Laïcité

Les discours et la réalité

Brève
12/12/2020

L'entrée d'un beau bâtiment public...

Malgré tous les discours sur la laïcité, sur la séparation entre l’Église et l’État, les lois en vigueur non seulement permettent, mais obligent les collectivités locales à financer les activités des curés. Deux exemples récents à Chaumont :

Au conseil municipal de Chaumont du 6 novembre, une délibération a été adoptée pour financer les travaux nécessaires de la basilique. Il faut évidemment maintenir en état un bâtiment qui appartient à la ville. Mais s’il appartient à la ville, pourquoi seule l’église catholique peut bénéficier de son usage ? Pour la simple raison que la loi lui reconnaît ce droit. Elle est donc dans la situation d’un locataire qui ne paye pas son loyer. Alors trois possibilités : ou bien on décide que plus personne ne paie son loyer, et que c’est désormais la règle pour tous, ou bien on considère que, comme n’importe qu’elle association, ce sont les utilisateurs qui doivent payer la rénovation de leurs locaux, ou bien encore que les bâtiments construits par les ouvriers du Moyen Âge servent à tous !

Dans l’autre cas, il s’agit carrément d’une extorsion de fonds (légale) de la part de l’institut Oudinot, une école privée catholique. Celle-ci a en effet attaqué au tribunal pour obliger la mairie puis la communauté d’agglomération à lui verser une subvention. Elle a obtenu gain de cause car la loi prévoit l’obligation de verser une somme forfaitaire pour chaque élève inscrit dans le privé. Cette loi est un scandale, et si Macron cherchait vraiment à lutter contre le séparatisme et pas seulement à stigmatiser les musulmans, il pourrait commencer par l’abroger. En effet, cette loi prévoit que chaque mairie doit calculer un forfait par élève. Celui-ci est calculé en totalisant toutes les dépenses pour les élèves des écoles publiques, et en les divisant par le nombre d’élèves. Et la somme ainsi obtenue est versée pour chaque élève fréquentant une école privée. Donc, plus une mairie dépense pour ses écoles, et plus elle est obligée de financer les écoles privées ! Et comme la quasi-totalité des écoles privées sont catholiques, cela revient, encore une fois, malgré un principe affiché de laïcité, à financer l’enseignement religieux. Comme l’institut Oudinot accueille 194 élèves, et que le forfait s’élève à 477,25€, cette école privée touchera 92 586,50 € de fonds publics, en plus de ce que paient les familles. Cette délibération a été soumise au vote, mais cela aussi est choquant, dans la mesure où si elle n’était pas adoptée, ces descendants de jésuites seraient allés au tribunal. Un chantage en quelque sorte, que l’élu de Lutte ouvrière a refusé.

Nous sommes pour la liberté de conscience, et donc pour le droit de ne pas croire, de croire et de changer d’avis. Nous sommes pour la plus totale liberté de propagande religieuse et anti-religieuse. Mais cette propagande ne devrait se mener qu’avec l’argent de ceux qui la soutiennent.

Scolarest / Compass Group

Aides publiques pour une multinationale

Brève
11/12/2020

Le conseil d’agglomération de Chaumont a adopté mercredi 2 décembre une délibération pour indemniser Scolarest, l’entreprise privée qui a été engagée pour fournir les repas des cantines scolaires. L’indemnisation portait sur la période du Covid. L’agglo accepte donc de payer pour des repas qui n’ont pas été servis.

Bien des salariés ont supporté des baisses de salaires pendant le confinement, ne serait-ce qu’avec le chômage partiel qui n’est indemnisé par l’État qu’à 84% du salaire net… quand ils n’ont pas perdu leur travail ! Et le repas équilibré de la cantine a manqué à beaucoup d’enfants.

L’entreprise Scloarest, dont les salariés ont été payés par l’État par le chômage partiel, trouve encore que son manque à gagner mérite une indemnisation. Si c’était une petite entreprise qui risquait la ruine, cela pourrait peut-être se discuter. Mais elle appartient à Compass Group, une multinationale qui a réalisé un résultat net de 1,2 milliard d’euros en 2019 !

Il est évident que l’argent de la collectivité devrait aller dans les estomacs des enfants, et ne pas servir les appétits de profits d’une multinationale. 

Hansaton Sarreguemines

Non aux licenciements

Brève
10/12/2020

Après avoir offert des bouteilles de champagne aux salariés pour les remercier des efforts faits pendant la pandémie de Covid-19, la société du groupe Sonova vient de leur annoncer leur licenciement.

Le site de Sarreguemines serait tout simplement fermé sous pretexte d’une baisse des bénéfices à venir. Le groupe est pourtant loin d’être sur la paille avec des bénéfices nets de 450 millions d’euros en 2019-2020. Le principal actionnaire du groupe, le milliardaire Beda Deithelm a, à ce rythme, vu sa fortune augmenter d’un milliard ces trois dernières années.

Il n’y a aucune raison d’accepter ces licenciements qui ne visent qu’à enrichir un peu plus ces actionnaires. Les travailleurs l’ont fait savoir en offrant leur bouteille à l’hôpital R. Pax et ne comptent pas en rester là.

Saint-Gobain PAM

Non au patriotisme économique, à bas la concurrence capitaliste

Brève
08/12/2020

L'usine Saint-Gobain de Pont-à-Mousson fabrique des tuyaux en fonte ductile

Des politiques locaux toutes couleurs politiques confondues se sont lancés dans une campagne dite de « patriotisme économique » au nom de la sauvegarde des usines Saint-Gobain PAM. Cela consiste à promouvoir auprès des collectivités locales les canalisations en fonte de PAM par rapport aux canalisations en plastique produites chez les concurrents (… par d’autres travailleurs !)

Les travailleurs ne doivent pas se laisser prendre à ce discours qui ne peut que les opposer les uns aux autres.

Ceux qui doivent être enchantés de cette publicité gratuite ce sont les actionnaires de Saint-Gobain. Mais la longue histoire des plans de licenciements a suffisamment montré que les profits des patrons n’ont jamais garanti l’emploi des travailleurs…

 

Grève des mineurs de 1948

Mineur réhabilité… bien tardivement

Brève
05/12/2020

wiki media

Une habitante de Forbach, après des années de bataille judiciaire, vient enfin d’obtenir satisfaction : le Conseil constitutionnel a confirmé le caractère abusif d’un certain nombre de licenciements de mineurs (dont celui de son père) lors des grèves de 1948 et 1952.

Licencié, mis sur liste noire, son père n’avait retrouvé du travail qu’en 1953. Comble de malheur, il était mort en 1961 d’un accident du travail.

Jules Moch, membre du parti socialiste, ministre de l’intérieur, était à ce titre à la tête de la répression.