Indre-et-Loire (37)

La voie impénétrable des aides aux entreprises

Brève
15/10/2009

Le magazine de l'agglomération Tour(s)Plus, consacre un article à l'installation des 240 salariés de l'agence « voie ouest » de l'entreprise Colas-Rail dans de nouveaux locaux à Mettray (Indre-et-Loire). On y apprend que la communauté d'agglomération finance l'étude du potentiel raccordement des locaux de Colas Rail à la voie ferrée Tours - Brétigny-sur-Orge, soit « un petit kilomètre » de voie ferrée. Colas Rail pourrait ainsi relier au réseau ferroviaire l'atelier qu'elle envisage d'implanter à Mettray afin de réparer la trentaine de locomotives qui circulent dans l'ouest de la France et qui sont jusqu'à présent entretenues par les ouvriers de Vecchietti (rachetée par Colas) sur des voies de garage du triage de Saint-Pierre-des-Corps.

Avec ces nouvelles installations, Colas-Rail disposerait paraît-il d'un avantage non négligeable pour résister à la concurrence espagnole et allemande. Mais puisque le privé est paraît-il si performant qu'on le laisse s'emparer de morceaux de plus en plus conséquents du service public, pourquoi diable faut-il que les fonds publics de l'agglomération aillent donner un coup de pouce à Colas, elle-même filiale de la multinationale Bouygues ?

Blois (Loir-et-Cher)

les catégories populaires doublement pénalisées

Brève
09/10/2009

La crise et le désengagement de l'État aidant, la ville de Blois, comme bien d'autres municipalités voit ses finances se dégrader. Les quelques 70 millions de recettes ont tendance à baisser, tandis que les dépenses augmentent. Le 7 octobre, le maire PS, cabinet d'expertise financière à l'appui, démontrait au conseil municipal que pour y faire face, l'augmentation des impôts serait devenue « quasiment incontournable ».

Déjà touchées en tant que travailleurs par le chômage et la baisse des revenus, les catégories populaires vont donc être taxées en tant que contribuables. Elles ne sont pourtant pas responsables de la crise du capitalisme ! Ce ne sont pas elles, mais bien les gouvernants de tous bords, qui ont drainé une part considérable de la richesse nationale vers les entreprises, enrichissant d'autant leurs propriétaires et nourrissant au passage la spéculation.

C'est la transfusion permanente d'argent public aux patrons qui a asséché les caisses de l'État et des collectivités. C'est donc bien dans leurs poches qu'il faudrait prendre de quoi garantir les besoins de la population. Ainsi à Blois, la multinationale Circle Printers doit la bagatelle de 450 millions d'euros. Voilà près d'un an, en contrepartie d'une indemnité dans le cadre d'un plan de revitalisation, ce trust fermait l'imprimerie Québecor qu'il venait d'acheter. Pour seule réponse aux demandes de la municipalité, Circle Printers, numéro 2 du secteur en France et qui vient d'augmenter son capital de 190 millions en septembre, s'est déclarée en cessation de paiement, ce qui l'exonère de verser ce qu'elle doit.

Après avoir servi tous ces margoulins, les politiciens s'avèrent incapables de leur faire rendre ce qu'ils ont volé à la collectivité. Encore un domaine où seule une puissante lutte collective du monde du travail pourra remettre les choses en ordre.

Indre-et-Loire (37)

"Plan de relance" : la vérité si je mens !

Brève
09/10/2009

En visite au Conseil Général, le préfet d'Indre-et-Loire vient de s'acquitter du service après vente des aides que l'État a accordées aux entreprises tourangelles au nom du plan dit de relance économique et sociale.

