Dijon

Nouvelles de l'Hôpital Champmaillot

Brève
28/04/2020

L'hôpital gériatrique Champmaillot fait partie du CHU de Dijon et est donc en première ligne dans la lutte contre le Covid-19.

Les EHPAD de Champmaillot galèrent vraiment et le personnel continue à tomber malade. Il y a un problème de matériel (peu de masques FFP2) et de méconnaissance des protocoles. Au bâtiment F2, où il y a 5 patients Covid, le double masque (un pour le patient, un pour le soignant) n'est pas mis. Et comme il n’y a pas de FFP2, le personnel fait comme ça, même au retrait des aérosols, ce qui est très dangereux à cause des projections de gouttelettes. Le médecin paraît aussi désespéré que l'équipe : ils ont les informations au compte-gouttes, ils n’ont pas de masque, ils auscultent les gens comme ça.

Au bâtiment B2, les médecins craquent : il y a 25 patients Covid et ils n'acceptent plus les entrées des services EHPAD de Champmaillot car ils ne s'en sortent pas.

En médecine : le bâtiment D1 est à 20 lits mais devrait si possible rouvrir 5 lits la semaine prochaine et rester secteur Covid. Au bâtiment D2, il n’y a toujours pas de décision réelle prise car les médecins souhaitent vider le service avant vendredi, le décaper tout le week-end et rouvrir lundi à hauteur de 20 lits en non-Covid.  Mais la direction ne souhaite pas fermer deux jours. Pour l'instant, on déplace tout ce qu’on peut et il n'y aura pas d'entrées directes malgré les insistances d'un professeur consultant, pas de déambulants pour éviter la propagation du virus et aucune chambre avec deux patients.

 

Belfort

General Electric : Pas de confinement pour les licenciements

Brève
24/04/2020

Le plan de licenciements à General Electric, dans l'ancienne branche Alstom Management continue de se dérouler.

A Belfort, 70 personnes sont concernées par ces licenciements et les premières lettres devraient être envoyées dès le 4 mai, en plein confinement. C’est l'aboutissement d'un plan qui avait démarré en juin 2019.

La direction explique que la crise du coronavirus est une crise pour General Electric. Le chiffre d'affaire du secteur aviation, est en chute libre : toutes les flottes d’avions sont au sol, General Electric serait donc en difficulté et GE a prévu de se débarrasser de 10% de ses effectifs aux USA, soit 2 600 licenciements.

La crise du coronavirus est une crise pour toute la société. Mais nous n’avons aucune raison d’accepter que ce soient les travailleurs qui en payent les pots cassés.

C’est cette organisation capitaliste de la société qui transforme une crise sanitaire en une crise économique et sociale.

Alors aux capitalistes de la payer !

Lons-le-Saunier

La mort des soignants sans moyen

Brève
24/04/2020

Eric Loupiac, urgentiste à l'hôpital de Lons-le-Saunier, est mort du Covid-19. Il a été contaminé lors d'une garde, sans protection suffisante faute de moyens. En 2019, avec d'autres soignants, il s'était mobilisé contre la fermeture de la deuxième ligne de SMUR de l'hôpital de Lons, commandée par l'Agence Régionale de Santé pour faire des économies. Hier, c'est une aide-soignante de Valdoie qui est décédée. 

Si la part des soignants atteints par le virus n'apparaît pas dans les statistiques, le ministre de la Santé ne peut nier l'origine des cas de contamination, directement liée au manque de masques et de matériel de protection pour les soignants les plus exposés durant les premières semaines de l'épidémie et même encore maintenant.  

Nous ne sommes pas prêts d'oublier la responsabilité des gouvernements qui se sont succédés dans les mesures qui nous ont conduit au désastre actuel. 

Ce qui nous attend avec le déconfinement

Brève
23/04/2020

Le gouvernement a décidé de déconfiner le 11 mai. Ce jour-là, des millions de travailleurs retourneront au travail. Et comme le gouvernement a aussi annoncé la réouverture   des écoles, des millions d’enfants retourneront dans leurs classes. Les hôpitaux auront sûrement été désengorgés mais le virus sera toujours là. Et selon la  communauté scientifique, une deuxième vague de l’épidémie est à craindre. Mais face au risque sanitaire, les problèmes du patronat et ceux des travailleurs ne seront pas du  tout les mêmes.

La reprise mais à quel prix ?

Le patronat dit que, dans les entreprises, le travail va être adapté pour respecter les gestes barrière. Mais il est certain qu’on ne pourra pas lui faire confiance. D’abord,  personne ne peut croire que toutes les entreprises fonctionneront comme avant, en sortant la même production qu’avant, tout en respectant les critères sanitaires  nécessaires. Et puis, s’il y avait sûrement des mesures protectrices prises au début, le naturel patronal reviendrait au galop : la nécessité de produire au moindre coût fera  qu’une bonne partie de ces mesures passeront à la trappe.

Quant au gouvernement, il ment comme un arracheur de dents depuis le début de l’épidémie. Il l’a fait sur les  stocks de masques, sur le nombre de personnes dépistées ou encore sur le nombre de morts dans les EHPAD. Et s’il a bien une chose dont il a fait la preuve, c’est qu’on ne pouvait pas lui faire confiance.

Leurs intérêts et les nôtres

Le déconfinement va donc s’imposer. Mais il n’y a pas de raison que les travailleurs l’abordent en victimes soumises. Leurs préoccupations ne sont pas celles du patronat. Ils  voudront avant tout prendre garde à leur santé et à celle de leurs proches, par exemple, en prenant garde à comment le virus pourrait se propager dans les ateliers ou les  vestiaires d’une entreprise. Ceux qui ont des enfants seront soucieux de comment on se protège de la contamination dans les écoles. Et pour tous ces problèmes, rien ne  vaudra une organisation collective des travailleurs concernés pour contrôler ce qui se passe dans un atelier, dans un service ou même dans un quartier où il y a une école.

Il  n’y aura pas de solution satisfaisante pour régler ces problèmes sanitaires car pour cela il faudrait que la société soit profondément différente et profondément organisée sur  une base collective, c’est-à-dire débarrassée du capitalisme. Mais il n’empêche que les travailleurs devront être vigilants car personne ne le sera à leur place.

Antolin Thise et Besançon

Les voitures de luxe ne sont pas une nécessité !

Brève
20/04/2020

Chez Antolin (éclairages intérieurs pour l'automobile), la direction a toujours maintenu une partie de l'activité, faisant du stock, réclamant des livraisons soi-disant urgentes alors que les usines s'arrêtaient les unes après les autres. Pour se couvrir, elle a fait signer une déclaration aux travailleurs volontaires.  Mais cela ne suffit plus et les cadres rappellent ceux qui sont en chômage partiel.

La direction voudrait assurer les commandes pour Ferrari. Malgré l'épidémie, les commandes de voitures de luxe explosent et Ferrari veut rouvrir ses usines le 4 mai, pourtant situées en Emilie-Romagne, qui est toujours la région italienne la plus touchée par l'épidémie. 

Mais pour l'instant, quelles que soient les mesures mises en place dans les ateliers de Besançon, les volontaires ne se précipitent pas pour prendre des risques pour des voitures de luxe.