Trente-cinq après l'assassinat par la police de onze Noirs, dont cinq enfants, membres de la communauté anarchisante Move, le conseil municipal de la ville de Philadelphie vient de présenter ses excuses.
En 1985, le maire de la ville, un politicien noir membre du Parti démocrate, avait organisé un raid mobilisant 500 policiers à l'assaut de l'immeuble où habitaient les membres de Move. Il prétendait agir au nom du voisinage qui se plaignait. Or la police avait tiré 10 000 cartouches et fini par lancer une bombe depuis un hélicoptère, tuant les occupants et incendiant 65 maisons voisines.
Ces excuses visent en fait à désamorcer les manifestations qui se déroulent actuellement dans cette ville depuis que deux policiers, appelés pour une dispute domestique, ont tué un Noir fin octobre. La première réponse du gouverneur de Pennsylvanie et du maire, démocrates tous les deux, a été de mobiliser la Garde nationale et d'instaurer un couvre-feu...
Aux États-Unis, même quand il arrive que des politiciens présentent des excuses, très tardives, le racisme meurtrier des institutions demeure.