Au total, c'est près de 72 millions d'euros qui ont été distribués aux patrons du département sous la forme d'avances, crédits, exonérations, remboursements, délais de paiement et autres montages alambiqués qui camouflent sous un voile pudique les cadeaux bien réels que l'État fait aux patrons. Il paraît que cela aurait permis de sauver 1 157 emplois. Comme si les aides offertes par l'État et les diverses collectivités aux entreprises depuis tant d'années avaient jamais servi à autre chose qu'à sauver la fortune des patrons ! Et comme s'il n'y avait pas eu dans le même temps des milliers de travailleurs victimes du chômage partiel, de ruptures de contrats d'intérim et de plans sociaux...

En comparaison, l'aide de l'État aux personnes défavorisées s'élèverait à 21 millions. Pour être modeste, ce chiffre n'en est pas pour autant garanti... Il prend en compte par exemple la prime de 500 € destinées à certains demandeurs d'emplois. 2500 de ceux-ci auraient ainsi touché 1,25 million. Le hic c'est qu'en septembre, au niveau national, 3283 chômeurs seulement avaient réussi à toucher cette prime ! Alors ils étaient tous d'Indre-et-Loire... ou les chiffres annoncés par le préfet sont bidons dès lors qu'ils concernent les plus démunis ?

Loir-et-Cher (41)

Riches et pauvres à égalité... surtout les riches !

Brève
16/09/2009

Au mois d'avril, les députés « Nouveau Centre » du Loir-et-Cher Leroy et Perruchot avaient organisé une conférence de presse sur le thème « Face à la crise, le gouvernement n'a pas seulement aidé l'investissement, il a aussi pris des mesures pour le pouvoir d'achat ». Au nombre des mesures évoquées, il y avait la prime de 500 € versée aux demandeurs d'emploi.

Six mois après, on sait de source officielle qu'au niveau national, sur les 234 000 chômeurs potentiellement concernés, 3283 seulement ont touché la prime, tous les autres ignorant qu'ils y ont droit, ou n'arrivant pas à l'obtenir.

Dans le même temps, Sora Composites, qui avait repris l'entreprise Ranger à Theillay en licenciant 80 des 350 travailleurs, vient de recevoir une subvention de neuf millions de la part du Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles.

Nos deux députés qui aiment tant rétablir la vérité vont pouvoir y aller d'une nouvelle conférence de presse pour expliquer la différence entre l'aide aux riches et l'aide aux pauvres : elles sont absolument égales, surtout la première...

Plastivaloire (Indre-et-Loire)

Gouverner, c'est prévoir la pérennité des seuls profits

Brève
09/09/2009

Plastivaloire, sous-traitant pour l'automobile, la vidéo et l'électroménager possède deux entreprises en Indre-et-Loire, l'une à Chinon, l'autre à Langeais. En juillet, les patrons annonçaient 163 suppressions d'emplois, dont les 61 de l'usine de Chinon, condamnée du coup à la fermeture.

Selon les patrons, ces licenciements étaient inévitables du fait d'une perte de contrats. Cela ne les empêchait pourtant pas dans le même temps de racheter les actifs du groupe Key Plastics en Europe, et surtout d'annoncer aux actionnaires l'augmentation de la marge bénéficiaire brute.

Et voilà que maintenant le Pdg annonce la réduction de moitié du nombre des suppressions d'emplois (il en reste tout de même 80). Que s'est-il donc passé depuis juillet ? Certes les travailleurs de Plastivaloire, aidés par la CGT qui a créé un syndicat dans l'entreprise au début de l'été se sont mobilisés et ont interpellé le ministre Estrosi, et certes l'État va mettre la main à la poche en finançant des préretraites ainsi qu'une convention d'activité partielle de longue durée et un programme de formation. Mais il y a aussi qu'amputée de 163 emplois, l'entreprise n'aurait même pas pu faire face à la petite reprise des commandes enregistrée pendant l'été.

Autrement dit, les patrons n'attendent même pas deux mois avant de décider de licencier. À la moindre fluctuation des commandes, et dans le seul but de maintenir les profits, ils jettent les travailleurs à la rue. Il est grand temps d'imposer collectivement l'inverse, c'est à dire que les profits présents et passés servent à garantir les salaires et l'emploi en partageant le travail entre tous.