Indre-et-Loire

A qui profitent la robotisation et la numérisation ?

Brève
07/09/2019

« SKF nous apporte la preuve que l’on peut remplacer des hommes par des robots pour gagner des parts de marché, tout en confortant les emplois… » Voici ce qu’a prétendu la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, lors d’une visite à l’usine SKF de St Cyr-sur-Loire le jeudi 5 septembre.

Le problème, c’est que ce n’est pas vrai. Dans ce monde capitaliste, les robots tout comme l’informatisation des postes de travail servent à diminuer les coûts de production et ils entraînent des suppressions d’emplois à SKF comme ailleurs puisque l’objectif des patrons est de « gagner des parts de marché ».

Les activités nouvelles à l’usine de St Cyr-sur-Loire ont généré très peu de nouveaux emplois. En effet, d’autres sites de production à Saumur, Dunkerque, ou Montigny, ont été totalement ou partiellement fermés pendant que leur l’activité était déplacée vers l’usine SKF d’Indre-et-Loire. En réalité, ce sont principalement des mutations qui ont eu lieu.

D’autre part, la modernisation de l’usine ne garantit en rien la pérennisation des emplois, car c’est le profit des actionnaires qui compte.

Pour que l’automatisation et l’informatisation soient au service des hommes et ne nuisent pas aux travailleurs, il faudrait que ceux-ci décident, non les patrons, et qu’ils imposent une répartition du travail entre tous sans perte de salaire.

Sucrerie de Toury (Eure-et-Loir)

Non aux licenciements !

Brève
26/08/2019

La sucrerie de Toury

En avril dernier, le groupe Cristal Union a annoncé qu’il allait se débarrasser de 150 salariés à Toury, 90 à Bourdon (Puy-de-Dôme) et 70 à Erstein (Bas-Rhin). Son concurrent Südzucker/Saint Louis a annoncé de son côté la fermeture de ses sucreries de Eppeville (Somme) et Cagny (Calvados).

Conjointement avec Tereos, le N°1 mondial, ces groupes européens rivalisent désormais avec des producteurs de sucre de canne basés au Brésil, en Inde ou en Thaïlande. Ils ont augmenté de 20 % leur production de sucre de betterave en 2017/2018, les cours se sont effondrés, et maintenant c’est aux salariés qu’ils présentent la facture.

A l’annonce de la fermeture de la sucrerie de Toury, la représentante du Conseil départemental s’est dite révoltée, alors que la collectivité vient de dépenser 500 000 euros pour aménager une bretelle facilitant l’accès des camions à l’usine. Le député local (UDI) a demandé aux ministres de l’agriculture et de l’industrie de convaincre Cristal Union d’aider à une reprise au moins partielle du site. Il s’agirait d’orienter la production d’alcool notamment vers les besoins des parfumeurs régionaux (la « Cosmetic Valley », entendez par là les multinationales du luxe dont le groupe LVMH de Bernard Arnault). A l’en croire, un montage financier serait déjà prêt, dans lequel collectivités locales, Bpifrance et autres fonds publics mettraient la main à la poche...

Les politiciens peuvent bien s’émouvoir, ou faire semblant, et continuer d’arroser leurs « champions » nationaux avec l’argent public. Les travailleurs, eux, ont toutes les raisons de se mobiliser collectivement pour ne pas payer les frais de la concurrence entre groupes capitalistes. Une manifestation de soutien aura lieu samedi 31 août à Toury, à laquelle sont conviés les travailleurs des autres entreprises et la population locale. Lutte ouvrière appelle à y participer.

Centre de chèques postaux Orléans La Source (Loiret)

Incendie à la Banque Postale

Brève
19/08/2019

Le centre de chèques postaux de La Source, après l'incendie du 15 août 2019

Un incendie s’est déclaré le jeudi 15 août dans une aile du centre au 6ème étage, détruisant tout un service et faisant de gros dégâts aux 5ème et 7ème. Heureusement personne ne travaillait ce jour-là.

Sans doute dû à un court circuit (raison invoquée en l’état actuel de l’enquête), cela n’a vraiment surpris personne, tant l’immeuble part en déconfiture. La direction de la Banque Postale a décidé de ne plus entreprendre de travaux importants, annonçant en 2015 son intention de construire un nouveau centre. Depuis tout est resté à l’état de projet. L’immeuble n’a fait que se dégrader au point que des barrières de sécurité entourent le centre pour éviter de se prendre chutes de béton, vitres ou stores, comme cela s’est déjà produit les années passées.

