Échos des entreprises

Hôpital Tenon - Paris :  Le cordonnier le plus mal chaussé

Echo d'entreprise
06/04/2020

Alors que le gouvernement exhorte la population à rester chez elle, la direction n’applique pas ces directives à la lettre. Toutes les secrétaires médicales devraient rester chez elles et pouvoir exercer en télétravail.
Eh bien non. Faire prendre un risque mortel, alors que le travail pourrait être organisé autrement, c’est criminel.

PSA Metz et Trémery :  PSA peut avoir des masques quand les soignants en manquent

Echo d'entreprise
06/04/2020

Dans l’optique de redémarrer les usines de Metz et de Trémery, la direction PSA affirme qu’elle a des masques pour permettre aux salariés de travailler pendant un mois.

C’est un aveu sachant qu’elle prévoit au moins 2 masques par jour et par salarié, cela veut dire qu’elle a un stock ou qu’elle peut fournir aux usines de Metz et Trémery 200 000 masques.

Alors que tous les hôpitaux de Moselle craquent, que la blanchisserie industrielle située à quelques centaines de mètres de l’usine de Metz-Borny n’ont pas de masques, PSA en a pour produire des moteurs et des boîtes de vitesse !

On marche sur la tête. Les masques doivent aller à ceux qui sauvent des vies, pas servir à produire des voitures pour sauver leurs profits des capitalistes.

Disneyland - Paris :  Son univers impitoyable

Echo d'entreprise
06/04/2020

Début 2020, Disneyland Paris a planifié quatre spectacles jusqu’en juin et recruté plus de 350 intermittents : comédiens, danseurs, cascadeurs, personnels techniques. Mais avec la fermeture du parc, la direction vient de jeter ces centaines d’intermittents comme des malpropres.

Au début du confinement, Disney leur a proposé le chômage partiel à partir du 1er avril, comme pour les 15 000 salariés du parc. Ils devaient percevoir 84 % de leur salaire net payé par l’Etat, les 16 % restants étant versés par Disney jusqu’au 19 avril.

Mais mercredi 1er avril, la DRH de Disney leur a demandé par mail de procéder à « une rupture anticipée amiable du contrat de travail » à compter du jour-même. La majorité ont refusé, au risque de fâcher Disney et d’être mis sur liste noire par le groupe.

Samedi 4 avril, Disney a finalement mis fin aux contrats de tous les intermittents. Sans contrat, les intermittents se retrouvent au chômage. De plus, ils ne pourront pas justifier d’avoir travaillé les 507 heures par an, obligatoires pour garder leur statut d’intermittents.

En 2018, Disneyland Paris a affiché un bénéfice net de 255 millions d’euros. Les actionnaires doivent leur fortune au travail des 15 000 salariés du site et des centaines d’intermittents.

 

Centre de tri postal – Lille :  les postiers veulent faire respecter leur sécurité face à l’épidémie

Echo d'entreprise
05/04/2020

A la PIC de Lesquin (centre de tri du courrier et colis de la Poste), mardi 17 mars, deux postiers qui présentent des symptômes du Covid-19 sont évacués en ambulance.

Informés, leurs collègues de l’après-midi veulent rentrer chez eux parce que les conditions sanitaires ne sont pas assurées par la direction. Malgré les pressions de la hiérarchie, une dizaine de postiers décide de se mettre en droit de retrait. Certains délégués relayent l’inquiétude des salariés et le directeur finit par céder un droit de retrait de 14 jours pour ceux qui le souhaitent. Mais il laisse planer un doute sur le paiement : les droits de retrait seront requalifiés par la suite en « absences à régulariser».

Malgré tout, le petit groupe de postiers, rejoints par d'autres collègues en colère, convainc la majorité des salariés de l’après-midi de se mettre en droit de retrait. Le lendemain, informés, les services de nuit et du matin font également valoir leur droit de retrait. Au total, une bonne centaine de postiers de la PIC sont en droit de retrait.

Mais la direction veut reprendre la main. Le travail continue durant toute la semaine avec quelques volontaires et beaucoup de collègues en CDD et des intérimaires. Après avoir fermé l'établissement trois jours, la direction fait venir l’inspection du travail pour faire valider ses prétendues mesures de protection sanitaire.

Elle appelle ensuite chez eux tous les collègues qui avaient fait valoir leur droit de retrait pour leur dire que maintenant que les normes de sécurité sont assurées, le droit de retrait n’est plus valable. Mais dans la réalité, les postiers sont plusieurs centaines dans les mêmes locaux, à manipuler du matériel à la chaîne, à effectuer des collectes de courrier à l'extérieur avec des véhicules partagés, en pleine épidémie.

Si bon nombre de postiers reviennent au boulot la boule au ventre, les plus combatifs restent déterminés à s'organiser sur le lieu de travail pour faire respecter des conditions sanitaires correctes. Le combat ne fait que commencer.

