Blocus lycéen : le virus ou la matraque

Mardi 3 novembre, principalement dans des lycées parisiens, des lycéens se sont rassemblés devant leur établissement pour les bloquer. Comme les professeurs, dont certains se mettent en grève, ils dénonçaient un retour en classe, en plein pic de la pandémie, sans aucun aménagement : des classes à plus de trente sans dédoublement, des lycées ou collèges surchargés, des locaux exigus et mal aérés qui ne permettent pas la distanciation nécessaire.

En guise de protocole sanitaire, Blanquer a envoyé la police pour déloger les jeunes. Le gouvernement testerait-il la matraque et le gaz lacrymogène comme thérapie contre la Covid-19 ?

Ne pas dépasser les bornes de la propriété

Dimanche 1er novembre, dans l'émission politique Le Grand Jury, la ministre du Travail Élisabeth Borne a déclaré à propos du télétravail qu'il « n'est pas facultatif. C'est obligatoire ». Mais pour faire respecter cette obligation, tout comme l'ensemble des mesures indispensables pour éviter la propagation du virus sur les lieux de travail, la ministre a-t-elle prévu d'envoyer des policiers pour contrôler et verbaliser ?

On en doute... Dans la société bourgeoise, la propriété privée c'est sacré - même en temps d'épidémie.

Blanquer aux professeurs : silence dans les rangs

Dans une volte-face subite, Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, a supprimé au dernier moment le temps d'échange entre les professeurs, prévu le 2 novembre jour de la rentrée scolaire. À la colère et à l'émotion provoquées par l'assassinat de Samuel Paty, s'est ajouté le sentiment d'être méprisés.

Mais dans bien des établissements, les professeurs ont imposé le débat, parfois par la grève. Outre la situation générale préoccupante, ils dénoncent un protocole sanitaire insuffisant, avec la poursuite des cours avec parfois jusqu'à 30 ou 35 élèves, sans dédoublement, dans des locaux exigus, et cela malgré l'épidémie et le confinement.

Les valeurs républicaines selon Blanquer, c'est "travaille et tais-toi!" Mais il a découvert qu'il ne suffit pas d'élever la voix pour être obéi...

Castex chef de rayon

Face à la colère des petits commerçants menacés de faillite avec la fermeture de leur boutique, Castex vient d'inventer une nouvelle règle. Au nom de l'équité, il interdit désormais aux supermarchés de vendre vêtements, électroménager et de multiples autres produits. Cette "équité" augmentera les contraintes de la population. Auchan et Carrefour trouveront sans doute la parade et de toute façon s'en remettront facilement. Amazon et d'autres vendeurs en ligne en profiteront abondamment. Quant aux petits commerçants, cela ne les empêchera pas de couler.

Y compris pendant la pandémie, Macron reste le président des ultra-riches. Mais qui sème la misère...

Cela ruisselle... pour les richards

Aujourd'hui, plus de huit millions de personnes ont besoin de l'aide alimentaire pour survivre. C'est 2,5 millions de plus qu'avant le mois de mars. Travailleurs pauvres, retraités, étudiants, indépendants : dans le cinquième pays le plus riche au monde, un habitant sur huit n'a pas les moyens de manger à sa faim.

Les associations caritatives, qui doivent faire face à cette flambée de la pauvreté, sont aux abois. Castex a promis que le fonds européen d'aide aux plus démunis allait augmenter de 50 % sur les six prochaines années. Ce n'est encore qu'une promesse qui dépend du budget européen. Pour les capitalistes, pourtant principaux responsables de cette explosion de la pauvreté, l'aide est immédiate, mille fois plus grande et financée sur le budget de l'État, c'est-à-dire par les impôts de la collectivité ! Le ruissellement, à la sauce Macron existe... mais de bas en haut.

Côte d'Ivoire : simulacre électoral et travailleurs pris en otage

L'opposition au président sortant ayant appelé au boycott de l'élection présidentielle, Alassane Ouattara a été réélu le 1er novembre, avec 94 % des voix. Depuis bientôt trente ans, un nombre restreint de politiciens, concurrents mais tous liés d'une façon ou d'une autre à l'impérialisme français, se battent pour accéder à la mangeoire. À chaque élection, ils ont exacerbé les divisions ethniques ou religieuses et la xénophobie, jusqu'à provoquer une guerre civile.

Pris en otage, les travailleurs ivoiriens et la population ont payé un lourd tribu à ces rivalités sanglantes. Exploités côte-à-côte, quelles que soient leurs origines, l'avenir des travailleurs ivoiriens dépend de leur capacité à s'organiser sans se laisser entraîner derrière tel ou tel politicien qui les pressurera et les réprimera.

Blanquer ne manque pas d’air !

Un protocole renforcé va, paraît-il, s'imposer dans les établissements scolaires puisque le gouvernement a décidé de les laisser fonctionner. Depuis septembre, le ministre Blanquer répète que tout est prévu et que tout ira bien. En fait, les enseignants et le personnel devront se débrouiller avec les moyens du bord, déjà bien limités en temps normal, et dramatiquement insuffisants avec l'épidémie

À brasser du vent, Blanquer n'évitera pas la tempête, qu'il aura bien mérité.

Le gaz explose

Les tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie (ex-Gaz de France) augmentent globalement de 1,6 % au 1er novembre. Déjà au 1er octobre, ils avaient augmenté de 4,7 %. La facture est salée pour les familles qui se chauffent au gaz.

Engie a réalisé 2,7 milliards de profits en 2019 et a augmenté de 7 % les dividendes versés aux actionnaires. Oui, vraiment, ça gaze pour eux.