Patients ou vaches à lait ?

Brève
08/12/2006

Saint-Dié (Vosges) - Depuis le mois de juin, à l'hôpital de Saint-Dié, la gestion des postes de télévision et des téléphones dans les chambres est assurée par une société privée, la CODIAM. Les tarifs ont de quoi... rendre malade : 2,5 cts d'euro la minute vers un fixe, passe encore. Mais si quelqu'un appelle le malade, il lui en coûtera 15 cts la minute. Et si le malade appelle un portable, il devra débourser 26 cts d'euro pour 60 petites secondes de communication ! Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? A quand les toilettes payantes J.-C. Decaux dans les chambres d'hôpital ?

Grève et victoire éclair chez Buffa sous-traitant de PSA

Brève
08/12/2006

Mulhouse - 100 € de plus sur le salaire brut, une prime de doublage de 40 €, une prime mensuelle d'objectif de 30 € et 1 % de hausse des salaires dans trois mois... voilà ce qu'ont obtenu les travailleurs de Buffa, une entreprise sous-traitante de PSA qui alimente les sites de Mulhouse et de Sochaux. Le tout a été obtenu par une grève éclair d'une journée ! Commencée lundi 17, l'équipe du matin avait bloqué les 2 sites - Ottmarsheim et Seloncourt - les revendications ont été obtenues dans l'après-midi.

C'est PSA qui a fait pression sur Buffa - où les salaires sont au niveau du Smic - pour qu'il desserre les cordons de la bourse. Il faut dire que les sites de Mulhouse et Sochaux menaçaient d'être paralysés par la grève de ce sous-traitant qui stocke des pièces indispensables à la production des voitures. Depuis le 5 octobre, les travailleurs - 80 - et leurs syndicats avaient prévenu la direction de leur ras-le-bol. Ils réclamaient 150 € alors que les payes sont de moins de 1 000 € nets pour un travail en équipe et 38 heures et demi hebdomadaires.

La victoire des travailleurs de Buffa est un encouragement. Après la grève d'ENCI à Mulhouse, elle témoigne du fait qu'il est possible de faire céder le patronat. Il a plus besoin de notre travail que nous ne l'imaginons parfois.

Comment Renault augmente ses profits

Brève
08/12/2006

Batilly (Meurthe-et-Moselle) - À l'usine Sovab de Batilly - 3000 salariés produisent pour Renault les fourgonnettes Master et les petits camions Mascott - la direction a décidé d'augmenter les cadences sans changement majeur dans l'organisation du travail, et, surtout, sans nouvelle embauche. L'augmentation représente au final pour Renault un gain de 5 secondes sur la sortie de chaîne de chaque Master. Pas grand-chose ? Si la direction gagne ainsi environ 7 véhicules par jour. Sans débourser le moindre centime. Elle avait déjà fait le coup en mai dernier, et elle comptait remettre le couvert d'ici la fin de l'année.

D'ailleurs, la direction a eu le culot de prétendre que l'augmentation de la vitesse des chaînes de quelques secondes, ça ne se sentirait pas ! Il n'y a que des directeurs, les fesses bien calées dans leur fauteuil, pour prétendre cela. Mais sur les chaînes, les augmentations de cadences bousillent articulations et tendons pour que Renault-Nissan fasse de plus gros bénéfices : Renault vient d'annoncer un nouveau record de bénéfices pour le premier semestre de 2005 : 52 % de hausse et 2,2 milliards d'euros ! Un record qui succède à un record, lui-même succédant à un record...

Cette nouvelle hausse des cadences a provoqué plusieurs débrayages, les 9 et 10 septembre derniers, au Montage puis en Tôlerie. Quelques dizaines de travailleurs y ont participé, en particulier des jeunes pour qui il n'était pas question de travailler plus sans aménagement des postes de travail et donc sans effectif supplémentaire. Soutenus par l'ensemble des syndicats, les débrayages ne se sont pas étendus au reste de l'usine, même si le mécontentement est profond. Inquiète de ces débrayages, la direction a fait appel à des intérimaires pour soulager les postes les plus chargés et dans les secteurs les plus combatifs. Un encouragement à ne pas se laisser faire.

Les ouvriers de TRW freinent l’appétit du patron

Brève
08/12/2006

Bouzonville (Moselle) - Dans un premier temps, le couteau sous la gorge, les travailleurs de TRW à Bouzonville avaient voté à 82 % pour les propositions de la direction, approuvées par les syndicats. L'alternative proposée était l'annulation de tous les acquis sociaux, en particulier la suppression des 14 jours de RTT ou 300 licenciements, la fermeture à terme.

En mai, CGT et FO se sont finalement retirés. Ils ont refusé l'accord final proposé par la direction. Nouveau vote : l'accord a été rejeté par 54 % du personnel. Il ne s'appliquera donc pas. Le chantage de la direction était particulièrement grossier. L'usine de Bouzonville est largement bénéficiaire, mais d'autres usines du groupe TRW Automotive (60 000 salariés) le sont davantage. D'où la volonté de rabioter les salaires de ceux de Bouzonville pour faire encore plus de bénéfices.

Dans une note affichée mercredi après-midi dans l'usine, la direction amplifie ses menaces "le choix exprimé par la majorité d'entre vous annule les efforts déployés pour pérenniser le site de Bouzonville" et d'annoncer "les investissements sont stoppés avec effet immédiat." Il est évident qu'elle prépare un sale coup... dont elle va rendre responsable le personnel qui a osé dire NON à des propositions scélérates.

Basse vengeance contre le personnel : la direction a indiqué qu'elle ne prendrait pas de vacanciers comme prévu, 90 % sont des enfants des salariés. Preuve qu'un grand groupe peut être bien petit.

Suppressions d'emplois : le profit est toujours en cause

Brève
08/12/2006

Lorraine - Les délocalisations d'usines vers des pays pauvres seraient responsables de moins de 2 % des suppressions d'emplois industriels, affirment deux chercheurs de l'INSEE. Certes, de Ronal à Barental, nous savons bien qu'elles existent mais, même quand il s'agit de vraie délocalisation, c'est la recherche du profit qui en est toujours la cause.

Tous les responsables politiques cherchent à faire peur avec les délocalisations parce qu'aucun ne veut s'en prendre au droit suprême des patrons de faire du profit, quitte à saccager des régions entières. Et aucun ne revendique d'aligner les législations sociales vers le haut et d'imposer un salaire minimum, au moins au niveau européen. C'est le profit qui est responsable de 100 % des suppressions d'emplois. Mais 100 % des hommes politiques qui nous gouvernent depuis 20 ans refusent de le remettre en cause.