L'Alsace : Géraud Ferry : un courant de lutte révolutionnaire
Géraud Ferry, candidat aux législatives dans la circonscription d'Altkirch/Huningue pour Lutte Ouvrière. Photo Nicole Grentzinger
Géraud Ferry est candidat à l'élection législative dans la troisième circonscription du Haut-Rhin sous la bannière de Lutte Ouvrière. Âgé de 38 ans, il a pour suppléant Michel Thirode, de Sochaux.
Géraud Ferry place sa candidature dans la suite de la présidentielle et défend le programme de Nathalie Arthaud. « Il est important que le courant communiste révolutionnaire s'exprime par le choix de candidats qui ne s'inscrivent pas dans le programme capitaliste, explique le candidat. Ce n'est pas aux classes populaires de payer les conséquences de la crise. Nous ne sommes pas d'accord pour rembourser la dette faite au profit des grands groupes industriels et des banques. Le courant communiste révolutionnaire existe dans les quartiers et dans tout le pays. »
Géraud Ferry n'a pas de programme propre à lui. Dans la circonscription d'Altkirch/Huningue, où il affrontera huit autres candidats, il veut être le porte-parole de ceux menacés par le licenciement, des chômeurs et de ceux dont le pouvoir d'achat est en baisse. « Tout ceci n'est pas un problème local e il n'y a pas de solutions locales. Nous, on se fera les interprètes des travailleurs face aux problèmes locaux. Le problème des travailleurs est le même ici : c'est le problème des patrons. Et celui-là est le même partout », faisant référence à la suppression récente des emplois chez Lufthansa.
Lutter comme en 1936
« Il n'y a que la force commune des travailleurs pour s'imposer. On présente un programme de lutte qui doit faire son chemin dans les têtes. » Et de citer les luttes « suffisamment puissantes de 1936, quand les salariés ont obtenu deux semaines de congés payés sans même les demander ou en 1936. Il faut organiser des grèves pour s'imposer face au patronat ».
Géraud Ferry défend donc davantage des idées que sa candidature elle-même dans ces élections, « surtout au vu des résultats » de la présidentielle dans le secteur. « Il est important que le courant communiste révolutionnaire s'exprime aussi dans ces élections législatives pour que les travailleurs, les exploités, ne soient pas contraints de choisir entre des candidats qui, avec des nuances de langage, acceptent ou justifient l'ordre social existant. »
« On donne la possibilité de voter à chacun selon sa conviction. » Mais où se trouve alors le vote utile dans une circonscription qui a toujours voté RPR ou UMP ? « Lors de la présidentielle, les électeurs, ceux qui pourraient voter LO, ont voté utile au premier tour pour se débarrasser de Sarkozy ». Et le Front de gauche alors ? « Le Front de gauche ne se positionne pas sur le même terrain que nous. » Le candidat LO est aux côtés de ceux « qui pourraient faire mettre le programme en route : les travailleurs. Être communiste révolutionnaire, ça va de soi, c'est être dans la lutte. On se doit d'être sur le terrain-là avec ses collègues de travail et tous ceux qui ne veulent pas se résigner : les Clariant, Peugeot cycles à Dannemarie... Il faut que l'ensemble des travailleurs réalise que la situation est commune à tous et qu'il faut une force collective pour lutter. La menace les touche tous, un jour. Il faut faire comprendre à tous les travailleurs que la lutte est partout. Tous peuvent être touchés un jour ou l'autre. Il faut donc mettre en place des mesures contraignantes pour sauvegarder l'emploi et les salaires ».
Géraud Ferry prône l'inscription de l'interdiction de licencier dans la loi. « Et qu'elle soit mise en application ».
Pas de réunion publique
Géraud Ferry ne fera pas de grande réunion publique. « On distribuera des tracts devant les entreprises. On fera des réunions de quartiers. Dans les bistros. Des réunions improvisées autour de ceux qui veulent discuter avec nous ».
Pour le deuxième tour, Géraud Ferry ne donne pas de consignes de vote. Du moins pas encore. Il le fera, en fonction des résultats et des directives de son parti. Donner une majorité au gouvernement ou faire face aux luttes à venir ? Telle est la question que se pose le candidat. « On ne fera pas l'économie des luttes. Il y aura toujours le pouvoir de l'argent qui continuera de faire la pluie et le beau temps. Sous Sarkozy et sous Hollande. Le président des riches a été contraint de partir. M ais le nouveau président n'est pas pour autant le président des pauvres. Le parti socialiste, majoritaire au sénat, vient d'obtenir la présidence de la République. Et il est en campagne pour obtenir la majorité à l'Assemblée nationale. Il occupera donc tous les rouages électifs des institutions du pays. Mais les classes populaires ne tarderont pas à constater que les socialistes ne sont pas plus capables de juguler la crise qu'ils ne sont décidés à défendre les salariés contre le grand capital ».
Propos recueillis par Nicole Grentzinger
© L'alsace, Mardi le 22 Mai 2012
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