Travail saisonnier

Le persil de la colère

Brève
07/05/2020

(source : wikipedia)

En Alsace, le travail de tri a lieu à la chaîne, dans un hangar de maraîcher. Des cagettes de persil plat ou frisé arrivent, qu’il faut trier, peser, mettre en bouquet, vérifier et mettre en caisse.

Les beaux discours sur la sécurité au travail et les mesures d’hygiène sont loin d’être appliqués. À l’arrivée au travail, la température de chacun est prise, mais n’est pas donnée à voix haute, donc on ne sait pas ce qu’affiche le thermomètre.

Il y a bien du gel hydroalcoolique à l’entrée avec un panneau disant qu’il est obligatoire de s’en servir mais une fois près du tapis, il n’y en a plus. Sur chaîne, les postes sont censés respecter les mesures de distance.

En réalité, il y a trois personnes de chaque côté du tapis, travaillant debout, à 30 ou 50 cm les unes des autres, toute la journée, sans masques. Elles sont encore plus serrées quand une personne supplémentaire est installée sur un poste pour trier la même cagette, pour aller plus vite. Et aucun test n’est fait pour savoir si certaines ont ou non le virus.

Si des travailleurs se sentent mal, il y a la pression des chefs, qui n’hésitent pas à dire qu’on « pollue l’équipe » et qu’on ne va pas assez vite.

Venant pour une saison, les travailleurs sont logés. S’ils demandent une autorisation de déplacement à l’employeur pour aller faire des courses, la réponse est qu’on ne devrait pas sortir. Ils devraient donner leurs listes de courses le mardi pour que celles-ci arrivent seulement le jeudi.

Cela n’empêche pas de les faire travailler et dormir les uns sur les autres, sans test, sans masques, sans sécurité. Et dans les chambres, il peut y avoir jusqu’à trois lits, les uns à côté des autres.

Dans cette société de patrons, la santé des travailleurs passe après la productivité et les profits !

Hôpital de Mulhouse

Une situation encore dramatique

Brève
22/04/2020

Pauvre hôpital

Le nombre d'arrivées nouvelles à l'hôpital Moenschberg étant aujourd'hui inférieur à la somme des guérisons et des décès, la tension redescend un peu, lentement, à l'hôpital. Pour autant, quasiment tous les lits de réanimation sont occupés, et plus de 500 autres lits restent dédiés au Covid. Sur la trentaine de patients se présentant quotidiennement, la moitié doit être hospitalisée.

En plus, le nombre de personnels en arrêt maladie lié au Covid était de 675 en fin de semaine dernière : c’est une augmentation de plus de 50% en huit jours. Dans ces conditions, et alors que plusieurs vagues de soignants venus de différentes régions sont déjà sur place, l’hôpital vient à nouveau de lancer un appel urgent pour renforcer les équipes.

Et au-delà du combat quotidien pour faire face, la situation des prochains mois et semaines inquiète. L’hôpital va devoir prendre en charge un nombre très important de patients dans une unité de réveil post-réanimation Covid. 300 malades graves devraient passer par cette unité qui ne comporte pour le moment que douze lits… Et il y a tous les autres, les interventions repoussées y compris pour des pathologies lourdes.

Toute l’impréparation des pouvoirs publics des dernières semaines, leurs tergiversations venant après des décennies d'économies, ont directement conduit à cette situation sanitaire désastreuse. Les hôpitaux dont celui de Mulhouse n’étaient pas du tout en mesure d’absorber le choc. Comment aurait-il pu l’être, alors que même sans épidémie les moyens manquent au quotidien ?

Mulhouse

Des Ehpad transformés en mouroirs par le système du profit

Brève
15/04/2020

Des lieux rendus sinistres

Il y a quelques jours, une aide-soignante de 48 ans travaillant à l'Ehpad Korian La Filature, à Mulhouse, est décédée du Covid-19.

A entendre ses collègues, bouleversées, il semble bien, malgré les dénégations de la direction, que les mesures de protection n’avaient pas été prises. La plupart des malades du Covid ont été mis aux 1er et 2è étages, et les masques FFP2 et surblouses étaient utilisées seulement pour ces étages, ce que la direction justifiait en arguant du faible nombre d’équipements. Mais des malades étaient aussi présents aux autres étages, notamment là où l’AS décédée travaillait. Les autres employées travaillent aujourd’hui la peur au ventre.

Ne protéger qu'une partie des travailleuses dans ces structures alors que des entreprises comme PSA Mulhouse ont des dizaines de milliers de masques en stock pour produire des voitures : voilà où mène l'irresponsabilité des capitalistes, quand les moyens vitaux sont utilisés pour fabriquer du profit plutôt que pour soigner !

Mulhouse

Suez les profits aux dépens de la santé

Brève
13/04/2020

Mais quand ?

Le groupe Suez compte 90 000 salariés dans le monde entier, et beaucoup d’entre eux doivent travailler malgré la crise sanitaire, tels ceux qui continuent à assurer le ramassage des ordures. Mais dans quelles conditions ? 

Dans la région de Mulhouse, le cluster le plus touché de France, les équipages d’éboueurs de Suez doivent confectionner eux-mêmes leur masque de protection ! En prétextant qu’elle n’en aurait pas trouvés, la direction met en danger ceux qui justement ont transpiré les quelques 18 milliards d’euros de chiffre d’affaire que Suez a réalisés en 2019.

En ce moment, de grandes entreprises affirment avoir suffisamment de masques pour faire reprendre le travail, alors que leur activité n’est pas essentielle. Tous ces stocks devraient être réquisitionnés pour aller aux travailleurs qui continuent d’assurer un service essentiel à l’ensemble de la société. 

Mais ce bon sens se heurte à une autre logique : celle des capitalistes, qui n’ont comme seule boussole leur profit individuel, au détriment des besoins vitaux de la collectivité.

SNCF

Mépris démasqué

Brève
08/04/2020

(source : wikipedia)

La direction Grand Est de la SNCF vient d’annoncer qu’elle dispose d’un stock de réserve de 130 000 masques chirurgicaux, alors que partout les soignants, les cheminots, les travailleurs du ménage d’Onet, de Derichebourg, en manquent cruellement.

La direction se justifie en disant qu’elle garde des masques pour la reprise. Elle ne pense donc qu’à remettre le business sur les rails. Pour elle la santé des travailleurs et de la collectivité passe après.