Grèce : des néo-nazis condamnés à la prison

Des dizaines de militants et de dirigeants du parti néo-nazi Aube dorée viennent d'être condamnés à des peines de prison. Ils ont été reconnus coupables de diriger une organisation criminelle, et l'un d'entre eux a été condamné pour le meurtre d'un militant de gauche en 2013.

Au plus fort de la dramatique crise économique, qui avait plongé la population du pays dans la misère il y a une dizaine d'années, Aube doré s'en était pris violemment aux travailleurs immigrés, aux syndicalistes.

Cette organisation semble jugulée. Mais il serait illusoire de croire qu'il suffira de décisions de justice pour mettre fin aux sales coups des nervis fascisants, qui sont prêts à tout pour combattre le mouvement ouvrier et ses militants. Les travailleurs ne pourront compter que sur leurs propres forces organisées pour se défendre.

Crise hospitalière : vieille recette et efficacité nulle

Face à la montée des hospitalisations pour Covid-19, Castex vient d'annoncer une prime de 110 à 200 euros bruts par jour pour tout soignant qui renoncerait à ses congés de la Toussaint.

Quel mépris ! Après leur avoir refusé une augmentation de 300 euros mensuels pour tous les hospitaliers, il les invite à tirer un trait sur des jours de repos dont ils ont tant besoin.

Cette mesure traduit la pénurie de personnel dans les hôpitaux. Depuis la première vague de l'épidémie, en mars, le gouvernement n'a rien fait pour préparer la deuxième vague, pourtant prévue et annoncée.

Boucher les trous du planning en rognant sur les congés : c'est une rustine utilisée depuis longtemps, qui ne règle en rien la crise hospitalière. Au contraire, cela risque d'accroître le courant des infirmières et autres hospitaliers, qui actuellement sont nombreux à quitter les hôpitaux pour fuir les conditions de travail infernales qu'on leur impose.

Métro, boulot, et au lit

Macron a annoncé hier soir un couvre-feu de 21h à 6h pour 20 millions de personnes. Il y aura une exception pour aller travailler. Pas seulement dans les services indispensables jour et nuit, comme les hôpitaux. Mais aussi dans les usines pour produire des profits.

Il a recommandé de ne pas se réunir à plus de six dans des réunions privées, alors que les chiffres officiels montrent que la majorité des contaminations au Covid-19 a lieu dans les entreprises et en milieu scolaire et universitaire. Sans parler des transports en commun...

Pour le gouvernement il est hors de question de contraindre le patronat à modifier ses plannings et ses objectifs de travail pour empêcher la progression de l'épidémie. Il ne lui reste donc plus qu'à faire la morale aux couche-tard.

Alors que le virus circule de plus en plus, de jour comme de nuit, c'est irresponsable.

Macron : aumône aux pauvres

Au cours de son intervention télévisée, Macron a reconnu que les classes populaires étaient les victimes principales du virus et de la crise économique.

Mais il a exclu toute augmentation des minimas sociaux, afin d'inciter les chômeurs en fin de droit à rechercher du travail, a-t-il expliqué, insinuant ainsi que les chômeurs préféraient l'oisiveté et l'assistance au boulot. Tout juste leur a-t-il promis une aide exceptionnelle de 150 euros.

Un million de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté cette année en France. Mais la priorité de Macron, c'est de faire des cadeaux fiscaux aux entreprises et à leurs actionnaires.

Combien vaut l’eau de Californie ?

« Un bond de géant » : c'est ainsi qu'un article de presse qualifie l'introduction de contrats à terme sur l'eau de Californie à la bourse de Chicago et au Nasdaq. L'eau accède, selon cet article, au même statut d'actif financier que le cuivre ou le pétrole...

Dans cet État américain où l'eau est nécessaire pour les quelque 3,6 millions d'hectares de cultures irriguées, l'accès à cette ressource donne lieu à des variations de son prix. Il n'en faut pas plus pour que les vautours de la finance y voient un support pour spéculer. Ils vont pouvoir parier des milliards sur ces variations des cours de l'eau de la région.

Cela ne se traduira pas par des infrastructures nouvelles ni par des progrès dans la gestion de cette ressource vitale pour la population, mais cela alimentera l'ivresse spéculative et stérile des spéculateurs.

Nigeria : mobilisations contre les violences policières

Au Nigeria, la diffusion de plusieurs vidéos montrant des violences policières a provoqué la semaine dernière des manifestations à travers tout le pays. Les protestations visaient particulièrement les unités SARS, formées en 1982 au nom de la lutte contre les voleurs, mais qui depuis ont acquis la sinistre réputation d'utiliser elles-mêmes des méthodes de gangsters, allant des passages à tabac jusqu'aux meurtres.

Face à un mouvement massif de la jeunesse, le président Buhari a fini par annoncer la dissolution de ces SARS. Cela ne suffira certainement pas à mettre fin aux exactions policières, mais les manifestants ont réussi à faire reculer le pouvoir, dans un pays où simplement manifester signifie risquer sa peau. Bravo !

Tunisie : la révolte… à nouveau

Dans la petite ville de Sbeïtla, au centre de la Tunisie, en détruisant au bulldozer un kiosque à journaux qui n'avait pas d'autorisation officielle, les autorités municipales ont tué le père du propriétaire, qui s'y était installé pour dormir.

Révoltée par le mépris des autorités envers ceux qui essayent de gagner leur pain dans l'économie informelle, la population est immédiatement descendue dans la rue, et des affrontements ont eu lieu avec la police.

Le gouvernement ne peut ignorer que la région de Kasserine, où le chômage et la misère sont élevés, est une poudrière et que des explosions sociales comme celles de 2010-2011 peuvent s'y reproduire. Il a réagi en limogeant des responsables, mais aussi en envoyant des renforts de police. Pas sûr que cela éteindra l'incendie !

Aides à domicile : vers une hausse des salaires ?

En 18 ans, les salaires des aides à domiciles ont décroché de 11 à 31 % par rapport au smic. Ces travailleuses - ce sont le plus souvent des femmes - sont indispensables pour que les personnes âgées ou malades puissent vivre chez elles. Mais les crédits accordés pour financer cette activité ne sont pas à la hauteur.

Le gouvernement, qui se vante de son « Ségur de la santé », les a tout bonnement oubliées. Il se dit maintenant prêt à faire un geste. Mais les salaires actuels de ces aides sont si faibles qu'il faudrait les augmenter de centaines d'euros par mois pour qu'ils atteignent un niveau décent et normal.

Une raison de plus de participer à la journée de grève et de manifestation des travailleurs de la santé, demain 15 octobre.