Sud Ouest Béarn et Soule : Trois questions à Nathalie Arthaud
Sud Ouest Béarn et Soule
Lundi 12 septembre 2011, p. Béarn et Soule
Recueilli par Jean-Jacques Nicomette
TROIS QUESTIONS À... NATHALIE ARTHAUD
Candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle, présente samedi à Pau
1 En dépit des effets de la crise et des mouvements des indignés, ne constatez-vous pas une résignation des gens ?
On sent surtout que les gens prennent des coups et que, depuis trois ans, cela devient dur pour eux. Avec le chômage, les salaires bloqués, l'explosion des prix, et les 8,2 millions de pauvres recensés par l'Insee en France.
De son côté, le gouvernement explique, en cette rentrée, que cela sera encore pis et qu'il faudra continuer à faire des sacrifices. Il existe une pression, un chantage, pour que les travailleurs se résignent.
Nous militons pour que ces derniers soient bien conscients qu'il faut relever le gant, et qu'il y a une possibilité de se battre. C'est indispensable et légitime.
Dans cette crise, les riches ont été protégés, à travers les niches fiscales, les exonérations... Or l'argent est là. Les caisses patronales sont pleines. Si le gouvernement a des problèmes avec la dette, qu'il présente la note à la bourgeoisie et aux grands industriels.
Nous espérons que l'indignation va se transformer en révolte. L'alternative, ce sont les luttes, des mouvements sociaux puissants, une explosion sociale.
2 Quelles actions préconisez-vous ?
Des mesures doivent être prises comme l'expropriation des banquiers, qui sont responsables de l'une des plus grandes crises du capitalisme, et la fusion des banques en un grand établissement de crédit surveillé par les travailleurs.
Nous demandons aussi l'interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous sans perte de salaire et la suppression du secret des affaires. Que l'on dise aux gens ce qui va à la spéculation, à l'investissement, où est l'argent utile. Cela, afin que les travailleurs puissent dénoncer les mauvais coups qu'on leur porte.
3 Que pensez-vous des propositions faites par le PS ? Par exemple, les 70 000 emplois que François Hollande veut créer dans l'Éducation nationale.
Tous les candidats du PS montrent qu'ils mèneraient une politique très semblable à celle du gouvernement, qui est le premier « licenceur » du pays.
Croyez-vous qu'ils vont empêcher les banquiers de spéculer, ou les usines de fermer ? Ils ne l'ont jamais fait. Ils ne le promettent pas dans leur programme. Et ils ne disent pas comment ils vont faire payer les banques.
François Hollande a mis du temps à découvrir la politique menée par Nicolas Sarkozy. J'ai vaguement entendu parler de sa proposition. Nous, nous pensons que l'on se trouve face à une situation d'urgence qui devient vitale pour des millions de personnes.
© Sud Ouest le 12 septembre 2011