Échos des entreprises

John Deere - Saran (Loiret) :  La production avant tout

Echo d'entreprise
15/04/2020

Cela fait déjà 15 jours que la production de moteurs de tracteurs de la marque a repris chez John Deere.

En raison du bruit dans l’atelier, il est bien difficile avec 8h de travail de toujours respecter les mesures de protection mises en place.

Les travailleurs présents sont incités à faire une heure supplémentaire par jour pour pallier l'absence de ceux qui sont malades ou qui gardent leurs enfants. Il est prévu aussi de travailler samedi 18 avril. Et même si c’est un appel au volontariat, ce sont donc des moyennes de 45 à 50h de travail qu’effectuent les travailleurs de cette usine de tracteurs. 25 à 30% de la production normale sortant, ce n’est pas encore assez pour John Deere. Elle annonce « la reprise du travail obligatoire » pour le 20 avril.

La production ne peut attendre chez John Deere. Sauver leurs profits et les dividendes de leurs actionnaires est le même leitmotiv chez tous les capitalistes de la planète.

CHU de Nantes :  L’hôpital se fout de la charité

Echo d'entreprise
15/04/2020

Au CHU de Nantes, les grands patrons de la région multiplient les cagnottes et les dons pour faire mine de participer à « l'effort de guerre » contre le coronavirus. Et quelles sont les armes qui nous arrivent ? Des pizzas Domino’s, des yaourts Lactalis, des sandwichs (souvent en passe d’être périmés) ou des crèmes pour les mains de la part de la grande distribution et, de la part du groupe Airbus… quelques-uns des masques sur lesquels il a fait main basse.

Quant au fond de dotation du CHU, il prend bien soin d’expliquer à ces « mécènes » quels sont les gains qu’ils peuvent attendre de cette charité bien ordonnée, en matière d'image, de management, de « responsabilité sociale » mais aussi… de défiscalisation !

Mais parmi nous, beaucoup ne sont pas dupes. Nous savons que ce qu'il faut pour l’hôpital, ce n’est pas être dépendant du bon vouloir de capitalistes cherchant à se payer, à pas cher, une belle image sur le dos des personnels hospitaliers, mais bien de l’argent pour le matériel, les embauches et les salaires.

Chanel (Oise) :  Vive la solidarité… des travailleurs !

Echo d'entreprise
15/04/2020

Chanel se vante d’avoir produit des dizaines de milliers de masques.

Mais en fait, la seule contribution de l’entreprise a été de livrer de la matière première.

Ce sont des dizaines de travailleurs de Chanel qui se sont portés volontaires pour fabriquer bénévolement ces masques en utilisant leur machine à coudre personnelle.

Il y a ceux qui communiquent pour faire de la publicité et il y a ceux qui font le travail…

Même en temps de crise sanitaire, pour la solidarité, il ne faut compter que sur les travailleurs !

Sanofi-Pasteur - Marcy l'Etoile (Rhône) :  La direction ne masque pas son mépris

Echo d'entreprise
15/04/2020

« Ras-le-bol de venir bosser dans ces conditions et de produire des vaccins qui sont déjà en sur-stocks !», voilà ce qu'ont exprimé les 60 à 70 travailleurs de Sanofi Pasteur qui ont débrayé et se sont rassemblés sur le site de Marcy-l’étoile (Rhône) ce mardi 14 avril.

Une « guerre » – pour reprendre le terme de leurs managers – qu'on leur demande d'affronter parfois sans masque de protection et avec des contrôles de température corporelle grotesques qui donnent des résultats à 33, 34 ou 35 °C !

Pour couronner le tout, la direction ne verse pas aux quelques 1000 travailleurs (sur 5000), obligés de venir à l’usine, les 1000 € de prime que le gouvernement a évoqués... Elle s'est contentée de leur verser 15% du salaire de base, une somme qui n'atteint pas les 300 € pour beaucoup. Cela n'empêche pas Sanofi de verser des dividendes à coups de milliards à ses actionnaires...

Face au mépris de la direction, une fraction des travailleurs a décidé de ne pas rester sans rien dire !

CAPSO - 62 :  Crise du Corona : les éboueurs ne gagneront que ce qu’ils imposeront eux-mêmes

Echo d'entreprise
15/04/2020

Le 18 avril 2018… avant la distanciation sociale !

Depuis le début de la crise du corona-virus, les agents de la CAPSO continuent de collecter les déchets. Et si lundi soir, le président Macron a remercié les éboueurs, ces derniers n’oublient pas que, dans l’Audomarois comme dans bien d’autres endroits, ils ont subi ces dernières années des attaques contre leurs conditions de travail.

Avec le retour des beaux jours et l’augmentation des déchets verts alors que les déchetteries sont fermées. Les poubelles sont plus lourdes et cela fait des tournées à rallonge. Certains jours, il faut décharger quatre fois le camion lors d’une seule tournée.

La médecine du travail a limité, à juste titre, le nombre de salariés qui se changent et se lavent en même temps dans les vestiaires. Mais cela a comme conséquence un rallongement supplémentaire de la journée. Et pour l’instant, la direction refuse de payer ce temps supplémentaire.

