Manifestation des hospitaliers à Bordeaux

« Notre colère ne restera pas confinée »

Brève
28/05/2020

Mardi 26 mai, plus de 300 personnes se sont rassemblés devant le CHU de Pellegrin à l’appel de l’Intersyndicale de l’hôpital. Beaucoup de soignants, de Pellegrin, de Perrens et de Saint André, étaient présents avec des banderoles et des pancartes dénonçant les attaques contre la Santé. De nombreux manifestants de toutes professions s’étaient joints au rassemblement pour marquer leur solidarité.

Plusieurs soignants sont intervenus au micro pour dénoncer les conditions de travail pendant le pic de l’épidémie : « On a manqué de tout, de lits, de matériels, de médicaments ». « On a fait avec des masques périmés ». « On a été rationnés en masques, en surblouses ». Ils ont dénoncé la politique contre l’hôpital menée par les gouvernements successifs depuis des années, politique qui a conduit à la catastrophe sanitaire actuelle. Ils ont répété n’être pas dupes des promesses du gouvernement actuel et de son « Ségur de la Santé ». La médaille ou le jour en hommage des soignants apparaissent pour ce qu’ils sont, une insulte pour tous les hospitaliers. Quant à la prime, ils réclament 1 500 € pour tout le personnel hospitalier, quels que soient sa catégorie, l’hôpital ou la région où ils exercent. Mais, plus que la prime, ce sont de réelles augmentations de salaire qu’ils revendiquent : 300 € pour tous !

Un premier rassemblement réussi !

Pyrénées-Atlantiques

Hôpital de Pau : le jour d’après sera comme celui d’avant

Brève
19/05/2020

On apprend qu’à l’hôpital de Pau la prime Covid-19 prévue pour les soignants ne serait pas de 1500 euros comme dans d’autres établissements de la région mais de 500 euros seulement. L’hôpital a pourtant été mobilisé comme nombre d’autres dans la gestion de la crise.

Le versement de cette prime est déjà dérisoire au regard des besoins criants des hôpitaux mais qu’elle puisse encore être diminuée montre bien tout le mépris du gouvernement pour les soignants malgré tous les propos mielleux qu’il leur a adressé.

Cliniques du groupe Bordeaux-Nord Aquitaine

La santé... mais d'abord celle des profits

Brève
07/05/2020

La crise du Covid n’est pas terminée que les actionnaires des cliniques du groupe Bordeaux-Nord Aquitaine ont fait le calcul des pertes de chiffre d’affaire que cela leur a couté. Le groupe Bordeaux nord Aquitaine, un groupe qui détient six cliniques et un Ephad dans l’agglomération, donne à son personnel le chiffre alarmiste de 70 % de baisse de chiffre d’affaire pendant le confinement, du fait du report des activités hors-Covid.

En réalité, ils pleurent la bouche pleine car l’État, dès les premiers jours de la crise Covid, a rassuré les actionnaires des cliniques en garantissant leurs ressources à hauteur de ce qu’elles touchaient de la caisse d’assurance maladie l’année dernière.

Et cette crise arrivait dans un ciel serein puisque, avant la crise, les comptes du groupe étaient au vert. Pour la seule clinique Bordeaux-Nord, l’une des plus importantes du groupe, qui compte 1100 salariés et 200 médecins, la direction annonce 1,3 millions d’euros de bénéfice pour 2019 et une hausse du chiffre d’affaire de 5 %.

Après avoir volé des jours de rtt et des récupérateurs aux salariés, après en avoir mis une partie en chômage partiel en les privant d’une partie de leurs salaires, la direction générale du groupe a annoncé cette semaine qu’il n’y aurait pas d’augmentation de salaires pour les soignants et a même proposé en pleine crise du Covid de mettre en place une prime d’assiduité, minable et conditionnelle, pour le personnel en logistique, un secteur qui comprend les agents de service, les ouvriers d’entretien et les agents de restauration.

Non seulement les salariés de la clinique ne se sont pas ménagés pendant les semaines où la menace du Covid était partout, et ont été exposés, quel que soit leur poste, mais pour tout remerciement, on claque la porte à leurs revendications de salaire. Les travailleurs devront compter sur leurs mobilisations pour défendre leurs intérêts. Et ils devront imposer leur contrôle sur ces entreprises pour faire de la santé autre chose qu'une machine à faire du fric.

Entreprise de nettoyage de la région bordelaise

Les profits pour le patron, les risques pour les travailleurs

Brève
01/05/2020

Dans une entreprise de nettoyage de la banlieue de Bordeaux, le patron a renvoyé les salariés chez eux dès le début du confinement. Non pas pour protéger leur santé, mais bien pour faire des économies.  

D’abord, les employés renvoyés n’ont touché aucun salaire. Ensuite trois jours après, il a fait appel à des travailleurs sous statut d’auto-entrepreneurs. Pour se dédouaner de toute responsabilité, il leur a fait signer une lettre dans laquelle chacun déclare que c’est « de son plein gré et de son initiative » qu’il prend ce contrat et qu’il est « pleinement conscient des risques encourus ». Quant au matériel de protection, il a précisé que c’est à eux de se les procurer à leurs frais. Et s’ils n’en avaient pas, ce n’était pas important pour lui du moment qu’ils signaient la lettre de décharge.

Pour le patron, c’est tout bénéfice : grâce au tour de passe-passe de l’auto-entrepreneur, il a à sa disposition des salariés qui travaillent pour lui, sans avoir à dépenser le moindre centime pour assurer leur sécurité !

 

 

CHU de Bordeaux

CHU de Pellegrin, ça craint

Brève
27/04/2020

Comme partout dans les hôpitaux, le personnel soignant du CHU de Pellegrin a rapidement manqué de protection et a déploré un changement incessant des protocoles médicaux. Ceux-ci étaient changés au jour le jour en fonction des stocks disponibles. Un jour, le port des gants était obligatoire, le jour suivant ça ne l’était plus. Pour les masques FFP2, on disait aux soignants qu’ils étaient de rigueur, et maintenant on leur dit que le masque chirurgical suffit.

Concernant les surblouses jetables, il y a une telle pénurie qu’on leur demande de les laver, au risque qu’elles se désintègrent. Au niveau des tests, ils effectuent 250 tests par jour et ils comptent passer à 2500 tests/jour d’ici le 11 mai. Un chiffre qui reste encore insuffisant si on le rapporte à tous les besoins pour tester correctement la population de la région. Rien que les hopitaux de Bordeaux comptent plus de 12000 agents et pour l’instant ils ne sont pas dépistés.

La semaine dernière à l’hôpital Pellegrin, il y avait 156 soignants malades dont 76 cas avérés et 80 suspicions avec des symptômes. Un chiffre sous-estimé et qui ne fait que monter. Un triste reflet des carences des autorités de santé et de l’État face à l’épidémie, dont le personnel a pâti, dans le public comme dans le privé.