PSA – Mulhouse

Il faut répartir le travail

Brève
24/07/2020

Depuis la reprise de la production mi-mai, la direction de l’usine PSA de Mulhouse prend le prétexte de la baisse des commandes pour aggraver les conditions de travail.

Après avoir supprimé une équipe complète de doublage pour plusieurs secteurs, dont la ligne de montage, et y avoir imposé le travail de 5 heures à 13 heures comme horaire permanent, la direction a prétendu qu’il y avait un sureffectif de 400 travailleurs.

Elle a forcé la main de dizaines d’ouvriers, mais aussi de certains chefs d’équipe, pour qu’ils acceptent d’aller travailler à l’usine PSA de Sochaux, distante de 60 kilomètres.

Là-bas, le renvoi de 2 000 intérimaires après le confinement rendait indispensable, pour le patron, le renfort d’autres travailleurs du groupe.

À Mulhouse le chantage était simple : « Il n’y a pas de poste de travail pour toi ici, alors soit tu acceptes d’aller à Sochaux pendant quelques mois, le temps que la production remonte, soit on te met en chômage partiel et tu vas perdre 300 euros par mois. »

Beaucoup de travailleurs ont tenu tête et ont refusé de partir à Sochaux, bien qu’ils aient été convoqués deux ou trois fois par des représentants de la direction qui cherchaient à les faire craquer. En réalité, il n’y a aucun sureffectif à l’usine : c’est le patron lui-même qui le crée depuis des années, en supprimant des postes. Et après le déconfinement, il a mis les bouchées doubles : sur la ligne de montage, pas moins de 50 postes viennent d’être supprimés, soit plus de 20 %, alors que la cadence horaire a baissé de seulement trois voitures par heure.

Le résultat est que les postes sont totalement intenables. D’un côté, il y a donc ce prétendu sureffectif avec, dans de nombreux secteurs, du chômage par rotation et des ouvriers qui travaillent quinze jours par mois, en perdant du salaire. Mais, dans le même temps, la direction impose de travailler le samedi et le 14 juillet, tout en supprimant des postes.

Une situation totalement aberrante du point de vue des travailleurs. La seule mesure logique serait que tous travaillent moins vite et moins longtemps, mais sans perte de salaire.

Épinal (Vosges)

Cela ne fait pas le compte

Brève
17/07/2020

La pandémie que nous connaissons actuellement a mis en évidence les difficultés du travail des soignants.

Ceux-ci ont mis en avant une revendication : une augmentation de 300 € par mois. Le gouvernement leur en a promis 183, et même pas tout de suite.

Mais la Patrouille de France est venue faire de la fumée tricolore au-dessus du nouvel hôpital d’Épinal, en hommage, nous dit-on.

Le gouvernement pense-t-il remplacer l’augmentation demandée par un hochet patriotique ?

Lunéville (54)

Ça ne s’arrange pas...

Brève
16/07/2020

Source : Commons

Le syndicat CGT des cheminots de Blainville-Damelevières dénonce la politique de la SNCF : après avoir fermé les guichets des gares de Pont-Saint-Vincent, de Varangéville et réduit les services rendus en gare de Blainville-Damelevières, celle-ci envisage de supprimer deux postes de guichetiers sur les trois que compte actuellement la gare de Lunéville.

La direction régionale de la SNCF prétend que « le service au client sera absolument conservé ». Ce qui est un gros mensonge car une personne ne peut pas faire le travail de trois. Et puis le matin il n’y aura pas de guichetier formé mais un service assuré par les agents d’escale, actuellement chargés des départs des trains et de l’aide aux personnes handicapées. Ajoutons que ces remplaçants recevront une formation de 10 jours contre six mois pour les autres guichetiers.

Smart Hambach

Non à la dictature capitaliste !

Brève
14/07/2020

Jeudi 8 juillet, plusieurs centaines de travailleurs ont débrayé à l’usine Smart de Hambach pour protester contre les menaces sur l’emploi qui pèse sur eux. La semaine précédente, tout le monde avait appris par un simple communiqué que Mercedes remettait en cause son plan de démarrage d’un nouveau véhicule et déclarait vouloir revendre le site de la Smart où travaillent 1 600 salariés.

Mercedes avait engagé 500 millions de travaux pour fabriquer en Moselle un SUV Mercedes électrique. Des travaux largement subventionnés par les pouvoirs publics au nom du maintien des emplois. Les travailleurs ont vite fait le compte 500 millions : c’est 312 000 euros par salarié du site de Hambach.

Lors du CSE, la direction a confirmé les intentions du groupe Daimler-Mercedes, sans plus de précision. Un repreneur est tout d’un coup apparu. Un coup, concerté avec Mercedes : Jim Ratcliff, la 5ème fortune britannique, qui dirige le groupe pétrochimique Ineos et qui prétend vouloir se lancer dans l’industrie automobile.

Le problème c’est qu’Ineos ne promet que 500 emplois. Loin des 1 600 emplois du site de la Smart. Il est clair que Mercedes a sorti ce repreneur pour se débarrasser de ce site arrosé de fonds publics et sous-traiter les licenciements à venir.

Mercedes fait l’unanimité contre lui. Des ouvriers à l’encadrement qui se sent trahi par la direction de Mercedes. Il y a quatre ans, Mercedes avait imposé de travailler 39 heures payées 37 sous prétexte de sauver l’emploi. On voit ce qu’il en est aujourd’hui !

Tout cela suscite un sentiment de colère contre Mercedes. D’autant que la seule raison de la vente du site de la Smart, c’est de faire remonter le cours de l’action. Moins d’usines c’est plus de profits.

Et en retour, Mercedes voudrait faire trimer davantage les travailleurs d’Allemagne qui fabriquent déjà le véhicule qui devait être fabriqué également à Hambach.

Alstom

La seule chose qu’ils veulent transporter c’est la part des actionnaires

Brève
11/07/2020

Alstom Transport veut racheter Bombardier Transport et met six milliards d’euros sur la table pour cela.

Pour contourner le possible risque de refus de la commission européenne pour position de monopole, Alstom se dit prête à céder l’usine de Reichshoffen située en Alsace et ses 780 travailleurs. En 2016, lorsque Alstom voulait fermer l’usine de Belfort, la direction prévoyait de transférer les fabrications de Belfort à Reichshoffen ! Maintenant elle envisage de se débarrasser de l’usine de Reichshoffen et de ses salariés comme on jette un Kleenex.

Pour les capitalistes, les usines sont des machines à profit. Alors qu’on manque de transports en commun, la seule volonté de ceux qui détiennent les usines qui les fabriquent, c’est que cela rapporte. Et tant pis si la population manque de moyens de transports en commun !