Sud Ouest - Agen :  « Je propose un programme de lutte, pas de gouvernement »

Article de presse
12/12/2011

La candidate Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, a présenté son programme devant les militants, samedi.

Elle a le sourire inébranlable de ceux qui ont leurs convictions chevillées au corps. Nathalie Arthaud, candidate Lutte ouvrière (LO) à l'élection présidentielle, était à Agen, samedi. Elle a présenté son programme, « un programme de lutte, pas de gouvernement », martèle la candidate d'extrême gauche. « C'est important d'aller voter, mais cela ne suffit pas. »

L'enseignante en économie et gestion dans un établissement de Seine-Saint-Denis sillonne le pays depuis quelques mois, profitant « de ce temps d'avant-campagne pour aller à la rencontre des militants ». Et surtout faire connaître son programme.

« Bras de fer »

Trois axes y sont développés. « L'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous les bras disponibles sans baisse de salaire ; l'indexation, pour les retraites, sur les prix et non plus sur les salaires. Et enfin, supprimer le secret des affaires pour avoir la possibilité de dire où va l'argent des profits des entreprises », détaille la candidate. Un seul objectif à ce programme : « Se préparer à un bras de fer contre ceux qui nous amènent dans le mur. » Loin d'être naïve ou utopiste, Nathalie Arthaud ne lâche rien sur cette profession de foi. Et revendique haut et fort ce « programme de lutte » qui, d'après elle, devrait récolter sans problème les 500 signatures nécessaires : « Nous sommes légitimes sur ce terrain. »

Et quand on lui parle du désamour de la classe ouvrière pour les partis de gauche et d'extrême gauche, elle répond par « le désaveu des partis de gouvernement et le fait que les ouvriers soient déboussolés par les promesses qui leur ont été faites ». Quant à l'engouement supposé des ouvriers pour l'extrême droite, « je n'y crois pas. Tout le monde sert la soupe à Marine Le Pen : de Claude Guéant, qui accuse les immigrés de tous les maux, à Montebourg et ses attitudes anti-allemandes, sans oublier Mélenchon qui accuse la Chine d'inonder l'Europe de marchandises. C'est odieux et c'est une tromperie. »

Les meetings de campagne de l'héritière d'Arlette Laguiller ne repasseront pas par Agen. Elle sera à Toulouse le 30 mars et à Bordeaux le 12 avril. Mais les militants lot-et-garonnais continuent leurs actions dans les rues d'Agen. « Nous allons simplement à la rencontre des gens, qui se montrent réceptifs », explique Guillaume Perchet, porte-parole régional. Prochain rendez-vous le 26 janvier dans les rues d'Agen.

Anne Gresser

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