Loi sécurité globale, une présence policière démonstrative

Des milliers de manifestants ont de nouveau dénoncé, ce samedi 12 décembre, la future « loi sécurité globale » et en même temps le projet de loi sur les « séparatismes » qui contient les mêmes mesures de restriction des libertés. À Paris, le gouvernement a mobilisé des milliers de policiers et transformé certaines rues en véritables souricières. Des dizaines d’arrestations ont été opérées frappant entre autres des collégiens, des lycéens et des journalistes.  

Cette mise en scène policière, massive, ostensible, vise à intimider tous ceux qui contestent la politique anti-ouvrière et pro-patronale de ce gouvernement. Mais elle n’empêchera pas, espérons-le, la colère de s’exprimer, ni dans la rue ni surtout dans les entreprises, au cœur même de l’exploitation.

Plan d’aide aux démunis : une aide à peine déguisée au patronat

L’Institut Montaigne, un think tank dirigé par des financiers, propose un plan de 30 milliards d’euros pour venir, disent-ils, en aide aux plus pauvres.

Cet argent, sans doute bienvenu pour les plus démunis, distribué sous forme de chèques consommation ou de prêts garantis par l'Etat, n’est cependant pas complètement désintéressé. Il s’agit avant tout, selon cet institut, de soutenir des secteurs comme le bâtiment, la restauration ou l’alimentation.

Pour le patronat, charité bien ordonnée commence par soi-même.

Le Ghosn qui cache la forêt d'actionnaires

La presse nous apprend que le fuyard Carlos Ghosn, ancien PDG de Renault Nissan, serait dans le viseur du fisc français, qui aurait déjà effectué une saisie sur ses biens de 13 millions d’euros. Personne, encore moins parmi les travailleurs de Renault, ne versera une larme sur le sort de cet exploiteur-truand.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier que les dirigeants actuels et les actionnaires de Renault mènent la même guerre aux travailleurs que Ghosn. Ils ont programmé la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France, menacent l’existence de plusieurs sites dont Flins, alors qu’ils ont empoché ces dix dernières années quelque 25 milliards de profits cumulés.

Accord de Paris : cinq ans d’impuissance après

En 2015, les États signataires de l'Accord de Paris sur le climat s'engageaient, face aux menaces avérées de réchauffement climatique, à planifier des mesures pour le freiner. De simples déclarations d'intentions ne pouvaient guère infléchir le cours du réchauffement dès lors que les leviers de décisions sur l'économie restent aux mains des capitalistes. Quel que soit le climat, c'est le niveau des profits de la bourgeoisie qui sert de thermomètre.

Cinq ans après, le constat est là : le réchauffement s'accélère, les émissions de CO2 continuent et vont continuer d'augmenter, le financement nécessaire aux plans climat des pays pauvres reste dans les coffres des pays riches... La jeunesse a d'ailleurs manifesté contre l'inconséquence des gouvernements.

Le monde capitaliste est tout aussi peu capable de préserver la planète du réchauffement climatique que de mettre l'humanité à l'abri des crises, de la guerre et de la famine : il est vital de le renverser.

IVG en Argentine : une victoire mais le combat doit continuer

Hier, 11 décembre, les députés argentins ont adopté la loi légalisant l'avortement, qui n'est jusqu'à présent autorisé qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.

En 2018, un vaste mouvement de manifestations avait déjà obtenu un vote favorable des députés, mais le Sénat avait mis son véto. Depuis, un tiers du Sénat a été renouvelé et Alberto Fernández, le président élu en 2019, a promis la légalisation de l'IVG dans sa campagne.

Ce vote marque une étape grâce aux milliers de militantes qui ont imposé le retour de la question dans l'agenda législatif à coup de mobilisations massives et de manifestations.

Leur combat n'est pas fini. Si elles obtiennent satisfaction en Argentine, ce sera un encouragement pour toutes les femmes d'Amérique latine, en particulier au Pérou, en Bolivie, etc., qui se battent aussi pour ce droit.

Exécutions : Trump s’affiche en barbare

Le gouvernement des États-Unis vient de procéder à une nouvelle exécution. Un homme noir de 40 ans a été tué par l'État le 10 décembre pour avoir participé à un double meurtre quand il avait 18 ans. Cela n'a d'autre objectif que d'afficher la férocité inhumaine d'un système.

C'est la neuvième exécution fédérale (c'est-à-dire décidée par le pouvoir central à Washington et non par un des 50 États du pays) depuis juillet, alors qu'il n'y en avait eu aucune depuis 17 années et que, du fait de la pandémie de Covid, même l'État du Texas a suspendu les exécutions.

Quatre autres exécutions sont planifiées d'ici fin janvier quand Trump quittera la Maison Blanche. Trump en rajoute donc dans la mise en scène barbare, mais s'il peut le faire c'est que les lois de la soi-disant plus grande démocratie du monde le lui permettent.

Accès aux vaccins : le grand écart s’accélère

Pour faciliter l'accès des pays les plus pauvres aux vaccins, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a créé un fonds nommé Act-Accelerator, qui vise à recueillir 38 milliards de dollars. Pour l'instant, les apports des pays riches ne s'élèvent qu'à 9 milliards, insuffisants par rapport aux besoins minimum.

C'est une goutte d'eau comparée aux centaines de milliards mis sur la table par chacun des grands pays pour venir en aide au patronat. Des aides directes ou indirectes comme la prise en charge du chômage partiel. Et aussi une goutte d'eau par rapport aux fortunes accumulées depuis le début de la pandémie par les 650 milliardaires les plus riches des États-Unis : plus de 1 000 milliards de dollars...

L'accès aux vaccins des presque huit milliards d'habitants de notre planète est laissé entre les mains des capitalistes, de leurs hommes politiques et de leur loi du marché. C'est d'une absurdité criminelle. Mais c'est dans la logique d'un système fondé sur la loi du profit.

Capitalisme sous perfusion

La Banque centrale européenne (BCE) vient d'annoncer qu'elle ouvrira encore plus les vannes du flot d'argent public dirigé vers la finance.

En mars elle avait, en plus de ses achats habituels de créances douteuses détenues par les banques, lancé un programme « exceptionnel » lié à la pandémie de 500 milliards pour racheter les dettes des grandes entreprises et des États qui s'endettent à grande vitesse cette année pour soutenir les grosses sociétés. Ce flux d'argent est à présent porté à 1 850 milliards d'euros disponibles jusqu'en 2022.

La BCE étend aussi jusqu'en 2022 les taux négatifs de -1 % pour les prêts aux banques, qui gagnent ainsi de l'argent en empruntant.

L'exceptionnel devient permanent. Le capitalisme ne peut plus fonctionner sans perfusion d'argent public. Un tel système mérite d'être remplacé par un autre, rationnel lui, au service de la collectivité toute entière, une société communiste au sens plein du terme.