Le PDG de Daewoo fait le VRP en Alsace et Corée

Brève
08/12/2006

Lorraine - Depuis sa disparition en 2000, Kim Woo-Choong, l'ex-PDG du conglomérat Daewoo, était, paraît-il, recherché par toutes les polices de la planète. Il est accusé de banqueroute frauduleuse après avoir laissé une ardoise de 80 milliards de dollars lors de la faillite du groupe Daewoo dont il aurait détourné 2 milliards pour son argent de poche. La recherche de M. Kim est bien symbolique puisque, selon son employeur, la société Lohr, près de Strasbourg, il est déclaré très officiellement à la Sécu et aux impôts. Et depuis un an et demi, il fait ainsi le VRP entre l'Alsace et la Corée et le PDG de Lohr affirme, dans Libération du 7 mars, le rencontrer très ouvertement.

M.Kim n'est pas en France un étranger sans-papiers à qui l'administration chipote le droit à une vie normale. Pas du tout ! Toute sa famille a obtenu la nationalité française en 1987 grâce à l'appui d'amis bien placés, Longuet et Chirac, par dérogation - puisqu'il ne parlait pas un mot de français - pour "services exceptionnels rendus à la France".

Dame, il avait ouvert à l'époque une usine, puis deux, puis trois. Le tout grâce aux fonds publics : l'affaire Daewoo a ainsi englouti 68 millions d'euros d'aides publiques pour les usines lorraines, toutes fermées aujourd'hui. 1 100 ouvriers licenciés dont beaucoup sont toujours au chômage. En 1996, Juppé avait même décoré M.Kim de la Légion d'honneur, juste avant de proposer la candidature de Daewoo pour la privatisation-cadeau de Thomson. M. Kim venait d'être condamné, l'année précédente, pour des pots-de-vin versés au président coréen. Bref, cela méritait bien la légion d'honneur !

Des syndicalistes coréens avaient retrouvé sa piste en France il y a 4 ans, dans une villa de milliardaire sur la Côte d'Azur. Voilà qu'il "travaille" comme VRP pour une entreprise alsacienne, le journal l'Humanité laissant entendre qu'il s'agirait en fait de vente d'armes. Mais M. Kim n'a pas trop de soucis à se faire. Comme le dit un homme d'affaires coréen, interrogé par Libération, "il y a une tendance au pardon en Corée". Pardon, voilà un mot qui rime bien avec pognon !

Les ravages de l'alcool

Brève
08/12/2006

Marne - Le député UMP Philippe Martin, viticulteur lui-même, membre de "l'association des élus et du vin", a rédigé un rapport parlementaire concernant le vin qui commence par un vigoureux "le vin, c'est la France". Celui-ci préconise de sensibiliser les enfants dès l'école primaire aux bienfaits supposés de sa consommation. Ce rapport est remis au lendemain d'une journée consacrée aux conséquences de l'alcoolisme notamment sur la santé des plus jeunes.

De l'avis de la communauté médicale, plus la consommation d'alcool intervient tôt dans la vie, plus elle a des conséquences notables pour le cerveau. Ce député, qui se dit nostalgique des repas où l'on apprenait aux enfants à connaître le vin, a dû, dès le plus jeune âge, un peu trop abuser des fonds de bouteilles ou alors n'est il sensible qu'aux intérêts des entreprises qui produisent de l'alcool ?

Catastrophe sociale annoncée

Brève
08/12/2006

Saint-Avold (Moselle) - Total Petrochemicals France persiste à vouloir supprimer 243 emplois à Saint-Avold avec l'arrêt d'un vapocraqueur. Invité sur France 3, le responsable chimie de la CFDT Lorraine dénonce une véritable catastrophe avec le risque de suppression de 2 à 3000 emplois en Lorraine d'ici 2011, en particulier l'existence même d'Ineos à Sarralbe serait en cause. Mais il est évident que Total s'en moque. La recherche de profit conduit à l'irresponsabilité environnementale, on l'a vu avec la catastrophe de Toulouse ou le naufrage de l'Erika. C'est la même irresponsabilité, sociale celle-là, qui guide Total en programmant les suppressions d'emplois à Carling.

Sur France 3, le responsable CFDT expliquait que, pour s'opposer aux plans de Total, il fallait fédérer les acteurs, les patrons, les politiques. Total va sûrement trembler...

Les travailleurs n’ont pas de patrie

Brève
08/12/2006

Pierre Taribo tonne dans son éditorial de l'Est républicain "nous sommes furieux". Furieux que la SNCF ait préféré Bombardier à l'Alstom pour fabriquer les TER pour l'île de France, soit 172 rames pour un montant de 2,7 milliards d'euros. C'est un "coup de poignard" tempête Taribo qui proteste que l'Alstom soit "évincée du marché national" et que le pays soit "ouvert comme un moulin à toutes les concurrences". Bref, Taribo, et Chevènement lui emboîtait le pas ce matin sur France 2, agitent à nouveau le "patriotisme économique". Ils plaisantent : les rames seront peut-être faites par Bombardier mais elles seront construites à Valenciennes, et il paraît même qu'une partie de la commande obtenue par Bombardier sera en fait sous-traitée à... l'Alstom !

Bombardier n'est pas plus canadien que l'Alstom n'est français, les deux étant des groupes mondiaux mus par le seul intérêt de leurs actionnaires. Nous proposer de défendre l'Alstom dans sa guerre commerciale contre Bombardier, revient à nous faire défendre les actionnaires de l'un contre ceux de l'autre.

Or, les travailleurs de l'Alstom comme ceux de Bombardier sont victimes de la même rapacité patronale qui ne connaît ni frontière, ni nationalité. Les travailleurs d'Alstom à Reichshoffen en Alsace craignent pour leurs emplois suite à la décision de la SNCF, mais les suppressions d'emplois à l'Alstom, sans parler des externalisations, ne datent pas d'hier et il serait légitime de les interdire. Ceux qui produisent les avions de Bombardier au Canada subissent actuellement une vague de 1330 licenciements.

Alors il serait intéressant de savoir quels sont liens financiers et commerciaux entre les grandes compagnies publiques et les firmes privées. Comme il serait intéressant de faire toute la lumière sur les mouvements d'argent entre ces firmes privées. On sait qu'elles sont riches à milliards et que les suppressions d'emplois, à l'Alstom comme chez Bombardier, ne sont justifiées que par la volonté de faire plus de profits. Mais on pourrait mesurer à quel point elles sont prospères tant il est vrai que par le jeu des filiales, tel le prestidigitateur qui fait sortir le lapin de son chapeau, elles font apparaître où elles veulent leurs bénéfices. Des bénéfices qui, patriotisme capitaliste oblige, aboutissent toujours dans les poches des plus grands actionnaires.

Comment on encombre les tribunaux

Brève
08/12/2006

Mulhouse - "Chirac au zoo, libérez les animaux" c'est pour avoir voulu brandir une banderole avec ce slogan humoristique, lors de la venue de Chirac le 20 mai, que deux jeunes devaient comparaître le 10 octobre au tribunal correctionnel de Mulhouse. Ils en avaient été empêchés par des policiers en civil qui les avaient mis en garde en vue et ils étaient poursuivis pour "outrage à magistrat", le magistrat étant le premier magistrat du pays, Chirac. Ils encouraient un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amendes. Finalement, le tribunal a décidé de la nullité de la procédure judiciaire parce que la citation à comparaître ne comportait pas "les termes de l'outrage". Les poursuites ont donc été abandonnées.

L'humour et la critique vis-à-vis des autorités - civiles ou religieuses - ne sont pas très à la mode ces temps-ci.