Hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu - Lyon :  La direction pas du tout solidaire des personnels !

Echo d'entreprise
23/03/2020

     L’hôpital est fermé aux visiteurs. Depuis peu, les patients ne peuvent plus sortir dans le parc et sont confinés dans leurs services. Une unité de 12 lits a été ouverte à destination des patients qui seraient positifs au Covid 19.

     Le plan blanc a été déclenché : infirmiers et aides-soignants travaillent 5 ou 6 jours, puis la semaine qui suit sont « en réserve » chez eux, mobilisables à tout moment pour suppléer aux absences. Il a été fait appel aux « jeunes » retraités. Les équipes ASH n’ont pas été renforcées malgré l’augmentation de la charge de travail. Comme partout, le matériel manque cruellement !

     A l’extérieur, des initiatives solidaires à l’égard des hospitaliers se développent de plus en plus : des boulangers livrent le pain et les croissants, d’autres des pizzas, certains se portent volontaires pour garder leurs enfants, les héberger, les applaudissements tous les soirs…

     Contre toute attente, comme le resto du personnel est fermé, la direction a annoncé que pour se nourrir, les personnels doivent apporter leur repas !!! Alors qu’il serait simple de commander quelques repas en plus de ceux des patients. Nous sommes en guerre (6 fois), mais là encore, les soldats sont envoyés au front sans armes (très peu de masques) et qui plus est sans la ration alimentaire !

 

 

 

Renault Trucks (Vénissieux) :  Seule la mobilisation peut protéger les travailleurs

Echo d'entreprise
23/03/2020

     À Renault Trucks, ce n’est qu’à la suite d’arrêts de travail dans les usines de Bourg, Vénissieux et Blainville, au début de la semaine du 16 mars, que la direction avait finalement annoncé la fermeture de tous les sites de production. Mais en fait certains secteurs tournent toujours. C’est le cas à Vénissieux à la Pièce de rechange et aussi à la Fonderie.

     Une délégation de travailleurs est allée interpeller la direction de la PR mercredi 18 pour demander la fermeture du secteur et de ne servir que les pièces urgentes. Car la direction, qui prend prétexte de la nécessité légitime d’assurer un bon fonctionnement des camions transportant du matériel soit pour les services de santé, soit qui approvisionnent la population en nourriture, en profite pour servir toutes sortes de pièces urgentes ou pas. Elle avait promis une diminution des effectifs à partir du lundi 23, il n’en a rien été, bien au contraire : l’effectif a même augmenté avec des intérimaires et des étudiants.

     Ce même lundi, au début de l’équipe du matin, les travailleurs ont eu la surprise de constater que des affichettes étaient placées à l’entrée d’une « zone infectée par le COVID 19 ». Et aux travailleurs qui ont arrêté le travail pour obtenir des explications, la direction et la médecine du travail ont affirmé qu’il y avait peu de risque d’attraper le virus. Il n'y a que par leur mobilisation qu’ils feront passer leur santé et leur vie avant la production et les profits.

Conseil Départemental de Haute-Savoie :  Pour les agents de l’Action sociale, c'est la galère

Echo d'entreprise
23/03/2020

Pour les salariés, qui ont en charge l’accueil du public précaire, l’accompagnement des enfants placés par l'Aide Sociale à l'Enfance, le suivi des femmes venant d’accoucher, les liens avec les bénéficiaires des aides aux personnes âgées et handicapées, la situation était déjà compliquée avant l’apparition du virus, du fait du manque de personnel. Depuis les annonces de Macron, le 12 mars, ils ont dû s'organiser et travailler sans compter pour garder à flot les services.

Dans les services d’aide à domicile, il manquait déjà des aide-ménagères, aides-soignants et infirmiers. Alors, avec ceux qui sont contraints de rester chez eux, les moyens d’intervention sont encore diminués. Pour ceux de la Petite enfance, puéricultrices, infirmières, médecins, dont certains vont à domicile ou font des permanences de vaccination, très peu de masques sont disponibles. Dans un camp de familles roms près d'Annemasse, en plus du Covid 19, une épidémie de rougeole s'est déclarée. Les médecins de la Protection Maternelle et Infantile, volontaires, sont allés faire les dépistages. Alors qu'une commande de 1700 masques n'était toujours pas livrée. C'est dramatique.

De nombreux agents, avec leurs propres téléphones, tentent de maintenir au moins un lien téléphonique avec les personnes et familles accompagnées. Les lignes sont saturées d’appels d’assistantes maternelles, inquiètes d’accueillir sans matériel de protection les enfants des salariés ou de perdre leurs revenus.

Dans les équipes de l’Aide sociale à l’enfance, les éducateurs n'ont aucun masque quand ils interviennent au domicile des familles dont ils font le suivi des jeunes. Mais le confinement de ces jeunes dans les familles, confinées au même endroit, est la plupart du temps très conflictuel, voire explosif. Le travail des professionnels, qui consiste à ce que la situation n'empire pas, est alors très éprouvant.

