Indre-et-Loire (37)

Tout va très bien Madame la Marcrise

Brève
28/10/2009

21 090, c'est le nombre de chômeurs dans le département, en augmentation d'1,8% au mois de septembre, après avoir augmenté d'1,4% en août et de 25,9% en un an.

Voilà les chiffres qui se cachent derrière les discours sur la fin de la crise. Et les annonces de suppressions d'emplois, 340 chez Michelin à Joué-lès-Tours, 82 à Plastivaloire et 181 à la Nouvelle République ne risquent pas d'inverser les choses.

Si ce n'est pas la fin de la crise pour tout le monde, il en est qui ne la connaissent même pas. Ce sont ceux qui paient l'impôt dit de solidarité sur la fortune. Ils sont au nombre de 1 260 rien que dans la ville de Tours, payant en moyenne 4 804 € d'ISF. L'an dernier ils n'étaient que 1 194 mais payaient 5 606 €.

Non seulement la crise n'empêche pas certains d'être toujours plus riches, mais en plus le bouclier fiscal est visiblement là pour les aider.

SNCF - Orléans Les Aubrais (Loiret)

Les "routards" de la voie

Brève
27/10/2009

Avec les suppressions massives d'emplois, l'entretien du réseau SNCF s'est sérieusement dégradé. La direction de la SNCF voudrait donc remplacer les brigades de cheminots, qui entretenaient chacune une zone de voies précise, par des équipes mobiles régionales travaillant sur l'ensemble de la région SNCF qui s'étend de Tours au Sud de Bourges et du Sud d'Etampes presque jusqu'à Châtellerault !

Plus question pour les cheminots de la voie d'embaucher le matin à la brigade et de rentrer le soir. Il faudra faire le sac à dos le dimanche soir et dormir toute la semaine dans des bungalows, transportés d'un point à un autre par camions (!!), posés le long des voies avec des tuyaux évacuant les eaux usées à l'air libre.

Sur la région de Tours, la SNCF veut imposer des mutations en équipe régionale à 60 cheminots de la voie d'ici la fin de l'année et elle prévoit de découper le réseau national en seulement trois grands territoires en 2012.

Ces restructurations ne passent pas. De nombreuses réunions de directeurs d'établissements ont été envahies par les cheminots qui refusent ce que la SNCF appelle une " industrialisation de la maintenance des voies", et qu'il vaudrait mieux appeler une industrialisation de l'exploitation des travailleurs.

Alcatel - Ormes (Loiret)

Actions contre les licenciements

Brève
26/10/2009

La direction d'Alcatel-Lucent a annoncé cet été son intention de supprimer 47 emplois sur son site d'Ormes.

Après plusieurs actions depuis l'été, les travailleurs ont décidé la semaine dernière de perturber la réunion trimestrielle d'un directeur. Lors d'une précédente réunion, ce monsieur n'avait pas dit un mot au personnel sur les suppressions d'emplois envisagées, alors qu'il donnait l'information quelques heures plus tard à la maîtrise. Cela était resté en travers de la gorge de nombreux salariés.

Les salariés du site se sont donc invités, mercredi 21, en nombre à sa réunion et ont dit notamment ce qu'ils pensaient des gros salaires des dirigeants qui justifient les suppressions d'emplois.

Après un "Messieurs les licencieurs bonsoir", tout le monde s'est levé en même temps plantant là le chef !

Dans les services, on se réjouit de l'opération tout en se préparant activement à la suite : le blocage de l'usine jeudi prochain.

Indre-et-Loire (37)

Auchan ménage ses marges et ses arrières

Brève
21/10/2009

Le supplément « Économie » de l'édition d'Indre-et-Loire de la Nouvelle-République du 20 octobre consacre un dossier à l'apprentissage. On apprend ainsi qu'Auchan vient de recruter dans ses hyper-marchés de la région ouest 38 apprentis, qui préparent en alternance licence professionnelle ou écoles de commerce.

A en croire le responsable du recrutement, c'est un désintéressement quasi sacrificiel qui anime Auchan dans cette affaire. « Un apprenti en licence nous coûte 18 000 € par an », précise ce cadre, « et un élève d'école de commerce plus de 20 000, l'entreprise ayant adopté une grille de salaires supérieure aux dispositions légales ». Et cet effort n'est « pas même fait pour se conformer au pourcentage légal d'apprentis décidé il y a deux ans par le gouvernement ».

Allons, il faut bien consacrer quelques sous à la sélection et au conditionnement des futurs cadres qui devront s'activer pour permettre à la famille Mulliez - propriétaire d'Auchan - de conserver son rang de 1ère fortune de France. Et qui devront être capables d'exiger toujours plus de travailleurs dont, à la faveur du passage aux 35 heures en 2000, Auchan amputa la paye de 5 %, allant jusqu'à rémunérer en dessous du smic les plus mal payés lorsqu'ils travaillaient à temps plein...

Champignonnière de Ternay - Loir-et-Cher (41)

Les patrons du champignon font de l'intox

Brève
16/10/2009

Les 46 travailleurs de la champignonnière de Ternay, en Vendômois, redoutent la fermeture de leur entreprise. Ce ne sont pas les déclarations à la presse de leur patron qui les auront rassurés. Après avoir fermé en septembre la champignonnière de Villentrois dans l'Indre, Jean-Yves Letocart déclare ne pas savoir s'il va pouvoir maintenir l'activité à Ternay. Et bien sûr selon lui, c'est que « la main d'oeuvre française est trop chère... les concurrents néerlandais et polonais étant au moins deux fois moins chers ».

Pendant ce temps-là, France Champignon, auprès duquel la champignonnière écoule la totalité de sa production, continue à faire ses petites affaires. N° 2 mondial sur le marché France Champignon (dont Jean-Yves Letocart est administrateur) a conclu un accord avec la société néerlandaise FTNON, spécialiste de la transformation et de la distribution des produits alimentaires. Quant à la « concurrence » polonaise, les patrons de France Champignon la connaissent bien, puisqu'il y a belle lurette qu'ils ont acheté - via leur filiale Inter Champ - une usine en Pologne !

France Champignon licencie et ferme champignonnières et usines de transformation depuis un moment déjà pour produire et transformer moins cher ailleurs. Après Châtellerault il y a quelques années, il y a eu l'an dernier la fermeture de la Conserverie du Mont-Lozère dans le Gard et cette année, des licenciements à Thouars en Deux-Sèvres.

Si les emplois d'ici sont menacés, ce n'est certainement pas par la concurrence des travailleurs d'autres pays d'Europe, mais bien par l'avidité des capitalistes propriétaires. Et les moyens de maintenir les emplois, c'est dans les caisses de Butler Capital Partners, ce fonds qui, outre France Champignon, détient le SERNAM, Virgin, la SNCM, ou encore IPSOS qu'il faudrait aller les chercher.