Merkel fait du Sarkozy

Ce week-end, la chef d'État allemande, Angela Merkel, a déclaré que « l'approche multi-culturelle a échoué » et que « celui qui n'accepte pas [les valeurs chrétiennes] n'a pas sa place ici ». Après la démagogie raciste anti-Roms de Sarkozy, voilà celle anti-immigrés d'Angela Merkel.

Tous ces politiciens se ressemblent dans leur volonté de flatter les préjugés les plus bas. Tout ce venin n'a qu'un objectif : diviser les travailleurs. Et dans cette période de crise, cette démagogie écœurante pourrait trouver un écho qui dépasse leurs calculs. Face à cela, seule la classe ouvrière consciente et organisée peut représenter une alternative.

Banquiers : vautours un jour, vautours toujours

Aux États-Unis, une des principales banques, la Bank of America, a suspendu toutes ses demandes de saisies immobilières visant les ménages qui ne peuvent plus rembourser les emprunts "subprimes" (à taux d'intérêt très élevés). Elle réagit à la justice américaine qui s'est aperçue, au bout de 3 ans et surtout après que 2,8 millions de personnes ont perdu leur logement, que beaucoup de saisies étaient frauduleuses.

20 millions d'Américains sont sous le coup des 11 millions de procédure de saisie en cours. Après avoir provoqué une crise mondiale, les banques, pour se refaire, ont falsifié des documents et des signatures pour dépouiller des familles populaires de leur seul bien.

La crise ? Quelle crise ?

Cette année, les bonus, ces primes versées aux plus hauts cadres des grandes entreprises, vont battre un record absolu à Wall Street. Avec 144 milliards de dollars, ce sont 4% de plus qui vont être ainsi distribués.

Bien entendu, aux États-Unis comme ailleurs, si les entreprises se montrent si généreuses avec leurs plus hauts cadres, c'est parce que leurs profits sont au beau fixe. Et pendant ce temps, le chômage continue d'augmenter et les États croulent sous les dettes... dont on présente la facture à la population. Comme le disaient hier certains manifestants : « Pour eux, des couilles en or, pour nous, des nouilles encore... »

Régularisation de tous les sans-papiers !

Quelque 500 sans-papiers occupent la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (Paris 12e), avec le soutien de la CGT. Ils sont en grève depuis parfois un an pour obtenir leur régularisation. Malgré les promesses faites en juin dernier par le gouvernement de régularisation sur critères, seuls 58 des 1800 dossiers déposés ont obtenu une réponse. Ces travailleurs vivent ici, travaillent ici, payent des impôts, parfois depuis cinq ou dix ans. Alors, ils doivent être régularisés !

Quand Mitterrand faisait exécuter les militants du FLN

Un livre évoque l'attitude de Mitterrand pendant la guerre d'Algérie. On savait que, ministre de l'Intérieur en 1954, sa politique était « l'Algérie, c'est la France, et la seule négociation c'est la guerre ». En 1956-57, ministre de la Justice, il devait notamment donner un avis sur la grâce des militants du FLN condamnés à mort. Dans 80% des cas, il s'opposa à la grâce et eut, en un an, le sang de 45 combattants sur les mains. Le bourreau de l'époque a raconté qu'il n'a jamais autant guillotiné que sous Mitterrand.

15 ans plus tard, il était présenté par le PS et par le PCF comme un homme de gauche et comme le représentant des travailleurs.

Rapport Attali : une attaque en règle contre les plus défavorisés

Prétendument pour « libérer la croissance française », Jacques Attali a remis son rapport à l'Élysée, proposant de multiples réductions de dépenses publiques. En particulier maintenir le gel des salaires des fonctionnaires et de nouvelles économies sur le dos des malades.

Parmi les mesures les plus choquantes, il préconise de ne plus rembourser à 100 % les dépenses pour les maladies graves que sont le cancer et le diabète. Il propose également d'augmenter la TVA, rebaptisée « sociale ».

L'ancien conseiller de Mitterrand est maintenant au service de Sarkozy. Ce n'est pas un vrai changement : aujourd'hui comme hier, il défend le système capitaliste

La grève qui s’étend et qui leur fait peur

Gouvernement et médias ont répété hier que les taux de grévistes à la SNCF, à la RATP, dans l'enseignement diminuaient hier par rapport à mardi. Mais ils comparent ce qui n'est pas comparable : un mot d'ordre de grève générale une journée, venant de l'ensemble des confédérations (mardi), et des mots d'ordre de grève reconductible de certains syndicats dans tel ou tel secteur depuis.

La réalité, c'est que la grève est populaire et qu'elle entraîne des travailleurs plus nombreux. Les manifestations de samedi 16 et de mardi 19 en apporteront une nouvelle démonstration.

Raffineries : tout ne va pas si bien, madame la marquise

Le gouvernement clame sur tous les tons qu'il n'y a pas de pénurie de carburants. Façon de dire que la grève des travailleurs des raffineries, en pointe dans le mouvement gréviste, n'a pas d'effet.

Pourtant n'importe quel automobiliste qui cherche à faire le plein, remarque les stations-service qui affichent « pas de gazole ». De plus, à la demande du patronat, l'État a envoyé vendredi matin la police reprendre le contrôle du dépôt pétrolier de Fos-sur-mer, près de Marseille. Et plus discrètement, les autorités ont autorisé les compagnies pétrolières à utiliser les stocks de réserve.

Les ouvriers, ceux des raffineries et les autres, existent. Leur travail quotidien permet à la société de fonctionner. Et quand leur mécontentement s'exprime par la grève, leur poids dans l'économie ne passe pas inaperçu. Quoi qu'en dise les menteurs qui gouvernent.