M comme Mitterrand ou comme Mittal

Brève
08/12/2006

Florange - Certaines usines ont encore des ramassages de car pour le personnel - bien souvent pas du dernier cri en ce qui concerne le confort. Les travailleurs d'Arcelor ont pu voir, lors de sa visite à Florange, leur tout nouveau propriétaire et patron, Lakshmi Mittal arriver dans l'usine en hélicoptère, très pratique pour éviter les embouteillages incessants sur l'A31.

Il paraît que la dernière fois qu'un hélicoptère a déposé une personnalité dans l'usine Arcelor (à l'époque Sollac) de Florange, c'était un certain François Mitterrand, en 1982. Quelques mois avant l'annonce des plans aciers qui ont supprimé des dizaines de milliers d'emplois au nom de la "crise de la sidérurgie". 24 ans plus tard, les nouveaux actionnaires de la sidérurgie, qui ont récupéré les usines après leur modernisation aux frais du contribuable pendant la nationalisation, étalent leurs milliards. Quant aux anciens actionnaires, les de Wendel, ils n'ont jamais été aussi riches. Tous leurs discours sur la crise n'ont servi et ne servent qu'à justifier une aggravation de l'exploitation du monde du travail.

Pas drôle d’être riche

Brève
08/12/2006

Vosges - Les propriétaires de logements des Vosges se plaignent d'avoir des difficultés à trouver des locataires. Rien que sur Saint-Dié, dit leur président dans La Liberté de l'Est, il y aurait 400 logements vacants.

Selon lui la cause en est la stagnation démographique, le chômage important (quelle perspicacité!), et le montant des impôts qui pousse la population vers la périphérie. Puis il ajoute : "Mais surtout -notez bien le surtout-, le déséquilibre [entre l'offre et la demande] provient de la surabondance de logements dits sociaux". Et il donne ses solutions : le parc public doit loger « les plus démunis ». Il veut que chaque année on contrôle les ressources des locataires pour renvoyer vers le privé ceux qui dépassent les plafonds de ressources.

Ceux qui sont une année au-dessus et une année au-dessous du plafond, il les fait déménager tous les ans ? Il ne vient pas à l'esprit de ce monsieur que dépasser les plafonds de ressources des logements sociaux ne veut pas forcément dire qu'on a les moyens de payer les loyers du privé. Et ceux qui seraient chassés des HLM n'iraient pas forcément abonder son compte en banque. Mais bon, s'il est sur la paille, il pourra toujours postuler pour un logement social...

Coluche fait plus de voix que Mitterrand !

Brève
08/12/2006

Belfort - C'est en tout cas le résultat du vote organisé dans le collège de Rougemont le Château du territoire de Belfort. Ce scrutin, auquel ont participé les élèves, les enseignants et le personnel, dont le but était de choisir un nom pour ce collège a donné : 38,8 % pour Michel Colucci, 19,8 % pour Emile Zola, 14,2 % pour Prévert, 13,9 % pour Louise Michel, 7,14 % pour Émile Keller, 3,41 % pour Mitterrand et 2,17 % pour Charles Trénet.

Le jeune qui a proposé le nom de Coluche l'a fait, selon l'Est républicain, parce que "c'est le côté humanitaire qui me séduit le plus" tandis qu'une élève de 6ème explique pourquoi elle a voté Coluche "il avait une bonne tête pour faire rire et un bon coeur". De bien bonnes raisons en effet.

Mais le Maire MRC est furieux de ce choix : il aurait voulu que soit donné au collège le nom d'Émile Keller, député du Haut Rhin puis du Territoire de Belfort de 1859 à 1889. Complètement inconnu, ce député catholique bien réactionnaire était farouchement hostile à la République : l'Encyclopédie Universalis, explique qu'il refusa même les conseils du Pape Léon XIII de se rallier à la République ! Le républicain citoyen maire de Rougemont devrait être content que les jeunes préfèrent Coluche à un député bigot et monarchiste de la 3ème république !

SEB : licenciements en masse et toujours plus de profits

Brève
08/12/2006

Vosges - Depuis des années, Le groupe SEB, leader du petit électroménager, exige toujours plus de sacrifices de ses salariés sous prétexte qu'il subirait des difficultés de trésorerie face à une concurrence sans pitié.

Il y a six mois, la direction annonçait la fermeture de trois de ses dix usines françaises, avec à la clé la suppression de près de 900 emplois dont la moitié au Syndicat, dans les Vosges. SEB oblige les licenciés à partir avec des primes revues à la baisse, mégote sur les mesures de préretraite, avec toujours ce même argument : le coût du plan social serait «trop élevé».

Ses salariés ont donc été d'autant plus indignés d'apprendre que leur direction venait une fois de plus de procéder au rachat d'une entreprise, cette fois-ci le numéro un chinois (en réalité américain) du matériel de cuisine, l'entreprise Zhejiang Supor Cookware, pour la somme d'environ 280 millions d'euros.

SEB s'est spécialisé dans les très bas salaires pour toucher les aides de l'État sous prétexte de «favoriser l'emploi». C'est «favoriser les profits» qu'il faudrait dire. Au bout du compte, SEB, qui possède aussi maintenant les marques Moulinex, Tefal, Calor, Krups et Rowenta, est un groupe multinational employant 14000 salariés dans le monde, dont 7000 en France, pour un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros et des dividendes versés aux actionnaires en hausse de 10%. Ses lamentations sur les salaires français «beaucoup trop élevés» ne peuvent convaincre que les naïfs, la majorité de ses rachats ayant été effectués dans les pays les plus développés du monde, les usines que SEB ferme en France étant d'ailleurs bénéficiaires, de l'aveu même de la direction.

Tout pour les actionnaires

Brève
08/12/2006

Les actionnaires de Saint-Gobain, qui ont déjà vu le cours de leurs actions augmenter de plus de 13 % en 2005, vont recevoir 1,36 € de dividende net par action. Près d'un demi milliard d'euros vont ainsi leur être distribués au titre de l'année 2005. Et avec les bénéfices qui n'auront pas été redistribués en dividendes (il reste encore 800 millions d'euros dans les caisses), Saint-Gobain va pouvoir poursuivre sa boulimie d'achat d'entreprises pour accroître encore leur fortune...

Extrait du bulletin Lutte Ouvrière Saint-Gobain Pont-à-Mousson