DNA : Nathalie Arthaud (LO) « Un programme de lutte »
Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière à l'élection présidentielle, mercredi à Mulhouse : «Ceux de la classe populaire qui votent Marine Le Pen font fausse route.»
Candidate de Lutte ouvrière (LO) à l'élection présidentielle, Nathalie Arthaud a défendu mercredi à Mulhouse son programme « pour les luttes à venir » : interdiction des licenciements, partage du travail, suppression du secret des affaires.
Le visage a changé, pas le discours. Les « travailleurs, travailleuses » d'Arlette Laguiller reviennent comme une ritournelle dans la bouche de Nathalie Arthaud, candidate de LO à l'élection présidentielle. Elle a entamé mercredi à Mulhouse une série de quarante meetings à travers le pays pour proposer « une politique toute autre pour les ouvriers ».
« Ceux qui voient dans Marine Le Pen un sauveur suprême se trompent. Elle veut aller à la mangeoire comme les autres », balance la « communiste révolutionnaire » de 41 ans, professeur d'économie dans un lycée de Seine-Saint-Denis. Elle met droite et gauche dans le même panier. « Le PS ne veut rien imposer à la bourgeoisie », dit-elle en épargnant le seul Philippe Poutou, candidat du NPA. « Nous parlerons ensemble. »
En attendant, celle qui répète qu'« on ne change pas la société par les élections », veut transformer la campagne présidentielle en caisse de résonance à un « programme des luttes à venir » qu'elle estime être « la seule » à présenter. « Si on veut lutter contre le chômage et préserver nos conditions d'existence, il faut inverser le rapport de force entre la classe ouvrière et le patronat. » Comment ? En encourageant les travailleurs à « se battre », répond Nathalie Arthaud, en reconnaissant que « ça peut paraître difficile ».
L'autre soir, la porte-parole de LO a développé trois points de son programme : l'interdiction des licenciements collectifs, le partage du travail par l'allégement des cadences ou la diminution du temps de travail et la suppression du secret des affaires. « La variable d'ajustement ne doit pas être les salariés mais les profits », dit-elle.
D'où son refus de voir les ouvriers « subir le chantage de la dette » : « La grande bourgeoisie et les banquiers ont été protégés par l'État pendant la crise, ils s'en sortent. La dette de l'État, c'est la dette de la bourgeoise, les travailleurs n'ont pas à la payer. »
Franck Buchy
© Dna, Vendredi le 09 Septembre 2011 / Région
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