Gare de Strasbourg

Irresponsabilité sur toute la ligne

Brève
18/03/2020

La gare de Strasbourg

En ce qui concerne les mesures de protection des travailleurs, c’est un euphémisme de dire que la direction SNCF de la gare de Strasbourg a été lente à réagir.

C’est mardi matin seulement qu’elle a consenti à fermer les guichets suite au fait que des intérimaires aient essayé d’exercer leurs droits de retrait. Au technicentre, il aura fallu que deux ouvriers tombent malades pour qu’elle commence à réfléchir à rationnaliser l’emploi des agents et demande à la majorité de rentrer chez eux, laissant sur place les seuls agents d’astreinte. Sur les quais, les agents d’escale se sont enfin vus proposer des masques. À la conduite ou au contrôle, il a fallu insister pour obtenir gel et lingettes désinfectantes et il n’y en a pas eu pour l’ensemble des agents en service.

Mais en termes de négligence et de mépris, les travailleurs des entreprises sous-traitantes sont particulièrement concernés. Comme à Onet ou Derichebourg, où il n’y a pas de consignes, pas de matériel à disposition, et même les plus anciens avec des problèmes d’asthme ont dû venir travailler.

Côté paie, là aussi, la direction de la SNCF, dans certains chantiers, n’a pas hésité à demander aux cheminots de prendre sur leurs congés.  Et certaines primes liées au fait que conducteurs et contrôleurs doivent dormir hors de chez eux ne seront  ni versées ni compensées.

Pour les différents patrons de la gare, la santé de leurs affaires passe avant celle des travailleurs.

Après le premier tour des élections municipales

Le camp des travailleurs, l'affirmation d'un courant minoritaire certes mais bien vivant

Brève
16/03/2020

Nous remercions les 818 électeurs qui ont voté pour les 5 listes « Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs » en Alsace : 155 à Colmar, 108 à Ensisheim, 232 à Mulhouse, 111 à Schiltigheim et 212 à Strasbourg.

En votant pour les listes Lutte ouvrière, présentes dans 240 villes à l'échelle du pays, les électrices et les électeurs du monde du travail ont pu exprimer leur rejet des partis au gouvernement et leur refus des partis d’opposition qui convoitent leur place. Les uns comme les autres ont en commun de préserver l’ordre social fait pour enrichir toujours plus ceux qui sont déjà riches de l’exploitation de leurs salariés et pour pousser vers la pauvreté ceux qui ne possèdent rien sauf leur capacité de travail. Lorsqu’ils sont à la tête de l’État, les uns comme les autres gouvernent au profit de la classe privilégiée.

Le vote des électeurs de Lutte ouvrière est un geste politique important pour l’avenir. Il témoigne de la présence, dans un certain nombre de villes, d’un courant politique qui conteste la dictature du grand capital et qui est convaincu qu’il est nécessaire de la renverser. Ce courant reste modeste, mais sa présence est un gage pour la renaissance d’un mouvement ouvrier révolutionnaire.

Le seul moyen d’empêcher le capitalisme en crise d’entraîner toute la société dans sa faillite est que renaisse le mouvement ouvrier révolutionnaire, pour combattre jusqu’au bout le pouvoir de la grande bourgeoisie et de son État. La société ne peut pas éviter la plongée dans la barbarie en continuant à être guidée par la course au profit des plus riches, qui s’oppose aux intérêts les plus élémentaires de la collectivité.

L’épidémie de coronavirus elle-même, que les hommes finiront par maitriser, met en lumière les ravages de l’organisation capitaliste de la société. En France comme dans de nombreux pays, la course à la rentabilité et aux économies affaiblit depuis de longues années le système hospitalier au point de l’asphyxier. Il est de moins en moins à même de faire face à ses tâches ordinaires et, à plus forte raison, à l’imprévu.

Le gouvernement réduit aujourd’hui les activités sociales et éducatives. Mais, dans l’industrie, par exemple dans l’automobile, les chaînes de production continuent de tourner, au mépris de la santé des salariés qui prennent les transports et sont regroupés, parfois à plusieurs milliers, pour le profit de Renault, PSA ou Toyota. On manque de masques, de gel hydro-alcoolique, de respirateurs, mais il faut produire des voitures ! Ce mépris de classe provoquera peut-être l’explosion sociale.

La crise boursière découlant de l’agitation spéculative des groupes financiers, est une menace plus grave encore que le coronavirus. Elle est l’expression de la faillite du système économique et social actuel.