Les foyers accueillant 7 jours sur 7 les jeunes placés ont dû se réorganiser dans l'urgence : heureusement des éducateurs volontaires se sont proposés pour renforcer les équipes, déjà en sous-effectifs chronique. Mais le confinement individuel des jeunes est impossible, alors qu'il est déjà difficile pour beaucoup d'entre eux en temps normal de rester dans l'établissement, vivre isolés dans leur chambre est impensable.

La situation créée par le Coronavirus accentue le manque de personnel déjà préexistant dans l'accompagnement des personnes précaires et fragiles. Les professionnels ont en mémoire la canicule de 2003 et craignent que les plus isolées d’entre ces personnes soient à nouveau victimes collatérales. Demander des comptes aux responsables de cette situation calamiteuse et imposer la création de postes correctement payés est une nécessité. Et le plus tôt sera le mieux.

Caterpillar (Grenoble et Echirolles) :  Les ouvriers lâchent les chaînes d’assemblage

Echo d'entreprise
22/03/2020

Depuis le début de l’épidémie du coronavirus parti de Chine, Caterpillar a invoqué des difficultés pour s’attaquer aux travailleurs de ses deux usines, à Grenoble et Echirolles.

Il y eut d’abord la pose obligatoire de plusieurs journées RTT au prétexte du manque d’approvisionnement venant de Chine.

Puis, l’épidémie se propageant en France, la direction pris des mesures “barrières” contraignantes pour les travailleurs : suppression des bus de ramassage, fermeture de la cantine et des vestiaires. Il fallait arriver en tenue de travail et repartir sale de l’usine. Pour éviter tout croisement, les équipes étaient décalées d’une heure.

Mais le mardi 17 mars au matin, lendemain des annonces de confinement de Macron, le remous était palpable sur les chaînes d’assemblage des deux usines, où les ouvriers travaillent dans la promiscuité. Sans demande d’autorisation, embauchés, intérimaires, sous-traitants, tous cessèrent spontanément le travail. La direction décida alors la fermeture pour quinze jours et à 10 heures, trois heures avant la fin de poste, les ouvriers quittaient les usines, en chômage partiel.

La direction a réussi à faire l’unité des travailleurs. À se souvenir contre ses prochains mauvais coups !

ST Microelectronics (Agglomération de Grenoble) :  Les puces avant les virus

Echo d'entreprise
22/03/2020

STMicroelectronics est une multinationale qui emploie 46 000 salariés dans le monde, dont 10 000 en France. Cette entreprise fabrique des semiconducteurs utilisés dans les appareils électroniques de la vie quotidienne, les automobiles et les équipements industriels. Rien qui puisse de près ou de loin être utile dans le domaine médical à court terme. 

Sur le site de Grenoble, la plupart des 1 800 ingénieurs du site, sont en télétravail. Quant à la centaine de salariés restants, leur hiérarchie leur demande de venir travailler.

Sur le site de Crolles, où travaillent habituellement 4 000 salariés dont 2 000 en production, les ouvriers encore en poste en salles blanches doivent assurer la production avec 50% de l’effectif, y compris intérimaires et CDD. La direction veut continuer coûte que coûte à produire pour dit-elle “sortir gagnants de cette crise” face à ses concurrents. Elle a proposé 300 euros de prime mensuelle pour un temps plein, réservée aux travailleurs ST, en oubliant au passage ceux de la sous-traitance, du nettoyage, de la maintenance, de la logistique, gardiens, pourtant eux aussi, de la chair à profit.

Quelques mesures ont été prises sur les deux sites, pas de quoi calmer les angoisses : distances de sécurité, gel hydroalcoolique et même des masques type FFP2 qui devraient être fournis dans les jours à venir. Une mesure choquante quand on sait que les hôpitaux en manquent cruellement.

Hormis la CGT, les syndicats CGC, CFDT collaborent et ont signé un accord national avec la direction pour maintenir la production.

Comme l’a dit un travailleur "les salariés vont au front et les friqués sont à l'abri".

Voilà la déclinaison sociale de la guerre dont parle Macron…

Michelin :  Au voleur !

Echo d'entreprise
22/03/2020

Site de La Combaude (Clermont-Ferrand)

Dès lundi, le groupe Michelin avait annoncé la fermeture de ses usines. Mais depuis, c’était silence total sur la façon dont on serait rémunéré.

Finalement, le groupe a annoncé hier ne plus avoir recours au chômage partiel pour l’instant, comme il l’avait dit en début de semaine, et d’imposer aux travailleurs de prendre du 18 au 31 mars – l’équivalent de deux semaines - sur leur 5ème semaine de congés, leur JDR (RTT) et leur CET (Compte Epargne Temps).

Autant de jour de repos que les salariés ne pourront pas prendre quand ils le voudront.

Si la fermeture devait durer en avril, ce serait du chômage partiel payé à 80% au lieu de 70%, la direction dans sa grande générosité rajoutant 10% pour essayer de faire passer la pilule du rabotage actuel des congés payés. Mais ce sera tout de même 10% à 15 % de perte sur le salaire net, sans compter les primes qui sautent aussi. Ce sont encore les travailleurs qui vont y perdre.

