DNA :  Haguenau Législatives : lancement de la campagne de Lutte ouvrière « Nous sommes à contre-courant »

Article de presse
22/05/2012

Des militants de la Lutte ouvrière en discussion avec une passante, mercredi matin dans le centre de Haguenau.

Neuf militants de Lutte ouvrière (LO) ont soutenu mercredi 16 mai leur candidat aux législatives pour la 9e circonscription du Bas-Rhin, Georges Dizdarevic, dans les rues marchandes de Haguenau.

Les militants distribuent à qui veut bien « Le journal d'Arlette Laguiller » -- ici, on s'en tient aux valeurs traditionnelles. Les passants s'arrêtent, discutent un instant, puis repartent, certains, trop pressés ou trop peu intéressés, évitent à tout prix l'interaction. « Il y a beaucoup d'indifférence, confie Georges Kvartskhava, l'un des militants et ancien soixante-huitard, on ne dirait pas que l'élection présidentielle vient d'avoir lieu. Il n'y a pas d'enthousiasme, pas de motivation pour le changement ! ». L'homme parle « d'un niveau de conscience très bas » et ajoute : « C'est la première fois que je vois aussi peu d'enthousiasme dans les rues ! ». Au fatalisme et à la désillusion générale, s'ajoute la tendance politique alsacienne. « On sent quand même que l'on est dans une région majoritairement de droite », confie le militant.

Marc Baud-Berthier, professeur d'histoire et candidat dans une circonscription de Strasbourg, s'engage également aux côtés de Georges Dizdarevic ce mercredi, et raconte : « On rencontre beaucoup de gens qui subissent le chômage, mais aussi la précarité malgré le travail. Il y en a de plus en plus qui sont révoltés et choqués de leurs mauvaises conditions de vie ». Lutte ouvrière fait de l'interdiction des licenciements et de l'échelle mobile des salaires « un problème vital de la classe ouvrière ». « Là, on est sur la même longueur d'ondes avec les gens », rapporte Marc Baud-Berthier.

Un parti à « contre-courant »

Georges Dizdarevic, lui aussi en pleine distribution de tracts, dresse le portrait de la situation actuelle de son parti : « La présidentielle nous a montré que nous étions à contre-courant. On le sentait déjà dans nos activités politiques quotidiennes ». Même si au niveau national, on observe un regain de jeunes recrues militantes, « les membres de LO dans la circonscription se comptent sur les doigts d'une main ». Il y a cinq ans, Georges Dizdarevic a totalisé seulement 0,71 % des voix lors des législatives.

« Nous ne nous faisons pas d'illusions », dit-il. Selon lui « les gens sont conscients de la nécessité d'un changement, mais n'y sont pas prêts ». Pour qu'il y ait un vrai changement, « il faut attendre les circonstances propices, et ce n'est pas encore le cas », affirme M. Dizdarevic, « mais les choses changent vite, et nous gardons espoir ». L'objectif principal du candidat à court terme ? « Réaffirmer notre position communiste et semer les graines pour que la population se saisisse de notre programme ».

Méfiance à l'égard de Hollande

Pour marquer leur méfiance à l'égard du candidat socialiste, François Hollande, et de sa capacité à « s'attaquer au monde financier », les militants de Lutte ouvrière ont voté blanc au second tour de la présidentielle. « Hollande ne nous protégera pas des licenciements », s'exclame les militants en choeur, « tout simplement parce qu'il n'a pas le pouvoir de le faire ». Le pouvoir étant « entre les mains des banquiers, gros actionnaires et autres capitalistes de ce monde », la solution, selon la Lutte ouvrière, doit venir de « la réunion de l'ensemble des travailleurs et de leur prise de contrôle sur les comptes financiers ».

La distribution de tracts s'est terminée juste à temps pour éviter l'averse. « Il doit y avoir un Dieu pour les communistes révolutionnaires », s'amuse l'un des militants.

Lisa Crinon

© Dna, Mardi le 22 Mai 2012 / Région

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