Hutchinson - Châlette sur Loing (Loiret) :  Solidarité, c'est aux actionnaires de puiser dans leur coffre fort !

Echo d'entreprise
05/04/2020

Depuis le 23 mars, Hutchinson a redémarré quelques ateliers avec 170 travailleurs. Un travailleur fiévreux a été renvoyé chez lui, son atelier a été fermé, désinfecté et réouvert dès le lendemain. Que cela soit pour lui ou d’autres travailleurs malades, sans dépistage, comment affirmer qu’il ne s’agit pas du Covid-19 ?

Le patron veut à tout prix honorer ses commandes et verser des dividendes aux actionnaires. Aussi, à la suite du groupe Total dont il fait partie, Hutchinson a annoncé qu'il ne recourrait pas au chômage partiel et refuserait les aides de l'État.

La direction exerce un chantage : les salaires des travailleurs seraient maintenus, sous condition qu'ils posent une partie de leurs congés. Ce n’est pas du salaire maintenu, c’est du vol. Être confiné et enfermé chez soi, c'est tout sauf des vacances ! De plus, avec la suppression de la prime de panier, le salaire sera amputé d'une centaine d'euros par mois. Une broutille pour les actionnaires de Total à qui on vient de verser 1,8 milliards d'euros !

Les travailleurs savent compter : avec 421 millions de profits en 2019, Hutchinson a largement les moyens de payer les salaires complets sans vol de leurs congés !

Haute Vienne :  Pour Bernardaud aucune raison de ne pas produire, au contraire !

Echo d'entreprise
05/04/2020

Dans un interview publié par le Populaire le 4 avril, Michel Bernardaud, patron de l’entreprise de porcelaine du même nom, essentiellement de la porcelaine de luxe, explique sans complexe que pour lui : " C’est une période compliquée, mais ce n’est pas la fin du monde. "

Alors, depuis le 17 mars, dans les usines de Limoges et Oradour sur Glane, tous ceux qui peuvent travaillent, soit 80 % du personnel.

Pourquoi ? Qu’y a-t-il d’indispensable qui mérite de mettre en danger des travailleurs ? La réponse est claire : " Nous travaillons pour l’après Covid-19 " ; il faut " être prêt au moment de la reprise avec des stocks reconstitués et en réalisant du chiffre d'affaires "

Comble du cynisme, ce patron voudrait en plus être félicité pour sa participation à " l’élan de solidarité " parce qu’il produit du gel hydro-alcoolique destiné au personnel et va donner à la ville plusieurs dizaines de milliers de masques, FFP2 et chirurgicaux, commandés en Chine et en cours d’acheminement.

Pour ces patrons, la seule " recommandation » qu’ils suivent, c’est : continuer à faire des profits quelles qu’en soient les conséquences !

Hospices civils de Lyon :  Un aveu d'impuissance qui n'exonère pas la direction

Echo d'entreprise
04/04/2020

Un tutoriel pour fabriquer des blouses à partir de sacs poubelles

La directrice générale des Hospices Civils de Lyon vient d’envoyer un courrier à tous les agents pour annoncer que les réserves en équipements de protections, comme les surblouses ou les gants, ainsi que que plusieurs médicaments vitaux allaient être épuisées dans les jours à venir sans aucune perspective de réapprovisionnements. Elle invoque la demande internationale, la spéculation, les retards dans la fabrication… Face à la pénurie inéluctable, elle enjoint le personnel à faire nettoyer les surblouses jetables, à ne pas en changer entre deux patients Covid, à économiser les gants anti-piqures. Elle fournit même une vidéo expliquant comment transformer un sac poubelle en tablier. Des cadres invitent les agents à participer à des ateliers de confection. Les brancardiers n'auront plus droit aux gants et il leur est conseillé de bien se laver les mains.

Cette lettre a soulevé l'indignation légitime des travailleurs des hôpitaux.

Bien sûr, la pénurie est réelle et dépasse le seul cadre des HCL dont la direction se retrouve aujourd’hui le dos au mur. Mais cette pénurie dramatique n’est pas arrivée par hasard. Depuis des années les directions des hôpitaux, relayant la politique des gouvernements successifs, ont obligé les agents à travailler à flux tendu comme dans les entreprises industrielles, rognant sur tout, les faisant travailler en "mode dégradé" pour faire des économies. Ces économies ont servi à payer l'encours de la dette contractée auprès aux banques qui avaient trouvé un bon filon pour s'enrichir sur le dos de l'hôpital. 

Aujourd’hui, ceux qui paient au comptant ces économies criminelles, ce sont les hospitaliers, contraints de bricoler des équipements pour ne pas tomber malade et risquer de mourir. Ceux qui sont coupables et responsables, ce sont tous ceux qui ont planifié et mis en œuvre cette politique au service du capital. Leur aveu d’impuissance ne les exonère pas.

