Cliniques du groupe Bordeaux-Nord Aquitaine

La santé... mais d'abord celle des profits

Brève
07/05/2020

La crise du Covid n’est pas terminée que les actionnaires des cliniques du groupe Bordeaux-Nord Aquitaine ont fait le calcul des pertes de chiffre d’affaire que cela leur a couté. Le groupe Bordeaux nord Aquitaine, un groupe qui détient six cliniques et un Ephad dans l’agglomération, donne à son personnel le chiffre alarmiste de 70 % de baisse de chiffre d’affaire pendant le confinement, du fait du report des activités hors-Covid.

En réalité, ils pleurent la bouche pleine car l’État, dès les premiers jours de la crise Covid, a rassuré les actionnaires des cliniques en garantissant leurs ressources à hauteur de ce qu’elles touchaient de la caisse d’assurance maladie l’année dernière.

Et cette crise arrivait dans un ciel serein puisque, avant la crise, les comptes du groupe étaient au vert. Pour la seule clinique Bordeaux-Nord, l’une des plus importantes du groupe, qui compte 1100 salariés et 200 médecins, la direction annonce 1,3 millions d’euros de bénéfice pour 2019 et une hausse du chiffre d’affaire de 5 %.

Après avoir volé des jours de rtt et des récupérateurs aux salariés, après en avoir mis une partie en chômage partiel en les privant d’une partie de leurs salaires, la direction générale du groupe a annoncé cette semaine qu’il n’y aurait pas d’augmentation de salaires pour les soignants et a même proposé en pleine crise du Covid de mettre en place une prime d’assiduité, minable et conditionnelle, pour le personnel en logistique, un secteur qui comprend les agents de service, les ouvriers d’entretien et les agents de restauration.

Non seulement les salariés de la clinique ne se sont pas ménagés pendant les semaines où la menace du Covid était partout, et ont été exposés, quel que soit leur poste, mais pour tout remerciement, on claque la porte à leurs revendications de salaire. Les travailleurs devront compter sur leurs mobilisations pour défendre leurs intérêts. Et ils devront imposer leur contrôle sur ces entreprises pour faire de la santé autre chose qu'une machine à faire du fric.

L'égoïsme sans limite de la bourgeoisie

Brève
05/05/2020

"Coronavirus : l'appétit phénoménal des investisseurs pour l'or" titrait le journal économique "Les Echos" cette semaine.

Selon ce journal, dans les premières semaines de la crise sanitaire, le cours de l'once d'or a augmenté de 9%, signe que la demande était forte - pas de la part des joailleries, ni de l'industrie des portables qui sont à l'arrêt partout- de la part des ETF (fonds d'investissement) adossés à l'or !

On le voit la première préoccupation de la grande bourgeoisie qui prospère dans la finance, ce n'est pas de "sauver l'économie" c'est de mettre ses dividendes au chaud !

Entreprise de nettoyage de la région bordelaise

Les profits pour le patron, les risques pour les travailleurs

Brève
01/05/2020

Dans une entreprise de nettoyage de la banlieue de Bordeaux, le patron a renvoyé les salariés chez eux dès le début du confinement. Non pas pour protéger leur santé, mais bien pour faire des économies.  

D’abord, les employés renvoyés n’ont touché aucun salaire. Ensuite trois jours après, il a fait appel à des travailleurs sous statut d’auto-entrepreneurs. Pour se dédouaner de toute responsabilité, il leur a fait signer une lettre dans laquelle chacun déclare que c’est « de son plein gré et de son initiative » qu’il prend ce contrat et qu’il est « pleinement conscient des risques encourus ». Quant au matériel de protection, il a précisé que c’est à eux de se les procurer à leurs frais. Et s’ils n’en avaient pas, ce n’était pas important pour lui du moment qu’ils signaient la lettre de décharge.

Pour le patron, c’est tout bénéfice : grâce au tour de passe-passe de l’auto-entrepreneur, il a à sa disposition des salariés qui travaillent pour lui, sans avoir à dépenser le moindre centime pour assurer leur sécurité !

 

 

Limoges (Haute Vienne)

Quand c’est un patron qui le dit …

Brève
28/04/2020

Fabrication d'une chaussure Weston

Tous les jours, les médias parlent des entreprises qui se mettent à fabriquer des masques.

A Limoges, le patron de Weston a déclaré la semaine dernière qu’il est facile d’adapter les machines à piquer le cuir pour fabriquer des masques alternatifs car « "nous avons des artisans de talent qui connaissent parfaitement leurs machines. Le principe, en terme de fonctionnement, est à peu près le même. »

Voilà, en une phrase, un patron qui dit deux vérités. Premièrement, dans l’immédiat, il serait très facile de réorganiser la production pour répondre à l’urgence sanitaire. Deuxièmement, parce que ce sont eux qui font tout, les ouvriers sont les plus aptes à réorganiser l’économie pour satisfaire tous les besoins de la population.

S’en suit une évidence : il est urgent de revendiquer la réquisition des moyens de production.

CHU de Bordeaux

CHU de Pellegrin, ça craint

Brève
27/04/2020

Comme partout dans les hôpitaux, le personnel soignant du CHU de Pellegrin a rapidement manqué de protection et a déploré un changement incessant des protocoles médicaux. Ceux-ci étaient changés au jour le jour en fonction des stocks disponibles. Un jour, le port des gants était obligatoire, le jour suivant ça ne l’était plus. Pour les masques FFP2, on disait aux soignants qu’ils étaient de rigueur, et maintenant on leur dit que le masque chirurgical suffit.

Concernant les surblouses jetables, il y a une telle pénurie qu’on leur demande de les laver, au risque qu’elles se désintègrent. Au niveau des tests, ils effectuent 250 tests par jour et ils comptent passer à 2500 tests/jour d’ici le 11 mai. Un chiffre qui reste encore insuffisant si on le rapporte à tous les besoins pour tester correctement la population de la région. Rien que les hopitaux de Bordeaux comptent plus de 12000 agents et pour l’instant ils ne sont pas dépistés.

La semaine dernière à l’hôpital Pellegrin, il y avait 156 soignants malades dont 76 cas avérés et 80 suspicions avec des symptômes. Un chiffre sous-estimé et qui ne fait que monter. Un triste reflet des carences des autorités de santé et de l’État face à l’épidémie, dont le personnel a pâti, dans le public comme dans le privé.