Par souci d’économie et pour vider certaines ailes, la direction a entassé le personnel. Dans le service impacté par l’incendie, 80 employés ont vu leurs conditions de travail se dégrader au fil des années : devant travailler chacun sur deux écrans à la fois, le manque de place s’est vite fait sentir. De nombreux ventilateurs ont été mis sur les bureaux cet été. Malgré la climatisation qui marche ou pas et avec des stores extérieurs pour certains en lambeaux, cela était insupportable au moment de la canicule, dans des services à grande baies vitrées.

La direction de la Banque Postale a son siège en plein centre de Paris, dans un ensemble de quatre immeubles qui ont vu le jour en 2011, présentés comme « de haute qualité environnementale » et décrits comme « un bâtiment historique participant au charme d’un des quartiers les plus courus de la rive gauche ». Dans leurs bureaux feutrés et luxueux, ces haut cadres de la Banque Postale sont bien loin des inquiétudes du personnel de la Source qui travaille dans un immeuble aussi pourri et devenu dangereux.

Gien (Loiret)

Grève à la clinique Jeanne-d'Arc

Brève
16/07/2019

En grève depuis le 9 juillet, le personnel de la clinique privée de Gien (un établissement de 110 personnes) n’accepte pas de signer le nouveau contrat qu'on lui propose après la reprise de l’établissement par le C.H.R.O. (centre hospitalier d’Orléans), suite à son abandon par le groupe Ramsey (ex-Générale de Santé) - Ramsey jugeant les revenus de la clinique plus assez fructueux ! Tous les jours un piquet de grève d’une trentaine de soignants se relaye devant la clinique.

C’est le troisième protocole de reprise qu’on leur propose, sans précision sur l’organisation des postes, les tarifs des gardes et des astreintes, les éventuels changements de planning, le nombre de gardes etc.

Mais surtout ce qui a fait déborder la coupe, c’est que ce troisième document stipule que leur traitement indiciaire baisse. Le personnel soignant réclame que leur salaire brut annuel ne soit pas amputé et que des compensations soient accordées pour la perte des indemnités de transport, de la part patronale mutuelle, et des journées d’ancienneté. Comme ils le déclarent : « Nous, on n’a rien demandé, Ramsey nous a jetés et le C.H.R.O. veut nous léser ».

Une nouvelle réunion avec les dirigeants du C.H.R.O. doit avoir lieu le 18 juillet. En attendant, le personnel de la clinique est bien décidé à se faire entendre pour défendre ses droits et son dû.

Orléans (Loiret)

Une école, des papiers, un toit pour tous !

Brève
11/07/2019

Rassemblement à Orléans le 10/07/2019 en soutien aux jeunes mineurs isolés étrangers

À l’appel du COJIE (Comité de soutien aux jeunes isolés étrangers) et de plusieurs associations, un rassemblement et une manifestation ont eu lieu mercredi 10 juillet à Orléans, en soutien aux jeunes étrangers scolarisés à qui la Préfecture refuse des papiers en règle, appliquant la politique du gouvernement Macron.
200 personnes, dont une quarantaine de jeunes, se sont retrouvées Place De Gaulle pour protester contre la situation indigne qui leur est faite. Ils se retrouvent privés de toute aide du jour où ils deviennent majeurs, et même avant quand la Préfecture conteste leur âge. Aujourd'hui, une trentaine de jeunes majeurs sont à la rue sans ressources. Au 31 août, ce sont 150 jeunes qui risquent de connaitre cette situation alors qu'ils sont scolarisés !

Les participants se sont ensuite rendus devant la préfecture, en criant des slogans : « Jeunes dans la rue, jeunes en danger, c'est le cauchemar ! » ou « une école, des papiers, un toit ! »

Comme la préfecture refusait de recevoir les représentants des jeunes sans-papiers, par solidarité les représentants des organisations ont refusé de s'y rendre sans eux.

L'attitude de la préfecture a été à juste titre dénoncée comme scandaleuse par plusieurs intervenants, et rendez-vous a été donné au lundi suivant pour proposer des suites rapides.