Avec un bénéfice record de 1,7 milliard d’euros en 2019, Michelin peut et doit payer l’intégralité des jours de fermetures et ne pas toucher aux congés.

Hospices civils de Lyon :  La bataille pour les masques

Echo d'entreprise
20/03/2020

Une affiche du personnel de l'Hôpital de la Croix Rousse dénonçant le manque de masques

Au Groupement Hospitalier Est, c’est la croix et la bannière pour avoir des masques. Ils sont lâchés au compte-goutte : il faut tousser pour en obtenir.  Dans un service, pendant qu’un collègue discutait avec le cadre, un autre a dû se glisser dans son bureau pour récupérer de quoi travailler en sécurité. Ailleurs, certains ont refusé de travailler tant qu’ils n’en avaient pas, voire ont dû aller se servir dans d’autres services. La direction ne fait que promettre et encore, un seul masque par jour pour ceux qui ne sont pas dans les services qui s’occupent des malades du Covid-19. Un masque, ça tient 4 heures maximum.

Macron affirme qu’on est en guerre, mais en temps de guerre, les gouvernements se montrent capables de réquisitionner des entreprises et adapter leur production à la production d’armes ou d’uniformes. Le gouvernement aurait pu en faire autant pour la production de masques ou de gel hydro-alcoolique, si son mépris de classe pour les travailleurs n’avait eu d’égal que sa soumission aux profits des entreprises.

Michelin :  Produire avant tout

Echo d'entreprise
19/03/2020

Contrairement à ce que les médias ont annoncé, Michelin n'a pas fermé toutes ses usines. Deux continuent à produire partiellement. Celle de Montceau avec 150 salariés et celle de Saint-Doulchard, à côté de Bourges, avec 80 salariés. Dans ces deux usines, ce sont une partie des productions militaires qui sont maintenues.

C'est donc au mépris des risques de contamination que des travailleurs sont désignés pour assurer la continuité de la politique guerrière des Etats et notamment de la France, comme au Mali par exemple.

Depuis le début de la crise du Covid-19, les directions locales et nationales n'ont cessé de reculer le moment de l'arrêt des productions, se réfugiant derrière les consignes du gouvernement.

Dans les usines, les directions ont été incapables de supprimer les essuie-mains tissu et de les remplacer par des essuie-mains papier à usage unique. Pourtant quand il s'agit d'augmenter les productions, c'est du jour au lendemain !

Quant aux travailleurs des ateliers où la production est arrêtée depuis 4 jours et sans doute pour un moment encore, la direction était toujours incapable de leur dire ce jeudi 19 mars, comment ils seraient payés et combien.

Au retour dans l’usine, il sera nécessaire d’exiger que pas un centime ne manque sur la paie déjà trop maigre.

Amazon - Montélimar (Drôme) :  Les travailleurs refusent de se sacrifier pour les profits de Jeff Bezos

Echo d'entreprise
19/03/2020

Depuis 3 jours, entre 50 et 100 travailleurs de la plateforme Amazon de Montélimar débrayent quotidiennement pour réclamer la fermeture du site face au danger du coronavirus. Des centaines de travailleurs embauchés, auxquels se rajoutent chaque jour de nouveaux intérimaires, sont forcés de venir se changer dans les vestiaires, de se croiser dans les allées, sans pouvoir respecter la distance minimale préconisée pour empêcher la contagion.

Les dirigeants prétendent que leur activité est essentielle au fonctionnement de la vie sociale, mais il leur est difficile de dissimuler que tout ce qui les intéresse, c’est de maintenir leurs profits faramineux.

Dans un geste qu’ils ont cru généreux, les dirigeants ont osé évoquer une augmentation de 2€ de l’heure, uniquement le temps de l’épidémie. On leur parle de sauver des vies, ils répondent uniquement pognon. Décidément, exploités et exploiteurs, on n’a pas les mêmes valeurs.

Ivéco Bus- Annonay (Ardèche) :  Usine fermée... faute de pièces, pas faute de virus !

Echo d'entreprise
19/03/2020

L'usine Iveco d'Annonay, qui fabrique des bus et des cars, est à l'arrêt depuis lundi 16 mars. Mais en cette période de confinement, ce n'est pas le virus qui a poussé le patron à fermer boutique... ou du moins, pas le risque qu'il fait courir aux travailleurs ! En effet, la présence de deux travailleurs contaminés n’a pas empêché le site de continuer à tourner jusque lundi, sans masque ni gel. En réalité, ce sont les approvisionnements en provenance de Chine et d'Italie qui n'arrivent plus, à cause des usines arrêtées dans les régions contaminées. Le patron a donc jugé plus avantageux pour lui de renvoyer les ouvriers chez eux... en imposant de prendre sur leurs congés de fin d'année et leurs journées de RTT. Et qu’importe si l’épidémie ne fait que commencer, la consigne est de redémarrer dans une semaine si les pièces sont arrivées. Mais pas sûr que les travailleurs de l'usine acceptent de venir s'exposer dans des ateliers confinés pour les profits du patron.