Si les agents ont des masques et du gel hydroalcoolique, ils sont toujours à trois par cabine dans les camions et ne peuvent donc pas respecter les distances de sécurité !

Les responsables politiques qui les applaudissent aujourd’hui sont les mêmes qui leur suppriment les tickets-restaurant depuis la crise sanitaire. Et si une prime a été annoncée, les travailleurs de la Capso n’en connaissent toujours pas le montant. Et ce, alors qu’un mois déjà s’est passé depuis le début du confinement.

Mais les travailleurs du ramassage des déchets de la CAPSO n’ont pas oublié qu’il n’y a pas si longtemps ils avaient su, par leurs grèves, tenir tête et se faire respecter face aux attaques contre leurs conditions de travail menées par des politiciens locaux et nationaux. Ils sauront, si besoin, réappliquer cette leçon.

Eurométropole de Strasbourg :  La direction cherche à masquer… son irresponsabilité

Echo d'entreprise
15/04/2020

(source : wikimedia)

La semaine dernière, la direction de l’Eurométropole de Strasbourg a enfin décidé d’équiper en masques les agents qui travaillent à la collecte des déchets. Il lui aura fallu près de trois semaines. Et il lui aura aussi fallu revenir sur ce qu’elle disait : en effet, quelques jours avant cette décision elle argumentait encore sur le fait que des masques n’étaient pas nécessaires, en s’appuyant sur l’avis du Haut Conseil de la Santé Publique. La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, s’était appuyée sur le même avis pour déclarer qu’« il n’y a pas besoin d’avoir des équipements de protection particuliers ».

Preuve qu’elle n’assume pas vraiment sa politique, quand le journal les Dernières Nouvelles d’Alsace a demandé à pouvoir suivre des agents de la collecte, la direction a donné son feu vert… à condition que cela se déroule après la fourniture des masques !

La Poste :  Prise la main dans le masque

Echo d'entreprise
15/04/2020

Le jeudi 9 avril, le tribunal des référés de Paris a rendu une décision condamnant la Poste à une nouvelle évaluation des risques professionnels, afin de respecter son obligation en matière de santé et sécurité.

Dès le début du confinement, la direction de la Poste reprenait le discours mensonger du gouvernement comme quoi « les masques ça ne sert à rien ». On a appris ensuite que la Poste disposait d’un stock de 24 millions de masques qui ne lui servait même pas à protéger les postiers.

Dénoncée dans différents journaux dont Libération comme « n’ayant pas joué le jeu » et accusée de ne pas avoir communiqué ce stock à l’Etat, la Poste s’est défendue en invoquant « une polémique ridicule ». Cela a fait réagir de nombreux postiers écœurés par les propos d’une direction aussi cynique qui les a envoyés au travail pendant des jours et des jours sans protection.

Colgate - Compiègne (Oise) :  Les gestes barrière… de classe

Echo d'entreprise
14/04/2020

bâtiment de la direction du groupe américain à New york

À Compiègne, l’usine de Colgate qui produit du savon, mais aussi de la lessive ou de l'adoucissant, tourne à fond. Mais il n’y a toujours pas de masque.

Il y a au moins un cas avéré d’ouvrier contaminé. Mais en fait beaucoup de travailleurs ont eu des symptômes et ont très probablement été contaminés.

L’argument pour produire coûte que coûte, c’est la nécessité de produire du savon.

L'usine est d’utilité publique selon la déclaration préfectorale. Mais protéger ceux qui produisent, ce ne serait-il pas d’utilité publique ?

Allard – Compiègne (Oise) :  Débrayages dans les cartonneries du groupe

Echo d'entreprise
14/04/2020

grévistes de l'usine de la Sarthe

Les 9 et 14 avril, les salariés de la cartonnerie située à Compiègne ont débrayé, comme dans les autres usines, en particulier à Aubigné-Racan dans la Sarthe, après le refus de la direction du groupe d’accorder la prime « Covid » de 1000 euros.

Le patron a fait travailler y compris en heures supplémentaires, profitant des commandes qui affluent. Et beaucoup d’argent est rentré dans son coffre-fort. Mais quand il s’agit d’en sortir, il se montre "dur de la feuille". Les deux débrayages ont apparemment soigné ses problèmes d'audition.

Le 14 avril, la direction a accepté de revoir sa décision. Les travailleurs ont bien l’intention de continuer à crier plus fort pour avoir gain de cause.

Centre Hospitalier Régional - Orléans (Loiret) :  A votre bon cœur !

Echo d'entreprise
14/04/2020

Lors d'une manifestation en janvier 2020

Depuis le jeudi 9 avril, une cagnotte a été lancée offrant la possibilité à ceux qui le souhaitent de faire un don en ligne. L'objectif selon la direction de cet hôpital : "soutenir les efforts des équipes soignantes engagées pour sauver des vies".

Les fonds récoltés avec cette cagnotte "Solidarité Covid-19" permettront "d'améliorer les conditions de travail des professionnels hospitaliers tous mobilisés dans la durée par cette crise sanitaire", déclare encore la direction. En fait il s’agit selon elle de récolter des dons pour des "prestations de réconfort" : petits-déjeuners, plateaux-repas...

Voilà où en est arrivé l’hôpital public : faire la charité pour nourrir correctement le personnel.