Comment Renault augmente ses profits

Brève
08/12/2006

Batilly (Meurthe-et-Moselle) - À l'usine Sovab de Batilly - 3000 salariés produisent pour Renault les fourgonnettes Master et les petits camions Mascott - la direction a décidé d'augmenter les cadences sans changement majeur dans l'organisation du travail, et, surtout, sans nouvelle embauche. L'augmentation représente au final pour Renault un gain de 5 secondes sur la sortie de chaîne de chaque Master. Pas grand-chose ? Si la direction gagne ainsi environ 7 véhicules par jour. Sans débourser le moindre centime. Elle avait déjà fait le coup en mai dernier, et elle comptait remettre le couvert d'ici la fin de l'année.

D'ailleurs, la direction a eu le culot de prétendre que l'augmentation de la vitesse des chaînes de quelques secondes, ça ne se sentirait pas ! Il n'y a que des directeurs, les fesses bien calées dans leur fauteuil, pour prétendre cela. Mais sur les chaînes, les augmentations de cadences bousillent articulations et tendons pour que Renault-Nissan fasse de plus gros bénéfices : Renault vient d'annoncer un nouveau record de bénéfices pour le premier semestre de 2005 : 52 % de hausse et 2,2 milliards d'euros ! Un record qui succède à un record, lui-même succédant à un record...

Cette nouvelle hausse des cadences a provoqué plusieurs débrayages, les 9 et 10 septembre derniers, au Montage puis en Tôlerie. Quelques dizaines de travailleurs y ont participé, en particulier des jeunes pour qui il n'était pas question de travailler plus sans aménagement des postes de travail et donc sans effectif supplémentaire. Soutenus par l'ensemble des syndicats, les débrayages ne se sont pas étendus au reste de l'usine, même si le mécontentement est profond. Inquiète de ces débrayages, la direction a fait appel à des intérimaires pour soulager les postes les plus chargés et dans les secteurs les plus combatifs. Un encouragement à ne pas se laisser faire.

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