L'Alsace : LO : « Montrer qu'il existe une opposition ouvrière »
Nathalie Arthaud, porte-parole national de LO,
hier après-midi à Mulhouse.
Une trentaine de militants ou sympathisants trotskistes ont assisté à la conférence de presse donnée hier après-midi, à Mulhouse,par Nathalie Arthaudet Claire Rocher.
La première est porte-parole nationale de Lutte ouvrière (LO), la seconde, tête de liste du parti d'extrême-gauche dans le Grand Est, pour les élections européennes du 25 mai... Et sans surprise, l'une comme l'autre en ont après l'Union européenne, en tout cas dans sa forme actuelle. Les institutions européennes ? « Bâties pour et par la bourgeoisie, juste pour favoriser ses affaires !, tempête Nathalie Arthaud. S'il y a une chose qui est unifiée en Europe, c'est bien le fait que les ouvriers sont exploités. L'Europe d'aujourd'hui est entièrement dévouée aux industriels et aux financiers et ça, nous le dénoncerons. »
Des institutions« bourgeoises »
« Il faudrait être naïf pour penser que ces européennes vont changer quoi que ce soit au sort des travailleurs, mais il est néanmoins vital de se mobiliser, renchérit Claire Rocher, infirmière au CHU de Dijon. Tous les travailleurs d'Europe subissent la guerre qui leur est menée. Les gens comme moi ont donc tout intérêt à se prendre en main, car après tout, ce sont eux qui font tourner le monde et la société... »
Le ton est donné. Si LO n'attend rien de cette Union européenne « bourgeoise », ces élections européennes demeurent une tribune commode pour cogner sur la politique hexagonale de François Hollande et du gouvernement Valls. D'ailleurs, « ce sont les mêmes, politiquement et physiquement, à Paris et Bruxelles, reprend Nathalie Arthaud. Regardez Pierre Moscovici, qui sera peut-être bientôt commissaire européen. Aujourd'hui, c'est clair, le PS gouverne contre les ouvriers, contre les travailleurs. Ceux qui sont sur ses listes font fausse route » Voilà pour le compte d'Édouard Martin, ancien syndicaliste CFDT des hauts fourneaux d'Arcelor-Mittal à Floran-ge, désormais tête de liste socialiste dans cette même circonscription du Grand Est...
Conclusion de Nathalie Arthaud : « Face aux attaques du patronat et du gouvernement, le pire serait de ne rien dire, de laisser croire que la seule opposition existante dans ce pays est celle de la droite et de l'extrême-droite. Il est important, au contraire, de montrer qu'il existe une opposition ouvrière ! » Un message que Lutte ouvrière compte bien marteler de nouveau le 11 mai prochain, à l'occasion d'un meeting de campagne organisé à Strasbourg.
Emmanuel Delahaye
© L'alsace, Dimanche le 27 Avril 2014
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