Échos des entreprises

Centre Hospitalier Régional - Orléans (Loiret) :  Comme dans tous les hôpitaux, l'inquiétude grandit

Echo d'entreprise
26/03/2020

Depuis des mois et des mois, le personnel soignant dénonce le manque de personnel

Comme partout dans le pays, ça a été la galère pour être équipés en masques et gel. Il y a encore 10 jours, alors qu’à 9h du matin tous les services avaient des masques, à 10h30 bas les masques ! Il fallait ne servir que les unités déclarées les plus nécessaires. A l’heure actuelle tous les services sont enfin équipés.

L’hôpital a accueilli une quarantaine de personnes malades du virus. La réouverture de chambres est envisagée dans l’ancien bâtiment toujours debout. Par manque déjà probant de personnel, la crainte actuelle des soignants est de ne pas pouvoir faire face quand le pic de l’épidémie va arriver. D’autant plus que des hospitaliers sont déjà atteints par le virus.

Technicentre SNCF - Villeneuve-Saint-Georges :  Pas touche à nos EVS (Eléments variables de salaire)

Echo d'entreprise
26/03/2020

Avec les lignes D et R en services réduits, la direction du TMV (Technicentre de Maintenance de Villeneuve) a demandé de réduire au maximum les équipes des services devant continuer à être sur le terrain.

Cette même direction assure que les agents qui devront rester chez eux toucheront leur salaire. Mais comme dans les contrats d’assurances, il faut attendre les petites lignes : salaire maintenu, oui…mais sans les EVS journaliers !

On a autant besoin de nos indemnités que de notre salaire. C’est souvent grâce à elles que nous réussissons à boucler le mois !

Aéroport de Roissy (95) :  Comment on travaille à Roissy

Echo d'entreprise
26/03/2020

Une part importante de ceux qui travaillent dans les aéroports fait partie des multiples entreprises de sous-traitance où les conditions sont encore plus difficiles que dans les grandes sociétés. Globalement, l'aéroport est vide et le trafic a été concentré sur un nombre réduit de terminaux. Mais comme les avions rapatriant les touristes français sont pleins, à certaines heures, le terminal est parfois bondé. Des photos choquantes prises par les salariés montrent des passagers agglutinés à certaines heures ou à certaines portes. Il est difficile de garder des distances de sécurité ou de les faire respecter dans les files. Pour ceux qui ramassent les chariots bagages dans le Groupe 3S, un des gros sous-traitants, impossible d'éviter le contact quand il faut passer au milieu de la foule. Chez un autre sous-traitant, City one sûreté, les salariés manipulent les bagages sécurisés dans les galeries en sous-sol. Ils travaillent rapprochés les uns des autres. Et si le personnel du ménage avion d'Acna a des gants et des masques, il doit traverser les pistes, à quatre dans la même voiture. Chez Samsic sûreté, malgré des cas de corona dans l'entreprise, il n'y a aucun matériel de protection, ce qui choque d'autant plus que ces salariés croisent dans l'aéroport des "cosmonautes", des gens recouverts d'une combinaison blanche des pieds à la tête.

Le quasi-arrêt de l'activité s'est traduit par la fin des missions des intérimaires et de la plupart des CDD. Les autres salariés sont en chômage partiel. Et avant même que le gouvernement les y autorisent, les patrons ont poussé les salariés à prendre des jours sur les RTT ou les congés. Or en temps normal, il est souvent difficile de poser ses congés l'été ou dans les périodes de fête, où le trafic est élevé. Nombreux sont donc ceux qui ont encore parfois deux semaines à prendre, avant fin mai. Les patrons font le chantage : les prendre à la place du chômage ou les perdre.

La prime Macron, certains l'ont déjà rebaptisée "prime suicide". Elle n'est pas de  1000 € : déjà, l'an dernier, la prime "gilets jaunes" était loin d'avoir été accordée partout, et quand c'était le cas, elle était plutôt de 150 à 300 € que 1 000. Pour l'instant, dans la plupart des entreprises, les patrons n'en parlent pas.

Et au milieu de tout cela, le grand hôtel Sheraton est resté ouvert. Il n'a fermé que sous pression des salariés et de l'inspection du travail. Il faut dire que les prix avaient flambé, jusqu'à plus de 400 € la chambre. Alors qu'en temps ordinaire, le personnel servait moins de dix repas en chambre, il en a servi 120. Au prix où elle fait payer la prestation, la direction était donc prête à faire prendre des risques au personnel et aux clients !

