DNA : Pour les travailleurs
Nathalie Arthaud veut «l'interdiction des licenciements, la hausse des salaires et des prestations retraite».
Parmi les 23 listes qui s'opposeront dans la circonscription Est pour les européennes du 25 mai, Lutte ouvrière est évidemment présente. Pas pour siéger au Parlement européen, mais pour faire entendre la voix des travailleurs... et leur rappeler son existence.
Les listes classées à gauche ne manqueront pas aux prochaines européennes. Du PS au NPA en passant par le Front de gauche ou Nouvelle Donne, les partis qui arborent les nuances du rouge partent même en ordre extrêmement divisé.
Parmi eux, Lutte ouvrière ne compte pas laisser passer le scrutin. Ou plutôt la campagne. Une bonne occasion de « dire tout le mal qu'on pense du gouvernement », explique la tête de liste pour l'Est Claire Rocher, 35 ans, infirmière au CHU de Dijon. « Les élections peuvent servir à lever le drapeau de la défense des travailleurs. Ça compte plus que la couleur ou l'orientation qu'aura le Parlement européen », poursuit-elle.
À côté d'elle, la porte-parole du mouvement Nathalie Arthaud, présente à Strasbourg ce dimanche pour une rencontre avec les militants, ne dit - évidemment - pas autre chose. « Il faut mettre en valeur les travailleurs, leurs problèmes, leurs exigences. Ce n'est pas la valeur de l'élection elle-même qui nous stimule : ce scrutin ne changera rien, le Parlement est surtout consultatif », affirme-t-elle. Le fait qu'il ait depuis 2008, par exemple, le pouvoir de rejeter des traités internationaux comme il l'a fait il y a 2 ans avec ACTA lui importe peu : « Le Parlement européen, c'est l'affaire de la bourgeoisie. Et puis il n'a même pas été capable d'autoriser l'avortement dans toute l'Europe », répond-elle. Ce n'est en effet pas dans ses prérogatives : l'IVG, tout comme le mariage gay par exemple, font partie des compétences strictement nationales.
« Nous, ce qu'on veut, c'est faire la révolution »
Les fauteuils bleus de l'hémicycle de Strasbourg, Claire Rocher ne s'y voit pas du tout. Son élection, considère-t-elle, tient même « de la politique-fiction ! » Même l'espoir que Nathalie Arthaud, candidate à l'élection présidentielle de 2012 et cette fois tête de liste LO à Paris, prenne la suite d'Arlette Laguiller au Parlement européen (la voix historique de LO a été tête de liste aux Européennes dès 1979 et eurodéputée de 1999 à 2004) est lui aussi infime.
Mais, insiste Nathalie Arthaud, « c'est un combat politique et il n'y a pas de raison pour que les travailleurs ne montrent pas qu'ils existent. Nous voulons rappeler que nous voulons l'interdiction des licenciements, la hausse des salaires et des prestations retraite, et le contrôle des travailleurs sur les grands groupes capitalistes. » Avec toujours en ligne de mire le mode d'action privilégié du mouvement : « Nous, ce qu'on veut, c'est faire la révolution. »
Alors, dira-t-elle un instant plus tard devant ses militants strasbourgeois, « il est temps de lever ce drapeau pour que, le jour où ils se lèveront, les travailleurs puissent se rallier à lui ». Même au milieu de 23 listes, LO tient à rappeler qu'elle existe.
Anne-Camille Beckelynck
© DNA, Mardi 13 mai 2014
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