Brèves

Inde : grève du thé

Brève
13/10/2020

Depuis le 9 octobre, la cueillette du thé est à l'arrêt dans l'État d'Assam, où s'effectue la moitié de la production de l'Inde. Ce mouvement de grève ne rassemble pas moins de 400 000 cueilleurs, qui réclament une augmentation de leur salaire.

Aujourd'hui, ils ne sont payés en moyenne que l'équivalent de 2 euros par jour, alors que la loi en vigueur depuis des décennies est supposée leur garantir un salaire minimum, un logement et l'accès à l'école pour les enfants. Le gouvernement, qui avait annoncé l'équivalent de 4,50 euros par jour comme salaire minimum, a reculé face aux exigences des patrons du secteur, sous l'emprise des multinationales.

Les travailleurs du thé ont compris qu'il n'y avait que leur mobilisation collective pour obtenir gain de cause.

BNP-Paribas en grève

Brève
13/10/2020

Aujourd'hui mardi 13 octobre, une intersyndicale appelle à la grève à BNP-Paribas, une première depuis décembre 2018, pour protester contre les reculs multiples que la direction veut imposer.

En restreignant les horaires d'ouverture des agences, la direction compte réaliser des économies substantielles. Ce réaménagement ferait perdre aux employés jusqu'à 17 jours de RTT tout en entraînant des jeudis à rallonge, sans augmentation de salaire. Seulement une prime ne dépassant pas les 300 euros... qui ne sera même pas attribuée à tous, alors que les salariés subissent une pression permanente pour « faire du commercial » avec un nombre de clients en baisse du fait de la crise sanitaire.

La BNP a pourtant enregistré des bénéfices confortables ces dernières années. Elle déclarait 1,3 milliard d'euros de profits nets au premier trimestre 2020. Les travailleurs n'ont aucune raison de se laisser plumer !

L’État, un patron comme les autres

Brève
13/10/2020

Dans le projet de budget 2021, l'État prévoit une baisse des effectifs de fonctionnaires dans la plupart des ministères, notamment ceux du Travail, de la Transition écologique - pourtant censée être la priorité des priorités - et l'Éducation nationale. Au ministère de la Santé, malgré la crise du Covid, il n'y aura que 76 créations de postes. Et ces chiffres ne concernent pas les 20 % de salariés des services publics qui n'ont pas le statut de fonctionnaire.

Le gouvernement déverse des milliards d'euros dans les caisses des entreprises sous prétexte de les inciter à créer des emplois. Et il supprime lui-même des emplois utiles à la population... Contradictoire ? Non, c'est la logique des employeurs !

100 % de culot

Brève
13/10/2020

Pour Djebbari, le ministre des Transports, les transports en commun représenteraient « moins de 1 % des contaminations » au Covid-19.

Personne ne sait d'où vient ce chiffre. Mais ce qui est sûr, c'est que les travailleurs entassés dans les transports publics en pleine épidémie comptent pour moins de 1 % dans les préoccupations du gouvernement.

Tourisme : méthode Coué

Brève
13/10/2020

Sous pression des professionnels du tourisme, le secrétaire d'État Lemoyne s'est lancé dans des déclarations enflammées : « Organisez vos déplacements, organisez vos vacances ! », ajoutant : « C'est un acte citoyen de réserver » pour la Toussaint, afin de sauver la saison touristique. Allumer un cierge aurait le même effet...

Algérie : la répression se durcit

Brève
12/10/2020

Prison de Bou Saada

Un militant du hirak, le mouvement de protestation contre le système, vient d'être condamné à dix ans de prison !

Ce militant kabyle a été condamné pour « atteinte à l'unité nationale », « incitation à l'athéisme » et « offense à l'islam ». Depuis le début du mouvement, le régime essaye de diviser les protestataires entre Kabyles et Arabes, entre musulmans et non-religieux.

L'appareil judiciaire s'est appuyé sur un vieil exemplaire du Coran trouvé chez l'accusé, jauni et avec une page déchirée, pour l'accuser de s'en prendre au livre « sacré ». L'accusation laborieusement fabriquée, pour ne pas dire ubuesque, et la très lourde peine visent à rétablir un climat de peur, mais cette injustice peut au contraire encourager la révolte contre le régime. C'est ce qu'il faut espérer.

Gifrer : aux petits soins pour ses actionnaires

Brève
12/10/2020

Gifrer a annoncé ce week-end la suppression de 125 emplois sur les 215 de son usine à Décines, en banlieue lyonnaise.

En pleine crise sanitaire, cette entreprise est qualifiée par l'Agence régionale de santé (ARS) « de première nécessité » car elle assure la production massive de gels hydroalcooliques. Mais elle va être mise à l'arrêt sur décision de ses propriétaires.

C'est que la « première nécessité », pour eux, c'est le profit. Ces dernières décennies, il n'y a pas eu le moindre investissement dans cette usine, que ses propriétaires qualifient aujourd'hui d'obsolète. Ils veulent revendre une partie des terrains, après avoir menti aux salariés en annonçant... un « plan de développement du site ».

Une illustration, parmi mille autres, de la cupidité et de l'irresponsabilité de ces capitalistes.

Indonésie : manifestations contre une loi anti-ouvrière

Brève
12/10/2020

Joko Widodo en 2012, quand il était gouverneur de Jakarta

Prenant prétexte de la crise économique et prétendant lutter contre le chômage, le président indonésien Joko Widodo a fait voter par son parlement une loi sur l'investissement.

Il s'agit d'accélérer la venue de capitaux étrangers en supprimant des règles sur l'environnement. Mais surtout, de permettre aux entreprises de licencier plus facilement. Les indemnités de licenciement seront en effet réduites de 32 à 19 semaines. Le salaire minimum sera fixé par les gouverneurs régionaux, et non plus nationalement. Les congés diminueront... et l'impôt sur les bénéfices des entreprises baissera de 22 à 20 %.

Mais depuis ce vote, des manifestations importantes d'ouvriers et d'étudiants se multiplient partout dans cet immense archipel. Les autorités ont emprisonné un millier de manifestants le 8 octobre, mais elles continuent à affronter la colère de la rue.

Tennis : et le gagnant est... Amazon !

Brève
12/10/2020

Indigestion de marques de sponsors

L'an prochain, les amateurs de tennis devront passer par la plateforme Amazon Prime pour regarder à la télé les matchs du tournoi de Roland Garros se déroulant en soirée. Il faudra donc enrichir un peu plus encore Jeff Bezos, patron d'Amazon, homme le plus riche du monde, pour s'offrir ce petit plaisir.

Ces matchs étaient jusqu'à présent diffusés sur des chaînes publiques, offrant une vitrine publicitaire de choix à des entreprises, notamment pour BNP-Paribas.

Dans cette société où tout s'achète et tout se vend, les spectacles sportifs obéissent à des règles variées. Mais, à la fin des compétitions, c'est toujours le capital qui remporte la coupe !

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