Ryton : un mauvais coup contre les travailleurs

Brève
08/12/2006

PSA a annoncé la fermeture de son usine de Ryton en Angleterre qui produit des 206. D'ici juillet 2007, 2 300 travailleurs seront au chômage dans cette usine créée en 1939 et rachetée par Peugeot à Chrysler en 1978. PSA affirme que « une Peugeot 206 coûtait 400 euros plus cher à produire à Ryton qu'à Poissy ou à Mulhouse ». Et pourtant, l'usine de Ryton était connue pour sa flexibilité et ses journées de 9 heures... mais cela n'empêche pas la direction de la fermer aujourd'hui.

En fait, PSA préfère faire tourner à plein régime, nuit et jour, y compris les week-ends, les usines existantes pour faire plus de profits. Non seulement les ventes n'ont pas baissé, mais au contraire la direction envisage de passer de 3,39 millions à 4 millions de voitures.

Et dire qu'il y a deux ans, PSA avait obtenu du gouvernement anglais une aide de 20 millions d'euros pour développer le site de Ryton ! Le gouvernement Blair se dit « extrêmement déçu » par PSA mais il n'envisage aucune mesure de rétorsion.

Interdire les licenciements aux entreprises qui font des profits - un milliard pour PSA en 2005 - c'est une nécessité qui s'impose à l'échelle de l'Europe car les sales coups patronaux ne connaissent pas les frontières. La solidarité ouvrière non plus, et à Mulhouse comme à Sochaux, elle va aux travailleurs de Ryton.

Communiqué de Lutte Ouvrière

MEDEF : Mouvement des Exploiteurs DE France

Brève
08/12/2006

Pont-à-Mousson - "Le CPE va dans le bon sens car il indique que notre pays doit aller vers un fonctionnement plus fluide du marché du travail" a déclaré à Pont-à-Mousson Laurence Parisot, présidente du Medef. Et d'ajouter que "le CPE a eu le mérite de lever un tabou. Pour la première fois, il est clairement indiqué que la flexibilité est déterminante pour faire reculer le chômage." Étonnant ce brusque souci du patronat de faire reculer le chômage...

Bref, pour Parisot, il faut de la précarité, toujours plus de précarité. Ses réserves sur le CPE ? C'est qu'il ne cible que la jeunesse. S'il était étendu à toutes les entreprises et à toutes les tranches d'âge, ce serait formidable. De quoi convaincre les hésitants de rejoindre les grèves et les manifestations pour obtenir le retrait du CPE comme du CNE, contre la précarité, car c'est la généralisation de la précarité à l'ensemble du monde du travail que gouvernement et patronat veulent imposer.

Les actionnaires sont déjà gagnants

Brève
08/12/2006

À l'annonce de l'OPA de Mittal Steel numéro 1 mondial contre Arcelor, le numéro 2, le cours des actions Arcelor avait grimpé en Bourse de 28 % en une journée, offrant une jolie plus-value aux possesseurs d'action. D'ailleurs, toutes les actions d'entreprises sidérurgiques sont à la hausse : elles ont augmenté en moyenne de 30 % depuis le début de l'année selon les spécialistes.

Et ça devrait continuer ! Arcelor vient de publier ses résultats 2005 : ils sont excellents... pour les actionnaires. Le bénéfice est de 3,85 milliards en hausse de 66 %. Cela représente un bénéfice par mois et par salarié de 3 298 € ! Mais la direction du groupe Arcelor, qui veut, paraît-il, retenir ses actionnaires qui pourraient être tentés par la proposition de rachat des actions Arcelor par Mittal Steel, va leur verser un dividende royal en hausse de 85 % ! La bataille boursière entre Mittal et Arcelor permet déjà aux actionnaires d'empocher un dividende colossal.

Du côté de chez Mittal Steel, les bénéfices sont moins exceptionnels puisque le groupe annonce une baisse de 28 %. Mais il y en a tout de même pour 2,9 milliards d'euros, soit 1464 € par salarié et par mois, et la famille Mittal qui possède la majeure partie des actions ne sait plus quoi faire de sa fortune. Quel que soit l'avenir de l'OPA de Mittal sur Arcelor, elle a déjà fait des heureux : les actionnaires des deux groupes qui empochent surprofits et plus-values boursières.

Les Peugeot dans les grille-pain

Brève
08/12/2006

Actionnaire majoritaire de SEB qui annonce près de 900 suppressions d'emplois, la famille Lescure possède 44 % du groupe. Elle vit en Suisse et figure parmi les 300 familles les plus riches du pays, selon le magazine suisse Bilan, avec une fortune de près d'un milliard d'euros. Le magazine notait que "SEB a décidé de fabriquer en Chine une gamme d'articles bon marché. Une stratégie bien perçue par les investisseurs puisque le titre a nettement progressé en bourse". C'est tout dire. D'ailleurs, en décembre dernier, la Foncière Financière de Participation (FFP), actionnaire pour 5 % de SEB, derrière lequel se cache une autre grande famille bourgeoise, les Peugeot, a décidé d'accroître sa part dans le capital... sûrement pas par philanthropie ! Les familles bourgeoises abritées derrière un PDG au nom évocateur, Thierry de la Tour d'Artaise, veulent passer les emplois à la moulinette pour accroître leurs profits. Mais le prétexte de la concurrence chinoise, lui, est complètement grillé.

Renault Master en précarité

Brève
08/12/2006

Batilly (54) - Au 1er décembre, l'usine Renault-Sovab de Batilly (54) qui produit pour Renault le véhicule Master (et le Movano pour Opel) employait 2 556 travailleurs en fixe. Mais en plus, 261 intérimaires, plus de 10 % de l'effectif et un pourcentage bien supérieur sur les chaînes de production, tant il est vrai que l'intérim touche davantage les ouvriers de production que les directeurs ou hauts cadres de direction.

Il s'agit d'un recours abusif à l'intérim car la plupart des intérimaires occupent des postes fixes et contribuent à la marche normale de l'usine. Et pourtant, la direction de Renault à Batilly a été condamnée à de multiples reprises pour recours abusif à l'intérim. Que fait Sarkozy face à ces multirécidivistes qui pourrissent la vie des jeunes travailleurs en les réduisant à la précarité ?