DNA :  Lutte ouvrière en campagne : Pour faire entendre le monde du travail

Article de presse
24/05/2012

Gilles Schaffar, candidat aux législatives, en pleine distribution de tracts devant chez Timken, à Colmar.

Candidat pour Lutte ouvrière (LO) dans la première circonscription du Haut-Rhin, Gilles Schaffar s'est livré à une séance de tractage hier à Colmar, accompagné de sa suppléante.

Le temps est gris mais au moins « il ne pleut pas », se réjouit Danièle Arnaud, la suppléante. C'est l'heure du changement d'équipe chez Timken. Les salariés vont et viennent. Postés devant l'entrée principale, le duo tend ses tracts à tous ceux qui passent. « On est contre les licenciements, pour l'échelle mobile des salaires [augmenter les salaires en fonction de l'augmentation des prix, N.D.L.R.] », explique patiemment Danièle Arnaud. « Nous sommes présents pour faire entendre les exigences du monde du travail », répète le candidat.

Qu'ils entrent ou sortent de l'usine, la plupart des salariés les remercient d'un mouvement de tête poli en empochant la feuille. « Je la lirai ce soir », explique cet homme de 26 ans, en passe de prendre son poste, sans cacher son scepticisme envers les partis politiques. Justement. LO tient à s'en démarquer. Eux appellent à la lutte : « le jour où les gens se regrouperont dans la rue, ça changera », assure Gilles Schaffar.

«On sent les ouvriers démoralisés»

Ils militent pour une politique à faire « soi-même et collective. » C'est possible, expliquent-ils, piochant leurs exemples de l'histoire : les congés payés, les « cinq millions de travailleurs en grève en 1968... » Quant aux législatives, le mouvement révolutionnaire les voit comme le moyen de donner « du poids aux revendications vitales des classes populaires.é

Encore installé sur le siège passager, cet autre ouvrier déposé par l'un de ses amis entame un débat avec Danièle Arnaud. Elle veut le convaincre de l'utilité du combat. « Quand on est petit, on reste petit », répond-il, un brin fataliste. « On sent les ouvriers démoralisés, constate la suppléante. Ils ne se sentent pas eux-mêmes de faire quelque chose. » « Il y a de la résignation. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de la combativité à venir », est persuadé Gilles Schaffar.

Une meilleure répartition du travail, un Smic à 1 700 euros... Le candidat et sa suppléante poursuivent la présentation de leur programme. « Je vote à Sélestat », s'excuse un homme. « Il y a aussi des candidats à Sélestat, sourit Gilles Schaffar, qui rappelle que «la situation dans les entreprises est la même partout. »

D'ici le 10 juin, ils poursuivront leur campagne sur le terrain, avec la tenue probable d'une réunion publique au courant de la semaine prochaine. Après une heure de tractage, les allées et venues se calment. Gilles Schaffar et Danièle Arnaud comparent les tracts toujours en leur possession. D'après leur estimation, ils en ont écoulé 300. « Ce n'est pas si mal », commente le candidat.

M.B.

© Dna, Jeudi le 24 Mai 2012 / Colmar / Droits de reproduction et de diffusion réservés