Ford Blanquefort

L'Etat avalise les licenciements

Brève
05/03/2019

Lundi 4 mars, l’État, par l’intermédiaire de la DIRECCTE, a validé le PSE présenté par Ford, autorisant donc celui-ci à licencier les 870 travailleurs de FAI et condamnant dans la foulée des centaines de prestataires et sous-traitants.

Le budget du PSE se monterait à 165 millions d’euros, ce que la presse patronale, genre Challenge, a traduit par le fait que les salariés toucheraient chacun 190 000 euros. C’est un mensonge. En réalité, toute une partie du PSE est destinée à payer les cabinets de reclassements et les organismes de formation plus ou moins bidon qui accompagneront les licenciés vers Pôle emploi. Seulement quelques dizaines seront reclassés sur l’usine GFT, voisine de FAI. Et un tiers des travailleurs de l’usine partirait en pré-retraite avec 70% du salaire brut à condition d’être à 7 ans de la retraite. Pour les autres, plus de la moitié des 870 travailleurs, c’est le chômage. Ford ose vanter les conditions de départ de son PSE. Mais les primes de départ légales et extra-légales, qui sont fonction de l’ancienneté, représentent deux à trois ans de salaire, congés de reclassement compris, bien loin des 190 000 euros dont parle Challenge ! Ces indemnités sont donc peu de choses, car à l’issue du reclassement, ce qui attend la plupart des licenciés, c’est Pôle emploi et pour longtemps.

En donnant son aval au PSE, l’État a montré à tous que, conformément à sa nature, il ne s’opposerait pas à Ford. Il n’y a que la force des travailleurs mobilisés collectivement qui puisse imposer de meilleures conditions de départ, que ce soit pour obtenir plus d’argent, 200 000 euros pour tous au minimum comme certains le mettent en avant maintenant, ou pour imposer la garantie d’un emploi, quel que soit l’employeur.

Gironde

Macron et Ford : le cynisme partagé

Brève
02/03/2019

(c) Sud Ouest

En déplacement à Bordeaux le 1er mars, Macron a dénoncé le « véritable cynisme » de la multinationale qui a décidé de licencier 850 travailleurs et qui a refusé, deux fois, une offre de reprise partielle du site par une entreprise spécialisée dans la casse industrielle, Punch.

Macron plaide en fait sa cause. « Les élus et les services de l’État se sont battus » dit-il. Mais ils ne sont battus que pour soutenir cette offre de reprise partielle de l’usine, dont il était de notoriété publique qu’elle n’avait aucune chance d’aboutir, Ford ne voulant pas s’engager à lui sous-traiter une partie de la production alors qu’il se réorganise à l’échelle mondiale. Ainsi l’offre de Punch a-t-elle surtout servi à dédouaner le gouvernement tout en semant l'illusion que l'Etat allait faire quelque chose pour les travailleurs…

Qu’ils soient de Ford comme de n’importe quelle entreprise, les travailleurs ne peuvent pas compter sur l’État pour défendre leur peau. Ils ne peuvent compter que sur le rapport de forces qu’ils sauront imposer, aux capitalistes comme au gouvernement.

Ford Blanquefort

Défendre sa peau

Brève
02/03/2019

Comme le plan social de Ford se monterait à près 200 millions d’euros, la presse capitaliste aux ordres s’empresse de conclure que les licenciés toucheront chacun 200 000 euros. C’est un mensonge. Entre les primes de licenciements légales et extra-légales et les départs en pré-retraite à 70% du brut, certains toucheront la moitié de cette somme, c’est-à-dire moins de trois ans de salaire, et pour beaucoup, beaucoup moins. La différence ira dans les poches des cabinets d’expertise, de ceux qui blablateront sur la revitalisation du site et des organismes de formation bidon qui occuperont un temps les futurs chômeurs.

Depuis les années 70 que Ford est à Blanquefort, il a tiré de l’exploitation des ouvriers de l’usine des milliards de bénéfices. Ceux d’entre eux qui veulent lui faire payer leur peau le plus cher possible ont raison. Comme ont raison aussi ceux qui veulent la garantie de conserver un emploi, quel que soit le patron. Ces revendications ne sont pas contradictoires. Elles ne s’obtiendront que sur la base de la crainte qu’inspirera la mobilisation de l'ensemble des travailleurs.

Gironde

Juppé et son parachute doré

Brève
02/03/2019

Le 1er mars, jour de sa démission de la mairie de Bordeaux, Juppé s’est offert une sortie en grande pompe, une sortie dont le point d’orgue fut sans aucun doute son entretien « personnel » avec Macron, à qui il doit son reclassement doré au Conseil constitutionnel, et l’hommage publique qu’il lui a rendu devant toutes les télés et la presse nationale…

Ce grand commis de l’État n’est donc pas oublié des siens. Qu’ils soient politiciens de droite ou de gauche, grands patrons locaux, professionnels du vin, tous font son éloge. Mais les travailleurs n’ont pas oublié de Juppé qu'il est un homme de la bourgeoisie, premier ministre droit dans ses bottes responsable de la remise en cause de la Sécurité sociale en 1995, et que si le ravalement des façades bordelaises a rendu la ville plus jolie, plus attrayante et le commerce florissant, la vie n’est pas plus facile dans les quartiers populaires.

Gironde

CAF : c'est la lutte

Brève
16/02/2019

A la CAF de la Gironde, les employés  en ont ras-le-bol,  de leurs conditions de travail,  des salaires qu’on leur paye. Ils sont mobilisés depuis la journée de grève interprofessionnelle et intersyndicale dans la Sécurité Sociale le 29 janvier 2019. Le matin du jeudi 14 février, ils étaient un groupe impressionnant rassemblé devant le siège, à Bordeaux-Lac.

La diminution des effectifs est telle que la Caf 33 connaît un retard jamais connu jusque-là. La plateforme téléphonique est saturée par les appels de réclamation.  Pour avoir le temps de traiter les dossiers en retard, les accueils du public sont de plus en plus fréquemment fermés. La récente décision de Macron d’élargir les bénéficiaires de la prime d’activité n’a fait que rajouter une tâche de plus en urgence. 

Ce qui a révolté les employés, c’est de découvrir que la Caf 33 avait dégagé l’an passé un excédent budgétaire de plus de 300 000 euros économisés sur leur dos. Donc ils revendiquent d’avoir des rémunérations décentes. Ils viennent d’apprendre que la Sécurité Sociale s’est décidée à leur payer une prime « bas salaires » de … 70 € bruts.  N’étant pas des pigeons, ils ne sont pas disposés à se satisfaire de miettes. La lutte continue.