Marseille : deux ans après, rien n'est réglé

Il y a deux ans, deux immeubles se sont effondrés dans le centre-ville de Marseille, tuant huit de leurs occupants. Cette tragédie révélait l'incurie criminelle des propriétaires de ces logements insalubres. L'un d'eux, Marseille habitat, vient seulement d'être mis en examen. La justice prend son temps !

Dans la foulée de l'effondrement, près de 5000 personnes avaient été chassées, en urgence et sans ménagement, de centaines de logements dangereux. 400 d'entre elles ne sont toujours pas relogées. Ce ne sont pourtant pas les logements vides à réquisitionner qui manquent dans les beaux quartiers.

Respect des puissants et mépris des petits : voilà bien la justice bourgeoise dans toute sa splendeur.

Cliniques privées, argent public

Le président de la Fédération de l'hospitalisation privée s'est dit satisfait que le privé soit associé à l'hôpital public pour l'accueil des malades du Covid. Ce qui le réjouit, c'est que le gouvernement a « couvert nos risques par la garantie des recettes et la prise en charge de nos surcoûts Covid ».

Les groupes de santé privés tirent profit à la fois de la Sécurité sociale, qui finance les soins des patients, et de l'hôpital public, qui forme leurs médecins. Ils auraient dû être réquisitionnés dès le début de la pandémie pour être mis au service de la collectivité. Au lieu de cela, le gouvernement leur garantit qu'ils resteront rentables et pourront continuer à rémunérer leurs actionnaires.

Face à une situation sanitaire qui s'aggrave de jour en jour, l'imprévoyance du gouvernement n'est donc pas totale. Il a continué à démanteler les services de santé publique mais se préoccupe de la santé des actionnaires des groupes privés.

Comédie à l'Assemblée, tragédie à l'hôpital

Mardi soir, Olivier Véran a tancé les députés de l'opposition à l'Assemblée nationale parce qu'ils venaient de réduire la durée de l'état d'urgence sanitaire. Revenant d'une visite auprès de deux jeunes patients hospitalisés, gravement atteints par le covid, il s'est écrié « C'est cela la réalité de nos hôpitaux ! » Ces mêmes hôpitaux dans lesquels le personnel dénonce la « réalité » quotidienne et réclame des moyens que Véran et Macron leur refusent.

Quant à l'opposition, de droite comme de gauche, elle a beau jeu de dénoncer l'incurie gouvernementale. Mais depuis des années, ces politiciens-tartuffes ont tous contribué aux économies qui ravagent l'hôpital. Les échanges verbaux à l'Assemblée ressemblent à des répliques de comédie de boulevard. Mais l'épidémie, elle, se transforme en tragédie pour des milliers de personnes.

Ehpad : nouvelle scène de crime ?

Au 2 novembre, 912 clusters étaient soupçonnés dans les 7 400 Ehpad du pays. La crise sanitaire s'emballant, le pire est à craindre à nouveau derrière les murs de ces établissements.

Comme dans les hôpitaux, le gouvernement n'a rien fait dans les Ehpad depuis la fin de la première vague. Le ministre de la Santé s'est contenté d'envoyer une lettre aux directeurs : « C'est avec gravité que nous appelons à nouveau chacun à la plus grande vigilance ». Autrement dit : "débrouillez-vous avec les moyens du bord". Quant aux actionnaires des Ehpad privés, ils n'ont débloqué aucun moyen en prévision de cette deuxième vague.

Une nouvelle hécatombe s'annonce. Pouvoirs publics et sociétés privées la présentent comme une fatalité. Le virus tue, en particulier les personnes âgées, mais il a de nombreux complices.

Biden ou Trump, un président au prix fort

On ne sait toujours pas qui, de Biden ou de Trump, gagnera les élections américaines. Mais ceux qui les ont financés et qui en attendent des retours sur investissements sont connus. Ce sont les grands groupes et les milliardaires qui en tirent profit. Cette élection est la plus chère de l'Histoire : elle devrait coûter 14 milliards de dollars, dont la moitié pour la seule présidentielle. Près de 80 % des dons excèdent les 200 dollars, majoritairement de riches particuliers.

Des entreprises versent de grosses sommes, indirectement par le biais des « comités d'action politiques ». On y retrouve d'ailleurs des « contributeurs » liés à des entreprises françaises, comme Sanofi, Axa, Vivendi, Paribas,... qui ont versé des dizaines de milliers de dollars, tant aux Démocrates qu'aux Républicains. Cette compétition électorale est aussi une affaire de gros sous, des dollars qui huilent les relations entre futurs élus, quels qu'ils soient au profit du business.

Pologne : le combat des femmes pour leurs libertés

En Pologne, la mobilisation contre la décision du tribunal constitutionnel d'interdire l'avortement même en cas de malformation du foetus, a pris de l'ampleur. La grève générale a été très suivie mercredi 28 octobre et une manifestation a rassemblé entre 80 000 et 100 000 personnes à Varsovie, vendredi 30. Les manifestants ne se sont laissé intimider ni par le gouvernement, qui les accuse de vouloir « détruire la Pologne », ni par les fondamentalistes catholiques ou les milices d'extrême-droite.

Avant même cette décision toute récente, les restrictions au droit à l'avortement contraignaient au moins 100 000 femmes par an à recourir à un avortement clandestin : à l'étranger pour les plus aisées, ou en se débrouillant en prenant des risques pour leur santé, pour les autres. Le droit à disposer librement de son corps reste un combat à mener contre les réactionnaires de toutes espèces et de tous pays.

Attentat à Vienne : un monde sans évasion possible

L'Autriche a été frappée par un attentat revendiqué par Daech. Un tireur a déchargé des rafales à l'aveugle sur des terrasses de café, tuant quatre personnes, en blessant vingt-deux, dont trois grièvement. Le tueur, abattu par la police, avait 20 ans et était autrichien d'origine macédonienne.

C'est la première fois que l'Autriche, souvent présentée comme un petit pays à l'abri des tempêtes du monde, est le théâtre d'une attaque liée à la mouvance islamiste. Mais, pas plus qu'aucun pays, l'Autriche ne peut échapper au pourrissement d'une société malade.

Un engrenage mortifère se met en place. D'un côté, les agissements meurtriers de l'extrême-droite islamiste, qui trouve des candidats à l'attentat-suicide au coeur de l'Europe. Et de l'autre, une montée des idées, des discours et des actes d'une extrême droite nationaliste qui se renforce. Dans les deux cas, c'est une impasse sanglante, anti-ouvrière, qui s'installe au moment où la crise sociale se creuse. Il faut que le mouvement ouvrier prenne vite conscience des risques et s'organise pour faire face.

Sahel : une guerre sans fin

L'armée française se vante d'avoir tué une centaine de « djihadistes » dans une région située entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Ce fait d'armes est une victoire à la Pyrrhus. Depuis janvier 2013, l'armée française est lancée dans une guerre contre ces bandes armées. Mais parce qu'elle protège les dictatures de la région et qu'elle s'appuie sur des forces armées corrompues qui rançonnent les populations locales, l'armée française ne peut gagner cette guerre. Loin d'affaiblir les djihadistes, elle pousse une partie de la population dans leurs bras.

La guerre que ces soudards mènent sous le prétexte mensonger de nous protéger contre le terrorisme, peut nous paraître lointaine. Mais elle nous est proche et palpable, ici même. Ne serait-ce qu'en jetant sur les routes des milliers de migrants qui, au péril de leur vie, tentent de trouver refuge en Europe. Ils sont nos frères dans une même oppression et dans une même lutte.