SNCF - Orléans Les Aubrais (Loiret) :  Pour la direction, le confinement passe après la production ?

Echo d'entreprise
17/03/2020

Depuis la fin de semaine dernière, l'inquiétude et la colère ont monté d'un cran dans les différents services. Dès ce week-end, estimant ne pas être suffisamment protégés, des dizaines de cheminots ont fait valoir leur droit de retrait. Cela est particulièrement vrai pour les contrôleurs ou pour les conducteurs, où l'habitude a été prise dans d’autres circonstances.

Mais c’est vrai aussi dans bien d'autres services comme à l'équipe caténaire, où dès dimanche soir à l'occasion de travaux prévus la nuit, les agents ont refusé de travailler, n'ayant ni masque ni gel. Depuis mardi l'ensemble des agents travaillant sur les voies ou les équipements sont invités à rester chez eux en restant joignables en cas d’incident grave.

En gare, devant l'inquiétude suscitée par le contact avec les voyageurs, la direction a été contrainte de réagir, certes bien tardivement. Le lundi l'espace accueil a été fermé, le mardi c'était au tour des guichets. Le personnel de la manœuvre et d'escale est réduit au « strict nécessaire ». Mais même ce strict nécessaire suscite des réactions. Est-il vraiment nécessaire de faire rouler les trains ? Pour qui ? Dans quelles conditions ?

Quant aux postes d'aiguillages et aux agents du Fret, les agents sont contraints de venir travailler, mais là aussi les réactions ne se font pas attendre. Pourquoi faudrait-il garder l'ensemble des postes ouverts ? Pourquoi continuer à faire rouler du fret ?

Toutes ces questions que se posent les cheminots sont bien sûr plus que légitimes et le sentiment que patronat et gouvernement sont prêts à tout pour leur sacro-saint profit est très présent. À la suite des déclarations de Macron lundi soir, beaucoup ont relevé que si l'on ne pouvait pas voir nos familles ou nos amis, on était assez bons pour se rendre au travail ! Beaucoup reprenaient aussi le fait que ce sont les mêmes qui détruisent le service public en supprimant des milliers de postes qui aujourd'hui en appellent au dévouement des travailleurs de ces entreprises. L'actualité dans les autres entreprises est elle aussi largement commentée.

Tout cela ne fait qu'alimenter un sentiment de colère et d'injustice. Et s'il existe un sentiment chez des collègues qu'il faut bien que certains trains roulent, l'immense majorité des cheminots du site ont bien conscience que même dans le combat contre le virus, il ne doit pas y avoir d'union sacrée.

Oui à la solidarité de classe, non à l'unité avec les patrons !