Le virus est dangereux, les salariés en ont conscience. Mais le virus du profit lui, expose bien davantage.

Chevilly-Larue (94) :  Ça se passe comme ça chez L’Oréal

Echo d'entreprise
26/03/2020

Du jeudi 19 au lundi 23 mars, le site de recherche en cosmétiques de L’Oréal, à Chevilly-Larue, était à l’arrêt. La grande majorité des salariés, CDD, stagiaires, apprentis, intérimaires compris, étaient payés à la maison, une grande partie en télétravail. Ils espéraient que les consignes seraient les mêmes pour la semaine suivante, mais c’était sans compter sur l’avidité des actionnaires qui, eux, épidémie ou pas, veulent leur cash, leur continuité du business, claironnée dans tous les sens ! Cette continuité du profit implique… de retourner travailler sur le site.

Les responsables, sous la pression du PDG, devaient trouver des « volontaires » pour relancer les laboratoires et lancer rapidement des produits sur le marché. Sur l’attestation de permis de travailler du gouvernement, il est écrit sans rire que les salariés sont indispensables à l’exercice de l’activité qui ne peut être sous forme de télétravail... alors qu’ils viennent faire de la recherche sur de futurs maquillage ou produits de soin.

Mardi 24 mars, alors que certains avaient repris le chemin du site, le PDG envoyait un message pour dire que lui et les actionnaires avaient mis en place les plus hauts niveaux de protection, dans le monde entier, pour assurer la sécurité de tous, et que depuis le premier jour de cette crise sanitaire mondiale, la sécurité était leur obsession. Et il rajoutait que le monde a toujours besoin de soin et de beauté, et encore plus dans de telles circonstances.

Cela a fait grincer bien des dents parmi les salariés, car ceux qui se déplacent prennent des risques pour eux, leurs proches, pour une activité « non essentielle ». Et leur présence entraine celles des prestataires, agents de sécurité, personnel du nettoyage, etc, obligés de permettre le fonctionnement de tout ce petit monde en activité. L’Oréal n’est pas la boulangerie du coin qui a du mal à s’en sortir. La famille Bettencourt-Meyers est une des plus riches de France. Elle peut fermer temporairement ses entreprises sans craindre pour son avenir immédiat, il y a des vies en jeu.

Safran Villaroche :  En pleine catastrophe sanitaire, la direction veut faire revenir les travailleurs à l'usine

Echo d'entreprise
26/03/2020

Après avoir dû quasiment fermer l’usine face à la colère des salariés la semaine dernière, la direction n’a de cesse de faire redémarrer le site.

Elle aurait bien voulu que cela se fasse dès lundi 23 mars, mais elle a dû à nouveau se raviser, sentant les salariés choqués qu’on puisse oser leur demander de revenir. Elle a remis le couvert le lendemain. Chaque jour, elle fait redémarrer quelques secteurs, même de façon symbolique, avec quelques salariés, pour mettre dans les têtes que l’usine va redémarrer. Elle mène une vraie guerre... pas contre le virus, mais pour ses affaires. Son but est de faire reprendre tout le monde lundi 1er avril.

Des réseaux WhatsApp se créent entre travailleurs, où tout le monde dit sa révolte contre cette politique irresponsable. Le simple fait de communiquer et de vider son sac est une résistance contre l’acharnement patronal. Certains chefs avouent même en privé qu’ils sont aussi écœurés.

La direction est prête à dire n’importe quoi pour se justifier. Un jour, c’est pour la sécurité nationale qu’il faut continuer à produire des moteurs de Rafale. L’autre, elle fait dire par un chef qu’on est plus en sécurité à l’usine que dehors !

S’il y a une chose que cette crise révèle, c’est que tant qu’il y a des patrons et leur obsession du profit, on ne sera en sécurité nulle part.

Hôpital du Vinatier - Bron (Rhône) :  La crise, déjà ancienne, ne fait que s’aggraver

Echo d'entreprise
26/03/2020

A l'hôpital psychiatrique du Vinatier, pour faire face à la crise, la direction a fermé 3 unités de soins afin de libérer du personnel en prévision d'un fort absentéisme pour maladie. Du coup, des patients sont mis dehors précipitamment. Certains malades inquiètent les soignants car leur état n'est pas stabilisé.

