Élections municipales Gilles Schaffar (Lutte ouvrière) :  La voix des travailleurs

Article de presse
16/03/2014

Absente en 2008, Lutte ouvrière présente une liste aux élections municipales de Colmar. Conduite par Gilles Schaffar, elle entend « faire entendre le camp des travailleurs » et « ne pas laisser à la droite et à l'extrême droite le monopole de la contestation » contre le gouvernement et le patronat.

Dernière arrivée, première inscrite. Absente des élections de 2008, Lutte ouvrière (LO) a créé la surprise cette année en présentant une liste aux élections municipales à Colmar. Comme à Ensisheim, Mulhouse, Strasbourg et Schiltigheim. « Pour faire entendre les exigences des travailleurs face à la bourgeoisie et à ses serviteurs politiques », explique le parti trotskiste. En 2001, la liste LO avait obtenu 3,87 % à Colmar.

« L'abstention, c'est ne rien dire »

C'est Gilles Schaffar qui conduit cette fois-ci la liste colmarienne (lire ci-contre). Celle-ci se compose de « militants et sympathisants LO », « révoltés et pas démobilisés ». La crise a facilité la constitution de la liste, reconnaît sa tête, qui voit une autre explication au fait que l'extrême gauche ait réussi à réunir le nombre de candidats suffisants, contrairement au Front de gauche.

« Lutte ouvrière ne peut pas créer de désillusion à partir du moment où nous sommes sans illusion quant aux résultats d'une élection et que nous affirmons que sans les luttes ouvrières rien ne pourra changer. Nous ne cherchons pas non plus à rentrer dans le jeu politicien. Cette forme de vérité a plu », reconnaît l'enseignant.

La présence de LO aux élections municipales colmariennes tient à la taille de la ville et « la population ouvrière » qui y vit. « Il n'y a pas de raison que les travailleurs n'utilisent pas les élections pour faire part de leurs revendications », argumente Gilles Schaffar. « Voter à droite, c'est vouloir revoir Nicolas Sarkozy. Voter PS, c'est dire qu'on est content de la politique de François Hollande. Quant à Bertrand Burger, il représente directement le monde patronal. »

« On reproche à nos axes de campagne l'absence de teneur locale », poursuit la tête de liste. « Mais il est clair que les préoccupations locales passent largement derrière des préoccupations nationales comme le chômage, les salaires insuffisants, le coût de la vie, les licenciements... » Il relève qu'il s'agit du premier scrutin depuis l'élection du président de la République socialiste : « C'est le moment de dire tout le mal qu'on pense de sa politique. L'abstention, c'est ne rien dire ».

« Les entreprises ne sont pas philanthropiques »

Si LO considère que « les travailleurs ont intérêt à voter », elle ne croit pas que les élections puissent changer la société. Ce qui ne l'empêche pas d'être présente dans les grandes villes où le contexte est plus politique, « à l'image de la société ». « Dans les agglomérations, le PS et l'UMP sont solidaires des gouvernements qui se succèdent et cherchent à favoriser l'intérêt des possédants », relève Gilles Schaffar.

« Les entreprises ne sont pas philanthropiques ; leur préoccupation n'est pas de donner du travail aux gens mais de faire du profit, et quand celui-ci est insuffisant, elles ferment leurs portes et partent », dit le militant, conscient que « les conseillers municipaux LO n'auraient qu'une influence insuffisante pour changer ça ». Dans ce contexte, il voit les élus trotskistes comme « les yeux et les oreilles des ouvriers » au sein des assemblées, capable d'informer et de mobiliser « les travailleurs et les plus pauvres ».

Porte-voix des ouvriers, LO profite également de ces élections locales pour défendre ses trois grandes revendications : l'interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous sans perte de salaire et l'échelle mobile des salaires, c'est-à-dire l'indexation des revenus sur l'inflation et la cherté de la vie.

« Tant que le patronat gagnera, il continuera de jouer. La classe possédante mène une guerre contre le monde du travail ; nous devons nous battre collectivement », conclut Gilles Schaffar, pour qui le combat passe aussi par Colmar.

Franck Buchy

© Dna, Dimanche le 16 Mars 2014 / Colmar

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