Nancy : une participation électorale aussi partielle que l'élection

Brève
08/12/2006

Nancy - Près de trois quart des électeurs (71,4 %) ne se sont pas déplacés pour voter lors de l'élection législative partielle de Nancy 1. Sur ce nombre très faible de votants, l'ensemble des candidats de droite obtient la majorité des voix. L'ancien ministre de Raffarin, Hénart, candidat de l'UMP, est en tête à 40,1 %, l'UDF obtenant 6,2 % et le FN 7,1 %. Dans le duel qui opposait deux candidats issus du PS, c'est le candidat officiel soutenu par le PS qui est largement devant le dissident, ancien député de la circonscription : Klein a 25,8 %, Denis 8,1 %.

Pour notre part, nous faisons un petit score - 244 voix, soit 1,7 % - même s'il est supérieur en pourcentage à celui réalisé en 2002, où nous avions eu 376 voix et 1,3 % (en 1997, 1 224 voix et 4,3 %). La candidate soutenue par le PC et la LCR fait un assez bon score mais qui n'est pas déterminant. Elle recueille 752 voix et 5,4 %. En 2002, la LCR avait eu 733 voix et 2,5 %, le PC 660 voix et 2,3 %, soit un total pour ces deux partis de 1 393 voix et 4,8 %. En 1997, la LCR avait obtenu 522 voix et 1,8 %, le PC 1 558 et 5,4 %, soit un total de 2080 voix et 7,2 %.

Notre candidate et celle soutenue par le PC et la LCR font donc un peu mieux - en pourcentage, pas en voix - qu'aux législatives de 2002, au lendemain de la présidentielle marquée par la présence de Le Pen au second tour et par le ralliement de la gauche plurielle à Chirac. Mais elles sont en baisse - tant en voix qu'en pourcentage - par rapport aux législatives de 1997.

En votant Lutte Ouvrière, 244 électeurs ont exprimé qu'ils en avaient assez d'un système économique injuste et de la politique des gouvernements qui le soutiennent et le justifient. Si Hénart semble, selon les commentaires de la presse, en passe de réussir sa propre reconversion en tant que député, pour éradiquer le chômage, il faudra des luttes populaires de grande ampleur. C'est ce qu'ont affirmé les électeurs qui ont voté Lutte Ouvrière dimanche dernier à Nancy.

Fonds publics pour urgences privées

Brève
08/12/2006

Nancy - Il y a un an et demi les urgences du CHU de Nancy-Brabois étaient fermées. Regroupées avec celles de l'hôpital Central de Nancy et contribuant à engorger un peu plus le service d'urgences de l'hôpital du centre ville. Des urgences privées viennent d'être ouvertes à la Clinique de Gentilly qui y gagne ainsi une nouvelle clientèle.

Si les bénéfices seront privés, les pouvoirs publics sont passés à la caisse : 1,9 million d'euros ont été apportés par l'Agence Régionale d'Hospitalisation (ARH) et la communauté urbaine de Nancy a offert la voirie. On ferme des urgences du service public, puis on finance un service d'urgence privé... qui continuera à laisser au public les cas les plus lourds.

Le mensonge des patrons du textile

Brève
08/12/2006

À entendre les patrons du textile, on pourrait penser que les usines sont à l'arrêt et la production de textile en France quasiment stoppée par ce que les médias appellent la"déferlante asiatique". Rien n'est plus faux ! Le journal Libération du 21 mai nous apprend que, selon les chiffres de l'INSEE, la production du secteur textile-habillement-cuir a... augmenté au premier trimestre 2005 de 2,9 %, sa meilleure performance depuis 11 ans !

L'arbre de la délocalisation est bien utile au patronat pour camoufler la forêt de ses profits, réalisés en augmentant les cadences et en licenciant.

Encore plus envie de dire NON

Brève
08/12/2006

Nancy - La droite lorraine favorable au projet de Constitution européenne s'est rassemblée pour lancer un vigoureux appel à voter Oui. Dans l'Est républicain, "l'heure est grave" dit Nathalie Griesbek pour qui le référendum "est un rendez-vous historique". Elle doit craindre que cela ressemble plus à Waterloo qu'à Austerlitz, mais, heureusement, les bulletins de votes ne font pas tant de dégâts !

Sa collègue des Vosges, Véronique Mathieu, donne dans le comique : "cette Constitution permet de consacrer l'Europe de la paix et du travail". Elle oublie de signaler que le projet recommande aux États d'"améliorer progressivement leurs capacités militaires". Quant à l'Europe du travail, elle a vu ça où ? Rappelons que le projet de Constitution européenne ne reconnaît aux citoyens européens que le "droit à la recherche d'un emploi" - y aurait-il donc des pays où l'on n'a pas le droit de chercher du travail ? - et même pas le droit à un emploi. Plus les défenseurs du oui alignent leurs arguments, plus cela donne envie de répondre non massivement.

Le PDG de Daewoo fait le VRP en Alsace et Corée

Brève
08/12/2006

Lorraine - Depuis sa disparition en 2000, Kim Woo-Choong, l'ex-PDG du conglomérat Daewoo, était, paraît-il, recherché par toutes les polices de la planète. Il est accusé de banqueroute frauduleuse après avoir laissé une ardoise de 80 milliards de dollars lors de la faillite du groupe Daewoo dont il aurait détourné 2 milliards pour son argent de poche. La recherche de M. Kim est bien symbolique puisque, selon son employeur, la société Lohr, près de Strasbourg, il est déclaré très officiellement à la Sécu et aux impôts. Et depuis un an et demi, il fait ainsi le VRP entre l'Alsace et la Corée et le PDG de Lohr affirme, dans Libération du 7 mars, le rencontrer très ouvertement.

M.Kim n'est pas en France un étranger sans-papiers à qui l'administration chipote le droit à une vie normale. Pas du tout ! Toute sa famille a obtenu la nationalité française en 1987 grâce à l'appui d'amis bien placés, Longuet et Chirac, par dérogation - puisqu'il ne parlait pas un mot de français - pour "services exceptionnels rendus à la France".

Dame, il avait ouvert à l'époque une usine, puis deux, puis trois. Le tout grâce aux fonds publics : l'affaire Daewoo a ainsi englouti 68 millions d'euros d'aides publiques pour les usines lorraines, toutes fermées aujourd'hui. 1 100 ouvriers licenciés dont beaucoup sont toujours au chômage. En 1996, Juppé avait même décoré M.Kim de la Légion d'honneur, juste avant de proposer la candidature de Daewoo pour la privatisation-cadeau de Thomson. M. Kim venait d'être condamné, l'année précédente, pour des pots-de-vin versés au président coréen. Bref, cela méritait bien la légion d'honneur !

Des syndicalistes coréens avaient retrouvé sa piste en France il y a 4 ans, dans une villa de milliardaire sur la Côte d'Azur. Voilà qu'il "travaille" comme VRP pour une entreprise alsacienne, le journal l'Humanité laissant entendre qu'il s'agirait en fait de vente d'armes. Mais M. Kim n'a pas trop de soucis à se faire. Comme le dit un homme d'affaires coréen, interrogé par Libération, "il y a une tendance au pardon en Corée". Pardon, voilà un mot qui rime bien avec pognon !