Comme partout, la direction gère la pénurie de masques et de gel. Le 24 mars, il n'y avait que quelques masques donnés au compte goutte et qui étaient périmés depuis 2007. Pour de nombreux salariés, il n'y avait rien. La direction adapte les consignes de sécurité à la pénurie : « vous n'avez besoin de masques qu'en cas... »

À cela s'ajoute les problèmes, déjà anciens, du manque de tenues propres causé par la fermeture de la blanchisserie. La direction a fait une note pour rappeler qu'il est interdit de ramener les tenues sales chez soi pour les laver, sans dire comment avoir du change propre.

Le plus choquant, c'est que la direction ne renonce pas à son plan d'économie de 10 millions. Elle continue les suppressions de lits et de personnels. Elle a simplement prolongé d'un mois les CDD qui devaient être licenciés. Cyniquement, elle leur dit : « Vous restez le temps de la crise, vous prendrez des risques et après on vous virera ».

Alors que l'état distribue des centaines de milliards aux patrons, il continue sa politique d'étranglement des hôpitaux publics et les directions locales, en fossoyeurs serviles, n'y trouvent rien à redire. De quoi alimenter la colère des travailleurs.

Tristan témoigne de la situation dans l'industrie pharmaceutique

Echo d'entreprise
26/03/2020

Michel témoigne de la situation dans l'automobile à Vénissieux

Echo d'entreprise
26/03/2020

Perpignan - Services à la personne :  Un témoignage

Echo d'entreprise
26/03/2020

Sur Perpignan de nombreuses associations travaillent dans l’aide à la personne, employant des centaines de salariés. Voici le témoignage de l’un d'entre eux.

« Les 16 et 17 mars, au début du confinement, c’était la pagaille totale dans les services d’aide à domicile. Aucune organisation n’avait été mise en place pour instaurer des priorités et pour assurer la sécurité du personnel. Ainsi les interventions de confort (ménage chez des particuliers valides) avaient été maintenues. Les directions faisaient pression sur les salariés, ainsi que les petits chefs, toujours aussi arrogants et autoritaires. Ils ont bien été obligés de revoir les plannings d’interventions quand les arrêts-maladies et les absences pour garde d’enfants sont arrivés sur leur bureau.

Les informations sont arrivées au compte-gouttes, tout comme le matériel de protection : un masque et deux paires de gants pour une journée ! Quand la solution hydro alcoolique manquait, la direction improvisait en fournissant du Dakin (un antiseptique) mélangé avec de l’eau, et a demandé aux aides à domicile de venir avec une petite bouteille plastique… Dans une association, il y a bien un bidon de gel, mais il n’est pas distribué car il n’y a pas de pompe !

Nous avons à gérer des situations inédites : une personne chez qui nous intervenons est positive au Covid-19. Nous devons faire ses courses, ce qui est normal, mais la direction n'a rien mis en place pour nous protéger ! Les collègues sont très inquiets pour leur santé et celle de leurs proches.

Comme d’habitude, la première préoccupation de nos employeurs, c'est la facturation des heures d'intervention pour faire rentrer l’argent, en nous faisant trimer. Mais nous ne devons pas y laisser notre santé ! Alors nous nous organisons sur notre groupe Whatshap spécialement créé pour rester en relation et riposter collectivement. Notre santé est plus importante que leur fric ! »

Solvay - Saint-Fons (Rhône)  :  Sauver des vies, plutôt que le profit

Echo d'entreprise
26/03/2020

     Malgré le risque lié à l’épidémie, Solvay continue à produire coûte que coûte et maintient les ouvriers au travail, pour des productions qui ne sont ni vitales ni urgentes. Par cette attitude irresponsable, le groupe contribue à répandre le virus et à engorger les hôpitaux. Il démontre qu'il se soucie plus de sa santé financière que de celle des travailleurs.

     Mais le pire n’est pas là. Alors que le personnel des hôpitaux réclame à cor et à cri des masques de protection face au Covid19,  Solvay arrive à s’en procurer en pleine crise pour pouvoir continuer la production. En laissant faire les patrons comme Solvay, le gouvernement, malgré ses discours mensongers, est complice de cette situation et envoie le personnel des hôpitaux au front sans protection !