 

Arques (Pas-de-Calais) :  ARCnaques au chômage partiel et mise en danger des travailleurs

Echo d'entreprise
04/04/2020

À la Verrerie d’Arc dans le Pas-de-Calais, la production a fortement diminué. La direction se targue d’avoir mis une grande partie des travailleurs en chômage partiel pour leur sécurité. Mais la réalité, c’est qu’elle a d’abord pensé à la santé de ses finances.

Actuellement, cela arrange bien les patrons de ne pas avoir à produire de la vaisselle qui leur resterait sur les bras. D’ailleurs les actionnaires de ce groupe ont déjà fait leurs comptes et estiment à 20 millions d’euros la somme qu’ils vont économiser sur les salaires, en maintenant chez eux toute une partie des travailleurs, payée par l’État.

De plus, la direction a fait savoir que tous ceux en arrêt pendant cette période, que ce soit pour garder un enfant de moins de 16 ans, pour arrêt maladie pour confinement, pour arrêt de travail pour situation à risque, pour arrêt de travail pour raison médicale classique ou même pour absence pour maternité, ne seraient indemnisés qu’à 70 % du salaire brut (sans compter les primes qui risquent elles aussi d’être supprimées).

Si la production a baissé, toute une partie de l’usine tourne toujours. Pendant que les soignants répètent que la meilleure manière de les aider est que chacun reste chez soi, les patrons de l’usine obligent des centaines de travailleurs à rompre le confinement, à se déplacer de chez eux à l’usine, ce qui représente parfois des dizaines de kilomètres. Et ces risques pris, ils le sont pour produire de la vaisselle et même pas des respirateurs, des masques, du gel ou tout autre produit utile contre l’épidémie.

Les travailleurs ont conscience que si le virus peut se transmettre entre amis, il peut aussi se transmettre entre collègues. Les patrons sont conscients qu’ils font prendre des risques aux travailleurs, mais la santé de leurs finances passe avant tout pour eux !

Le mécontentement qui s’exprime dans des ateliers peut lui aussi devenir contagieux.

Airbus Nantes  :  Bas les masques !

Echo d'entreprise
04/04/2020

Alors que l’épidémie bas son plein, Airbus a décidé après 4 jours de confinement pour le personnel, de faire repartir la production coûte que coûte dans les usines du groupe. La direction dit avoir  respecté pour cela toutes les règles  sanitaires exigées pour la non propagation du virus, ce qui suppose d’avoir en sa possession un nombre très important de masques. Simples masques chirurgicaux, mais aussi des masques FFP2 ou 3, les plus sécurisants, qu’elle utilise aussi en temp normal pour des postes à risque, en contact avec des matières polluantes. Ce sont ces masques qui manquent le plus pour tout le personnel hospitalier en contact quotidien avec le virus.

Comment Airbus a pu se procurer ces masques alors que toute la production est censée aller en priorité absolue au secteur hospitalier puis aux secteurs de deuxième catégorie, comme toutes les professions dont le maintien est indispensable à la population (l’alimentaire) et ensuite seulement aux autres secteurs ?

Un article de Médiapart vient de révéler qu’Airbus a pu profiter de la deuxième catégorie avec la complicité de l’État pendant un certain temps et recevoir ainsi tous les masques dont l’entreprise avait besoin pour continuer à produire des avions qui restent cloués au sol !

La complicité entre pouvoir public et industriels ne date pas d’hier, pour preuve les récents propos du préfet de Loire Atlantique, Claude d’Harcourt exhortant « les entreprises de la région à poursuivre ou à reprendre leur activité », en citant Airbus, les Chantiers de l’Atlantique et le chantier du futur CHU. Édifiant et révoltant !  

Hôpital de la Croix-Rousse - Lyon :  Les coupes budgétaires vont faire de nombreuses victimes

Echo d'entreprise
03/04/2020

« A l'extérieur on nous acclame comme des héros, mais à l'intérieur ce n'est pas la même ambiance ! » affirme une infirmière de l'hôpital. En effet, les personnels soignants vont travailler de plus en plus avec la boule au ventre, la direction les change de services constamment, des services qu'ils ne connaissent pas toujours et prétend les former en quelques heures à des compétences médicales qui nécessitent des mois d'apprentissage en temps normal.

« On nous donne des masques périmés (parfois depuis 2001!) et on réutilise des sur-blouses jetables – lavées – car il nous en manque aussi ! » affirme l'un d'entre eux. La direction n'a pas mieux à proposer aux personnels, hormis des tutoriels vidéos pour apprendre à confectionner leurs propres tabliers avec des sacs poubelle !

Et aux manques de protections individuelles s'ajoutent les risques de pénurie de médicaments pour les patients tels que les produits anti-douleurs et anesthésiants comme le curare, la morphine et l’hypnovel...

Voilà le résultat des coupes claires réalisées depuis des années à l’hôpital au nom des économies budgétaires et de la dette. Aujourd’hui les soignants et les malades en sont les victimes directes !