A Alain Juppé, la bourgeoisie reconnaissante

Brève
15/02/2019

 

En annonçant qu’il allait quitter la mairie de Bordeaux pour le Conseil Constitutionnel, Juppé avait des sanglots dans la voix. Pour lui qui avait, quand même, été condamné par la justice pour les malversations de la mairie de Paris, qu’il soit nommé à la plus haute institution disant la loi, c’est un beau cadeau de départ à la retraite.

Mais les bons serviteurs font partie de la famille,  la bourgeoisie a toutes les indulgences. Macron vient de lui donner sa médaille pour service rendu. 

Le départ de Juppé est déploré par le tout Bordeaux, paraît-il. On y a déjà pleuré beaucoup… pour cause de gaz lacrymogènes ces dernières semaines. Les prolétaires en « gilets jaunes »  condamnés pour avoir battu le pavé devant le Palais Rohan, la mairie de Bordeaux, n’auront certainement pas droit à la même indulgence que Juppé.

Lycée Elie Faure, (Lormont – Gironde)

Des enseignants mobilisés contre les conséquences de la réforme du Lycée

Brève
05/02/2019

Fin janvier, les personnels du Lycée Élie Faure de Lormont ont appris que la dotation horaire (l’enveloppe des moyens alloués annuellement à l'établissement pour organiser l'ensemble des cours) devrait baisser de plus de 200 heures par rapport à celle de l'année dernière !

Dans le contexte de la réforme Blanquer du Lycée, réalisée avec l'objectif d'économiser des moyens, les enseignants s’attendaient à une baisse mais pas dans ces proportions. 200 heures, c'est 10 ou 11 postes d'enseignants en moins. Du jamais vu à Élie Faure, ce qui annonce une vraie dégradation des conditions d’accueil et d’enseignement pour les lycéens et des mutations pour les enseignants.

La direction a tenté de rassurer les enseignants en argumentant qu'il s'agirait surtout de mutations volontaires et de départs en retraite non remplacés. Mais bon nombre d’enseignants ont choisi ce lycée. Il y aura donc forcément des mutations forcées. Et les collègues contractuels pourraient perdre purement et simplement leur emploi.

Les enseignants ont tenu plusieurs AG, certaines avec leurs collègues du lycée voisin les Iris. Ils ont participé à la grève du 5 février et manifesté devant le Rectorat de Bordeaux. Le recteur est jusque-là aux abonnés absents mais le fait de se montrer mobilisés et en AG quasi quotidiennes a d’ores et déjà incité la hiérarchie directe, surprise par la réactivité et la colère des enseignants, à tenter d'obtenir quelques moyens supplémentaires auprès du Rectorat.

De l'UMP au RN : un même panier de crocodiles

Brève
09/01/2019

L'ancien député UMP de Gironde Jean-Paul Garraud et l'ancien ministre Thierry Mariani ont annoncé qu’ils seront sur la liste de Le Pen aux prochaines élections européennes.

Garraud a déclaré : « Les valeurs du RPR d'hier sont celles du RN d'aujourd'hui ». Mariani lui avait déjà dit : « Marine Le Pen représente la véritable alternative ». Ils auraient pu ajouter, en coeur « ... pour relancer ma carrière ».

Ces transfuges montrent qu’il n’y a aucune frontière entre la droite et l’extrême droite qui s’accommode volontiers de vieux briscards du système. Ce sont des opportunités de carrières qui commandent les choix des uns comme des autres.

Fermeture de Ford : la dictature du capital

Brève
14/12/2018

Ford a annoncé jeudi le rejet du plan de reprise du site de Blanquefort près de Bordeaux et sa fermeture définitive pour août 2019. Le constructeur automobile sacrifie donc sur l’autel de ses profits 900 emplois directs, 3000 avec les emplois induits. Ce groupe qui a fait 7 milliards de dollars de profits en 2017 veut faire plus, en réorganisant à l’échelle du globe sa production. C’est inacceptable.

Le gouvernement, par la bouche du ministre Le Maire, crie à la trahison. C’est se moquer du monde. Pendant des semaines, il a voulu faire croire qu’un projet de reprise était possible, qu’il fallait pour cela accepter des baisses de salaires, de perdre des jours de RTT, et qu’il fallait attendre et compter sur des subventions publiques, et lui faire confiance… En fermant l’usine, Ford montre où est le vrai pouvoir, chez les propriétaires de capitaux, chez les actionnaires.

Pour mettre fin à cette dictature, les travailleurs ne pourront compter que sur leur mobilisation collective.

Bordeaux

Violences et provocations policières

Brève
10/12/2018

Samedi 8 décembre, c’est une véritable marée humaine de gilets jaunes, d’étudiants, de lycéens, de travailleurs qui a envahi le centre ville de Bordeaux. Près de 10 000 manifestants, trois ou quatre fois plus que le 1er décembre, se sont dirigés avec difficulté vers la mairie, devant contourner un à un les barrages mis en place par la police. Arrivés sur les lieux vers 15h30, alors que le comportement des manifestants n’avait rien de violent, la police a décidé de noyer la place sous les lacrymogènes pour la vider. Les manifestants, considérant qu’ils étaient venus pour protester et manifester, et que personne n’avait à le leur interdire, n’ont pas voulu lâcher le terrain et ont reculé pas à pas, dressant des barrages dans les rues où les autorités voulaient les disperser. Pendant des heures, les lacrymogènes et les tirs de grenade de désencerclement se sont succédés. Un jeune homme y a perdu une de ses mains. L’attitude de la police volontairement provocatrice a choqué tous ceux qui participaient à la manifestation. Le maire Juppé utilise les dégradations et les quelques actes de vandalisme qu’il y a eu pour dire qu’il y a d’autres moyens que la manifestation, réclamant que l’ordre soit « défendu avec la plus grande détermination ». Il ose aussi dire que les lycéens sont manipulés. D’ici à ce qu’il réclame l’interdiction de toute manifestation… Quoi qu’il en soit, samedi 15 décembre, nombreux sont ceux qui sont déterminés à redescendre dans la rue.