Des dizaines d'ouvrières de l'électronique (Jabil) licenciées en 2008 comptaient, outre leur allocation chômage, sur un complément d'allocation pour tenir jusqu'à la retraite, nombre d'entre elles ayant suffisamment d'ancienneté pour y prétendre. Mais cette allocation dite "de solidarité" leur est désormais contestée.
Lassées des stages bidons humiliants de soi-disant "évaluation de compétence" que Pôle-Emploi leur impose (à bientôt 60 ans, leur chance de retrouver un emploi est insignifiante), menacées d'être volées de leur allocation qui ne dépasse déjà pas les 1000 €, alors que les patrons de l'électronique se sont enrichis de leur travail pendant des décennies, ces ouvrières ont décidé de se faire entendre. A plus d'une trentaine, elles sont allées ensemble envahir les locaux de Pôle Emploi du port de commerce et réclamer leur dû.
La "solidarité", Pôle Emploi et la bonne société l'invoquent pour dispenser leur morale bourgeoise aux chômeurs. Mais les travailleuses de Jabil, elles, pratiquent la solidarité ouvrière, pour garder la tête haute.