La renaissance d’un mouvement ouvrier révolutionnaire, indispensable pour combattre et vaincre la dictature du capital, n’est pas une affaire électorale. Elle exige l’irruption des exploités sur la scène politique.

Lutte ouvrière fait appel à tous ceux qui se sont reconnus dans la politique qu’elle a défendue, pour qu’ils apportent leur contribution à ce que le « camp des travailleurs » se donne un parti qui représente ses intérêts de classe et qui se donne pour but l’émancipation de la société.

 

Strasbourg

Mobilisation à l'université

Brève
06/03/2020

Manifestation à l'université de Strasbourg

Jeudi 5 mars, partis du campus universitaire de Strasbourg, près d’un millier de chercheurs, d’enseignants-chercheurs et d’étudiants ont manifesté contre la loi pluriannuelle de programmation de la recherche. Cette loi prévoit entre autres d’aggraver la précarité des jeunes chercheurs en encourageant toujours plus le recours aux contractuels, et de diminuer le financement de base des laboratoires publics qui seront mis de plus en plus en concurrence entre eux pour accéder à des financements ponctuels.

Pourtant avec le crédit impôt-recherche, le gouvernement consacre plus de 6 milliards d'euros par an à financer des entreprises privées, ce qui représente deux fois le budget du CNRS.

Dans ce domaine aussi l'État détruit ce qui est utile et même essentiel à la société au profit des grandes entreprises capitalistes qui n'ont comme seule priorité la recherche... de leur profit.

PSA

Derrière la prime, l'exploitation

Brève
29/02/2020

Année après année, PSA bat des records de bénéfices : près de 3,7 milliards de profits en 2019, c'est quatre fois plus qu'il y a 6 ans.  

Et si les médias ont largement insisté sur la prime qui sera versée aux travailleurs du groupe, ils ont été moins prolixes au sujet des dividendes versés aux actionnaires. Pendant que les salaires des ouvriers de PSA seront revalorisés d'à peine 1,6% cette année (70 centimes de plus par jour pour un salaire de 1 300 €), les actionnaires se partageront, eux, une somme en augmentation de... 58 % !

La famille Peugeot augmente ainsi sa fortune en intensifiant l'exploitation des travailleurs, par des suppressions d'emplois, la multiplication des contrats précaires et l'augmentation des cadences. 

Cette prime, ce sont les travailleurs qui l'ont suée sur les chaînes de production, ce n'est certainement pas un cadeau du patron !

 

Élections municipales

Louise Fève, cheminote, tête de liste à Strasbourg

Brève
20/02/2020

"J’ai 39 ans et je suis cheminote contractuelle en gare de Strasbourg depuis trois ans. Avant j’ai connu différents emplois dans la restauration, le social ou encore à l'hôpital.

J'ai participé récemment à deux grèves importantes : celle du printemps 2018 contre la réforme du pacte ferroviaire, et celle contre la réforme des retraites. Lors de cette dernière grève reconductible de décembre-janvier, avec mes camarades de travail, nous nous sommes organisés collectivement et nous décidions de tout en Assemblée générale en vote à mains levées. Nous avions la conviction que nous devions nous adresser à tous, cheminots, contractuels, intérimaires, salariés du public comme du privé. Un comité de grève élu était chargé de mettre en œuvre toutes nos décisions et d'organiser des actions. Nous nous sommes rendus devant les hôpitaux, les usines, aux barrières des péages, sur les parkings de supermarché, partout où nous pouvions toucher d'autres travailleurs.

Durant ces 50 jours de grève, nous avons donc pu tisser des liens précieux avec des militants d’autres secteurs du monde du travail, de la métallurgie, de la grande distribution, de l’éducation... Beaucoup de mes collègues grévistes ont vu à travers ce mouvement que, comme nous étions attaqués sur les retraites en tant que travailleurs, et pas seulement en tant que cheminots, c’était l’ensemble du monde du travail, dans toute sa diversité, qui devait riposter.

Et, n’en déplaise à Macron et Philippe, le mouvement de contestation n’est pas terminé !

Si aujourd’hui je conduis, avec d'autres, la liste de Lutte ouvrière à Strasbourg, c’est notamment pour que puisse s’exprimer cette conscience que nous, les travailleurs des différents secteurs, nous ne formons qu’une seule et même classe ouvrière aux intérêts opposés à ceux des capitalistes que les gouvernements défendent. Et pour affirmer que, pour défendre nos intérêts, il faudra nécessairement en passer par des luttes sociales puissantes et déterminées. Collectivement, nous en avons la force !"