du tabassage d'un producteur de musique noir par quatre policiers racistes ont obligé Macron à se mouiller. Tout en renvoyant la responsabilité de cette crise politique à ses sous-fifres, il a demandé une réécriture - c'est-à-dire une suppression toute diplomatique - de l'article 24 sur la diffusion d'images de policiers ou gendarmes.

Macron et le gouvernement ont reculé sur un article de cette loi mais c'est toute la loi qui vise à renforcer les moyens de surveillance sur la population ou les prérogatives de la police. La loi dite sur le séparatisme, en discussion à partir du 9 décembre, a exactement le même objectif : draguer l'électorat le plus à droite et renforcer encore plus l'arsenal législatif qui permet de mettre la population au pas. Mais la matraque, légale ou pas, n'arrêtera pas la colère et les manifestations qui l'expriment !

GE : capitalistes licencieurs, politiciens complices

General Electric (GE) n'en finit pas de restructurer pour gagner toujours plus de « compétitivité » donc de profit. En septembre, le groupe annonçait 1 225 suppressions d'emplois en Europe. En Belgique, il veut fermer un site, avec 100 licenciements à la clé. À Belfort, il y a eu trois plans de licenciements en moins d'un an. Mais il y a aussi des réactions : à Villeurbanne, les travailleurs qui produisent des disjoncteurs haute tension sont en grève reconductible depuis le 23 novembre.

En rachetant la partie énergie d'Alstom en 2015, GE avait promis de créer 1 000 emplois en France. On voit ce que valent ces promesses de capitalistes. Il faut dire que l'actuel directeur général de GE France, Hugh Bailey, a été à bonne école : auparavant, il a été conseiller de Macron, alors ministre de l'Économie de Hollande.

L'euphorie des Bourses

Pour les Bourses européennes, c'est Noël avant l'heure. Partout, elles flambent. En novembre, le CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris, a augmenté de 20 %. En un seul mois, environ 300 milliards d'euros ont été consacrés à l'achat d'actions des 40 plus grandes entreprises du pays. Voilà où finissent les centaines de milliards déversés par les États au prétexte de faire face à la crise économique.

Les plans dits de relance ne protègent en rien les travailleurs. Les grands actionnaires font ce qu'ils veulent avec l'argent qu'on leur donne. Pendant que le chômage et la pauvreté explosent, l'euphorie des Bourses est indécente... mais elle est aussi révélatrice d'une économie capitaliste toujours plus parasitaire.

Il faut abolir le secret des affaires

Le Conseil consultatif national d'éthique vient de publier des recommandations pour assurer "l'accès aux innovations thérapeutiques". La première de ces recommandations est la transparence sur le prix des nouveaux traitements et médicaments. Cet avis est d'une banale évidence, mais il met le doigt sur la nécessité d'abolir le secret des affaires et le secret commercial. Ce Conseil de l'éthique, présenté comme indépendant, est dirigé par Jean-François Delfraissy, celui qui préside le Conseil scientifique mis en place par Macron pour le conseiller sur l'évolution de l'état sanitaire.

On a pu constater que les avis de ce Conseil ne sont écoutés que s'ils ne s'opposent pas aux intérêts du patronat. Par contre, les employés, ouvriers, chercheurs, qui assurent l'élaboration, la production et la distribution des médicaments, savent tout ce qui se cache derrière l'opacité qui permet aux capitalistes du Big pharma de s'enrichir scandaleusement. Collectivement, ils auraient les moyens d'imposer cette transparence.

Il faut se déconnecter du patronat

Alors que des millions de salariés sont en télétravail, des syndicats ont signé avec le patronat un nouvel accord national censé le réglementer. En fait de règlement, l'accord rappelle la loi et fait une série de recommandations, mais rien dans cet accord n'empêchera les patrons de continuer à utiliser le télétravail comme cela les arrange.

Le patronat ne veut aucune contrainte, sauf quand les travailleurs le forcent à en accepter. Cela, aucune séance de négociation n'y changera rien.

Mauvais feuilleton

Le gouvernement ressort sa réforme des retraites, repoussée au début de la pandémie. Cette fois, il prétexte qu'elle serait devenue nécessaire pour rembourser la dette pharaonique de l'État, qui a explosé avec les milliards versés aux entreprises cette année.

Alors que ces mêmes entreprises licencient à tour de bras et que le chômage explose, vouloir nous faire travailler plus et plus longtemps, c'est une provocation !

Conte de Noël

La Poste a annoncé le recrutement de 9 000 travailleurs en intérim ou en CDD pour faire face à l'afflux de colis de la période des fêtes. Mais il ne faut pas oublier qu'elle a supprimé des dizaines de milliers d'emplois depuis dix ans.

Et elle se garde bien de préciser que la plupart de ces 9 000 devront pointer à Pôle Emploi une fois les fêtes passées et le pic de distribution de colis terminé. La Poste ne fait pas de cadeaux, même à Noël.

 

Accord meurtrier

Sept personnes sont mortes en tentant de traverser clandestinement la Manche sur des canots de fortune. Les gouvernements français et britannique ont conclu un nouvel accord pour rendre leur périple encore plus difficile, en doublant les patrouilles douanières, au lieu de les autoriser à passer dans des conditions normales.

Ils amènent ainsi des hommes, des femmes et des enfants fuyant la misère de leur pays à prendre encore plus de risques pour tenter de gagner la Grande-Bretagne. C'est inhumain, mais c'est visiblement moins leur souci que d'attirer les voix des électeurs xénophobes.