Ouest-France : Pierre Casevitz présent sur tous les terrains
par Virginie JAMIN.
Après plus de six mois de porte-à-porte, Lutte ouvrière poursuit la campagne sur d'autres terrains, des marchés aux sorties d'entreprises.
Reportage
10 h, mardi. Tête de liste Lutte ouvrière (LO), Pierre Casevitz, et Adrien Denis, colistier, arrivent au marché de la Grâce-de-Dieu. Première étape pour ces militants aguerris : repérer le bon endroit, celui où « il y a du passage, tout en ne gênant pas les commerçants ».
Ensuite, pas d'équipement superflu : deux drapeaux aux couleurs du parti, plantés sur deux panneaux en bois. Les affiches sur les panonceaux donnent le ton : « Faites entendre le camp des travailleurs aux élections municipales. »
Dans un sac, des documents à distribuer. « Pas du grand luxe » : des brochures et tracts en noir et blanc « invitant à nos réunions publiques ». Le journal de LO, aussi. Le nom d'Arlette Laguiller y figure en haut. « Plein de gens ont de la sympathie pour elle », souligne Adrien Denis.
« Partage du travail »
Après six mois de porte-à-porte, place à des actions sur les marchés, en centres commerciaux de quartier et sorties d'entreprises. Le but ne varie pas : parler, échanger. « Un travail de longue haleine. » L'équipe comprend jusqu'à quinze militants. « L'accueil est bon. On ne sent pas la révolte sociale poindre à l'horizon, sourit Pierre Casevitz, mais, quand on va vers eux, les gens sont contents. » Il reprend : « On rencontre beaucoup de gens abîmés, qui ne trouvent plus de boulot. »
Pour amorcer la conversation, une question revient souvent : « Que pensez-vous de la situation ? De Hollande ? » Une quadragénaire s'arrête pour discuter. « Profitez des élections pour dire votre révolte. Chômage, salaires... », suggère Pierre Casevitz. « Encore faut-il avoir la force de crier », répond la passante, en chômage longue durée. Avant, elle était libraire. « On m'a proposé une formation de bouchère. Sinon, rien. » Pierre Casevitz argumente : « Il faut imposer l'idée du partage du travail. »
L'emploi, cette grand-mère en cause volontiers. « Les Jeannette, ils tiennent le coup. Ils ont bien raison. Ils défendent leur pain. »
Midi, changement de décor : un restaurant interentreprises à Beaulieu. De public aussi : techniciens, ingénieurs, administratifs. L'accueil est courtois ; les tracts, rarement refusés. « Je n'adhère pas forcément, mais je m'intéresse », résume un ingénieur. « Les petits patrons, les agriculteurs, ils en bavent aussi. Il n'y a pas que la protection ouvrière », estime un autre. « Ce sont des travailleurs indépendants », englobe Pierre Casevitz.
18 h, direction La Guérinière. En contrat aidé, Corine prolonge l'échange. Va-t-elle voter ? « Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je sais que c'est important, mais quand on voit ce que cela donne. » Elle saisit le tract de LO et le parcourt : « Je le prends. Le mot ouvrier, cela me parle. »
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