Corona Médical (Indre-et-Loire)

Larmes de crocodile, méthodes de rapace

Brève
27/07/2009

Corona Médical, entreprise de 140 salariés fabricant du matériel médical, vient d'annoncer 63 suppressions d'emplois, dont 40 licenciements et la délocalisation d'une partie de la production.

A entendre Jean-Michel Le Bolloch, le patron, ce serait un véritable crève-coeur, mais il ne peut pas faire autrement. La faute en reviendrait à la concurrence, bien sûr déloyale, d'une entreprise d'Europe de l'Est qui « n'a pas les mêmes contraintes de salaires et ne paie pas d'impôts en France. ».

Ce sont certainement les sanglots qui l'ont empêché de dire que sa petite entreprise est en fait une filiale du groupe japonais Paramount Bed. Il s'agit du n°2 mondial du matériel médical, ayant distribué aux actionnaires l'équivalent de 6,7 millions d'euros de dividendes en mars 2009, tout comme en 2008. Il est présent dans 88 pays et possède une usine de fabrication en Chine, là précisément où Corona Médical « est obligé d'aller fabriquer... ». Quant au concurrent tchèque, il s'agit de l'entreprise Linet France, peut être subdivision d'une firme tchèque, mais dont le siège est à Chambray-lès-Tours et qui est surtout une filiale du groupe allemand Wissner Bosseroff, autre multinationale spécialisée dans le matériel médical.

Jean-Michel Le Bolloch ne semble pas plus s'y entendre en chiffres qu'en géographie. Il prétend qu'« avec quinze ans d'ancienneté, on partira avec plus de 40 000 euros ». C'est peut être vrai pour un cadre, mais pour les autres travailleurs ça l'est beaucoup moins.

Les difficultés économiques et le baratin larmoyant du patron, le personnel n'y croit pas. Il s'est donc mis en grève lors de la réunion de CE pour réclamer de meilleures conditions de départ, ce qu'il a en partie obtenu.

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