Brèves

La jungle capitaliste

Brève
08/10/2020

Selon une étude officielle, les retards de paiements entre entreprises atteignent 19 milliards d'euros. Ce sont pour l'essentiel les grands groupes qui se montrent peu pressés d'honorer leurs factures aux dépens de leurs sous-traitants et des entreprises plus petites, qui elles-mêmes se rattrapent sur le dos de leurs salariés.

Le sous-ministre aux PME prétend « faire comprendre aux grandes entreprises qu'elles ont intérêt à avoir des sous-traitants en bonne santé. ». Y croit-il lui-même ? La préoccupation des grands groupes est d'atteindre les profits maximum quitte à spolier leurs sous-traitants, leurs fournisseurs. C'est un moyen comme un autre d'y arriver. Comme les requins qui se nourrissent des petits poissons.

Les industriels pourront faire leur miel

Brève
07/10/2020

Malgré la fronde d’un quart des députés LREM, les néonicotinoïdes, dont l’utilisation avait été suspendue depuis deux ans, sont à nouveau autorisés en France pour la production de betteraves sucrières. Les députés se sont pliés à la volonté du ministre de l’Agriculture, qui lui-même s’était mis à genoux devant les fabricants de ce pesticide et devant les industriels du sucre. Barbara Pompili, ministre de l'Environnement et ex-écologiste, longtemps pourfendeuse de ce pesticide, n'a rien trouvé à y redire.

Aucun d'entre eux ne conteste que les néonicotinoïdes tuent les abeilles. Mais ce qui compte pour ces gens-là, ce ne sont ni les enjeux environnementaux ni leurs prétendues professions de foi écologiques. La seule chose qui compte, c’est que les industriels de la filière continuent de se sucrer.

Macron récidive

Brève
07/10/2020

En visite à l'hôpital Rothschild (AP-HP), où les services de soins sont en train d'imploser comme partout, Macron a doctement expliqué à des soignants : "Il faut comprendre que ce n'est pas une question de moyens, c'est une question d'organisation."

Quel culot et quel mépris. En mars-avril, les soignants ont su s'organiser pour affronter la première vague de covid malgré leurs moyens insuffisants. Aujourd'hui, ils n'en peuvent plus.

Macron a ajouté : "On ne va pas créer des postes et des lits parce que le covid est là, c'est impossible." Pour lui, la seule chose qui soit possible est de verser sans délai des centaines de milliards aux plus grosses entreprises privées du pays. Macron sert les capitalistes, il persiste et signe.

 

Des milliards valsent au-dessus de nos têtes

Brève
07/10/2020

une usine Veolia eau

Le groupe Veolia, leader mondial dans la gestion de l’eau et des déchets, a mis plus de 3 milliards d’euros sur la table pour racheter au groupe Engie les actions de Suez, son principal concurrent. Jean-Pierre Clamadieu, patron d’Engie, a choisi de vendre malgré l'opposition de Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, et celle de Philippe Varin, PDG de Suez.

Engie résulte de la privatisation de Gaz de France, mais l’État actionnaire se plie aux intérêts des capitalistes. La prise de contrôle de Suez par Veolia se traduirait immanquablement par la suppression de milliers d’emplois prétendument « en doublon ». De son côté, Varin, ancien PDG de PSA et lui-même tueur d’emplois, ose se poser en défenseur de l'emploi.

Pour que les milliards qui s’accumulent dans les caisses de ces grands groupes servent à maintenir les emplois et à réaliser des investissements utiles, il faudra l'intervention des travailleurs.

Derrière l’urgence sanitaire, l’urgence sociale

Brève
07/10/2020

File d'attente en mai pour une distribution de nourriture

Selon les associations caritatives, un million de personnes ont basculé dans la pauvreté depuis le début de l’épidémie de Covid-19. En huit mois, le nombre de personnes qui sont venues chercher de l'aide alimentaire a augmenté de 30 %. Derrière ces statistiques, il y a des étudiants des milieux populaires, des travailleurs précaires, des chômeurs sans indemnité, des autoentrepreneurs et des artisans qui s’ajoutent aux 9,3 millions de personnes vivant déjà au-dessous du seuil officiel de pauvreté, 1 063 euros par mois.

