DNA :  Nathalie Mulot Lutte Ouvrière : « Pas de fatalité »

Article de presse
18/05/2012

Nathalie Mulot, candidate de LO dans la 6e circonscription du Haut-Rhin.

Nathalie Mulot défendra les couleurs de Lutte Ouvrière dans la 6e circonscription du Haut-Rhin. Sans illusion sur le résultat, mais avec un objectif : populariser ses revendications afin de préparer un vrai changement social.

Âgée de 35 ans, Nathalie Mulot est archiviste à la m2A. Militante au sein de Lutte Ouvrière depuis 1997, la Mulhousienne n'en est pas à sa première campagne : elle s'était présenté lors des dernières législatives dans la 3e circonscription du Haut-Rhin. Elle avait recueilli 0,78 % des voix. Cinq ans plus tard, c'est dans une 6e circonscription remaniée qu'elle se présente, avec pour suppléant le postier Frédéric Curien.

Son programme pour la circonscription ? Il poursuit celui qu'avait développé Nathalie Arthaud lors de sa campagne pour les présidentielles, les problèmes rencontrés en Alsace n'étant pas foncièrement différents de ceux que connaît le reste de la France : « Un travail, un salaire, c'est ce qui est aujourd'hui vital, explique Nathalie Mulot. Ça veut dire des mesures contraignantes envers le patronat, l'interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous les travailleurs disponibles, l'augmentation générale des salaires et des pensions, et leur indexation sur les prix ».

Une exigence de transparence

Favorable à la revalorisation du SMIC à 1 700 EUR, la candidate prône aussi le libre accès des salariés aux comptes de leur entreprise, ainsi que la levée des secrets bancaires et industriels. Objectif : redonner le pouvoir aux travailleurs. « L'idée est qu'il n'y a pas de fatalité et qu'on peut réorganiser la société sur une autre base que celle des profits. Il faut une gestion collective des moyens de production, et une production qui soit fonction des besoins de la population, et non pas des marchés ».

Les élections, une tribune plus qu'une solution ?

Les militants de Lutte Ouvrière n'en font pas mystère : ils ne croient pas en la possibilité de changer les choses par la seule voie des urnes, le changement devant nécessairement en passer selon eux par des mouvements sociaux, comme en 1936 ou en 1968. Mais ces élections restent un levier : « C'est qu'on veut, c'est populariser ce programme de lutte, ces revendications » reprend Nathalie Mulot, qui assure que leurs propositions ont rencontré un écho favorable auprès de nombreux électeurs lors de la campagne présidentielle, même si la plupart leur ont aussi avoué qu'ils voteraient pour d'autres partis. Lesquels ? S'ils ne regretteront pas Nicolas Sarkozy, Nathalie Mulot et ses camarades estiment que l'élection de François Hollande ne changera pas la réalité d'un pouvoir restant aux mains du patronat et des banquiers. Dénonçant le leurre d'un Front National poursuivant des objectifs « totalement opposés aux intérêts des travailleurs », et qu'il faut combattre par tous les moyens, le parti trotskiste n'est pas tendre non plus avec les autres formations de la gauche du PS : « Pour moi, il n'y a pas d'autre formation que LO qui lève le drapeau de la révolution sociale » conclut Nathalie Mulot, qui en appelle au vote de conviction plutôt qu'au vote utile.

Lutte Ouvrière prévoit de mener ces prochaines semaines une campagne militante avec notamment des réunions de quartier, mais aussi des distributions de tracts dans la rue et devant les entreprises.

© Dna, Vendredi le 18 Mai 2012 / Mulhouse

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