DNA : Gilles Schaffar, candidat de Lutte ouvrière : « Il n'y a pas de fatalité »
Gilles Schaffar (ici avec sa suppléante Danièle Arnaud), est candidat pour Lutte ouvrière aux législatives à Colmar.
Gilles Schaffar se présente aux législatives dans la 1 re circonscription du Haut-Rhin pour Lutte ouvrière (LO). La campagne est l'occasion pour le mouvement révolutionnaire de critiquer le système capitaliste. L'interdiction des licenciements et un SMIC à 1700 EUR figurent parmi ses priorités.
Enseignant dans un lycée professionnel de Mulhouse, Gilles Schaffar se présente dans la circonscription de Colmar avec comme suppléante Danièle Arnaud, kinésithérapeute retraitée de la Sécurité sociale. Tous les deux prolongent le « programme de lutte, et pas électoral », que Nathalie Arthaud a défendu lors de la présidentielle.
Indexation automatique des salaires sur les prix
« Nous tenons à ce que les électeurs puissent s'exprimer avec un vote communiste que nous sommes les seuls à porter », expliquent-ils sans se faire la moindre illusion sur l'élection de François Hollande.
S'il comprend les raisons pour lesquelles « la classe populaire a voulu voir partir Nicolas Sarkozy », Gilles Schaffar n'en voit aucune pour épargner le nouveau chef de l'État. « La crise est supportée pour l'essentiel par les salariés qui n'ont que leur travail pour vivre. Un gouvernement ne va rien changer, fut-il de gauche », estime le candidat qui voit dans le Parlement une « chambre d'enregistrement pour les classes dirigeantes ». Pourquoi dès lors briguer un poste de député, fonction qui s'inscrit dans un système qu'on condamne ? « Les mouvements révolutionnaires ont toujours utilisé les élections pour exprimer leur critique du système capitaliste », répond Gilles Schaffar. Pas question non plus pour Lutte ouvrière de « laisser le monopole de l'opposition au FN, parti qui défend les intérêts de la classe dirigeante ».
Pour « inverser le cours de choses », Lutte ouvrière défend trois grands principes : l'interdiction des licenciements, l'indexation automatique des salaires sur les prix, la répartition du travail entre tous sans perte de salaire. « Les grandes entreprises, qui réalisent des profits, vont commencer à annoncer des plans de licenciements après avoir respecté la trêve électorale », assure Gilles Schaffar, qui complète les mesures proposées par le salaire minimum à 1 700 EUR et l'embauche massive de l'État dans les services publics (hôpitaux et écoles).
Gilles Schaffar et Danièle Arnaud mènent une campagne de terrain, au centre-ville de Colmar et dans les quartiers Ouest. Ils vont aussi à la rencontre des travailleurs de Timken, Liebherr et Behr France. « Les ouvriers colmariens et alsaciens vivent la même situation que dans le reste du pays », expliquent le candidat. « Ils ont le pouvoir de changer les choses et de montrer qu'il n'y a pas de fatalité. »
« L'irresponsabilité et l'avidité de la classe dirigeante »
Si des députés LO devaient rentrer à l'Assemblée nationale en juin prochain, ils seraient les « yeux et les oreilles des travailleurs » dans les institutions, remarque Gilles Schaffar. L'occasion aussi pour eux de « dénoncer de l'intérieur » leur fonctionnement. En attendant, Lutte ouvrière reste persuadée que le changement viendra de « luttes sociales de très grande ampleur provoquées par l'irresponsabilité et l'avidité de la classe dirigeante ».
Franck Buchy
© Dna, Jeudi le 17 Mai 2012 / Colmar
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