La crise sanitaire a accéléré brutalement la crise économique et donc la pauvreté. Pour y faire face, les associations se retrouvent sans moyens, avec des stocks qui fondent et des bénévoles épuisés. Mais cette urgence sociale ne rentre pas dans le « plan d'urgence » à 100 milliards du gouvernement.

Big Pharma : un chiffre d'affaires sous perfusion

Brève
07/10/2020

Le projet de budget pour 2021 de la Sécurité sociale, prévoit un remboursement à hauteur de 24 milliards d'euros sur l'ensemble des médicaments. Une manne offerte aux trusts pharmaceutiques. Dans ce budget, une mesure prévoyait de taxer les chiffres d'affaires dépassant 850 millions d'euros sur de nouveaux médicaments contre le cancer. Cette surtaxe devait faire pression sur les trusts pharmaceutiques pour qu'ils baissent les prix des médicaments.

Mais les Merck, Roche, Astra Zeneka et autres Sanofi ont rappelé à l'ordre le gouvernement : pas touche aux profits ! Ils ont obtenu la suppression du plafond de 850 millions dans le projet de budget. Ils vont pouvoir continuer à soigner leur chiffre d'affaires aux dépens de la Sécu et des malades.

 

Complémentaires : hold-up en vue

Brève
07/10/2020

Les dirigeants des caisses complémentaires, représentants patronaux, hauts-fonctionnaires et bureaucrates syndicaux, ont annoncé que les pensions de 13 millions de travailleurs retraités ne devraient pas être revalorisées en 2021. Pourtant, le coût de la vie augmente bien lui. Ils prennent prétexte d'un déficit attendu de 6 à 8 milliards d'euros suite à la crise sanitaire. Une somme à comparer aux 100 milliards du plan de relance.

Le système de retraite complémentaire est un système à points. Pour défendre sa réforme des retraites, Macron avait prétendu que ce type de système serait plus juste. On voit ce qu'il en est : pour lui la justice, c'est rogner le pouvoir d'achat des anciens pour arroser le grand patronat.

Un business à l’odeur de sang

Brève
06/10/2020

Bolloré et Alpha Condé, président de Guinée Conakry

Il y a quelques jours, l'armée française a lancé un nouvel appel à candidature pour gérer le fret terrestre destiné aux troupes françaises en Afrique de l'Ouest. Jusque-là, c'était le groupe Bolloré qui en assurait l'essentiel, dans des conditions opaques. Le président de Bolloré Logistics a lui-même avoué que « ce n'est pas très lisible pour quelqu'un qui n'est pas de l'intérieur ».

Ce qui est très lisible par contre, ce sont les conséquences du pillage de l'Afrique par les groupes comme Bolloré : une pauvreté grandissante, l'absence de tout développement et l'oppression par des régimes dictatoriaux corrompus, qui ne tiennent que grâce au soutien de l'armée française. Bolloré et les autres tirent même profit des troupes qui protègent leurs affaires. L'argent n'a pas d'odeur, dit-on. Si, celui-là en a une !

Hirsch, patron de l'AP-HP, aux soignants : "Sacrifiez-vous !"

Brève
06/10/2020

Directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch demande aux soignants de renoncer à leurs congés. Il affirme avoir « l'absolue certitude que les heures supplémentaires seront payées », une promesse qui en suit d'autres, pas tenues. Les travailleurs hospitaliers devraient donc à nouveau se tuer à la tâche, sacrifier leur santé, leur vie familiale et privée.

Mais qu'a fait Hirsch et, au-dessus de lui, Macron ou Véran, depuis mars pour améliorer la situation ? Rien ! La montée du nombre d'hospitalisations dues au coronavirus met en évidence que les hôpitaux manquent dramatiquement de soignants et d'autres professionnels. Aucun plan n'a été engagé pour former des milliers d'infirmiers, d'aides-soignants, etc.

Appeler au sacrifice du personnel - qui n'a jamais fait défaut - c'est la seule et habituelle manière, pour le gouvernement et ses hauts fonctionnaires, d'affronter les difficultés. C'est vraiment se moquer du monde.

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