Dans l'affaire de l'attentat de Karachi, le ministre de la Défense de l'époque, Charles Millon, vient de confirmer à la Justice qu'il y avait bien eu des « rétrocommissions » versées par le gouvernement pakistanais suite à un contrat d'armes.
Pour vendre des armes au Pakistan, des hommes d'État français promettent des pots-de-vin à d'autres hommes d'État pakistanais. Pots-de-vin payés avec l'argent public.
Au passage, ils se mettent d'accord pour qu'eux aussi touchent une partie de ces pots-de-vin, les fameuses « rétrocommissions », et s'en servent pour financer la campagne électorale de 1995 de Balladur. Mais Chirac, pour mettre des bâtons dans les roues de son rival Balladur, fait stopper les pots-de-vin. Et c'est cet arrêt du versement qu'ont payé de leur vie les 11 salariés français de la Direction des Constructions Navales (DCN) 5 ans plus tard.
Il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre le milieu des affaires, celui des sommets de l'État et celui des hommes de main.