St Junien (Haute-Vienne)

la maternité de Saint Junien doit être maintenue !

Brève
08/09/2009

La maternité de l'hôpital de Saint Junien, seule maternité de proximité sur le département (celles de Saint Yrieix et Bellac sont fermées depuis plusieurs années) et qui accueille des patientes de l'Ouest du département de la Haute Vienne mais aussi d'une partie de la Charente va fermer fin septembre, « provisoirement » selon la direction. Il manquerait deux gynécologues obstétriciens.

Mais personne ne se fait d'illusions : elle risque bien de fermer définitivement, la pénurie de médecins spécialistes en fournissant l'occasion.

Et c'est l'Hôpital Mère Enfant du CHU de Limoges qui devra absorber la plus grande partie des cinq ou six cent accouchements annuels de la maternité alors que ce service est déjà au bord de l'engorgement.

La fermeture définitive de cette maternité serait un mauvais coup pour la population de tout le département, mais il n'est pas dit que le personnel de l'hôpital et la population du bassin de Saint Junien le permettent.

Plastivaloire Langeais (Indre-et-Loire)

De l’argent pour acheter des usines, pas pour l’emploi

Brève
05/08/2009

Depuis quelques semaines, chez Plastivaloire (fabricant de pièces plastique pour l'automobile, la TV-vidéo et l'électroménager), plane la menace de 61 licenciements à l'usine de Chinon dont la fermeture vient d'être annoncée. Mais 163 autres emplois seraient menacés à court terme. En mars, c'est l'usine de Dreux qui fermait avec 67 licenciements à la clé.

Aux ouvriers, le PDG dit que c'est à cause de la perte de contrats, notamment avec Sagem ou Philips. Il ne tient pas du tout le même discours aux actionnaires. Pour pallier la baisse des commandes et du chiffre d'affaires, « PVL entend maintenir ses axes stratégiques à long terme... afin de poursuivre la création de valeur pour ses actionnaires » et pour cela, « à court terme, PVL utilise les moyens à sa disposition (RTT, congés, chômage partiel, réorganisation de la production, etc.) afin de s'adapter à l'évolution de la demande ». En d'autres termes, il compte économiser sur les salaires, sur le nombre d'usines et d'emplois.

En mai, Plastivaloire achetait le groupe Key Plastics. Contradictoire ? Pas du tout : « Plastivaloire continue de se concentrer sur l'adaptation de ses coûts, notamment en France, et met en place les synergies liées au rachat des actifs du groupe Key Plastics Europe en France et en Slovaquie ». Ce qui revient à dire qu'après avoir racheté cette entreprise, il ferme des usines et licencie dans les deux groupes. Déjà 191 salariés de Key Plastics ont été licenciés, tant en France qu'en Slovaquie.

Grâce à tout cela, le PDG annonce des chiffres qui devraient combler les actionnaires, telle l'augmentation de la marge bénéficiaire brute et des gains de trésorerie dus à des opérations financières. Bref de l'argent il y en a, et les travailleurs de Chinon ont toutes les raisons d'en réclamer leur part, à défaut de parvenir à empêcher ces scandaleux licenciements. Ceux de l'usine de Dreux, qui s'étaient mis en grève à l'annonce de la fermeture, ont au moins obtenu en plus des mesures du plan de licenciements, une prime supra-légale de 10 000 € et 1 000 € supplémentaires par année d'ancienneté.

Corona Médical (Indre-et-Loire)

Larmes de crocodile, méthodes de rapace

Brève
27/07/2009

Corona Médical, entreprise de 140 salariés fabricant du matériel médical, vient d'annoncer 63 suppressions d'emplois, dont 40 licenciements et la délocalisation d'une partie de la production.

A entendre Jean-Michel Le Bolloch, le patron, ce serait un véritable crève-coeur, mais il ne peut pas faire autrement. La faute en reviendrait à la concurrence, bien sûr déloyale, d'une entreprise d'Europe de l'Est qui « n'a pas les mêmes contraintes de salaires et ne paie pas d'impôts en France. ».

Ce sont certainement les sanglots qui l'ont empêché de dire que sa petite entreprise est en fait une filiale du groupe japonais Paramount Bed. Il s'agit du n°2 mondial du matériel médical, ayant distribué aux actionnaires l'équivalent de 6,7 millions d'euros de dividendes en mars 2009, tout comme en 2008. Il est présent dans 88 pays et possède une usine de fabrication en Chine, là précisément où Corona Médical « est obligé d'aller fabriquer... ». Quant au concurrent tchèque, il s'agit de l'entreprise Linet France, peut être subdivision d'une firme tchèque, mais dont le siège est à Chambray-lès-Tours et qui est surtout une filiale du groupe allemand Wissner Bosseroff, autre multinationale spécialisée dans le matériel médical.

Jean-Michel Le Bolloch ne semble pas plus s'y entendre en chiffres qu'en géographie. Il prétend qu'« avec quinze ans d'ancienneté, on partira avec plus de 40 000 euros ». C'est peut être vrai pour un cadre, mais pour les autres travailleurs ça l'est beaucoup moins.

Les difficultés économiques et le baratin larmoyant du patron, le personnel n'y croit pas. Il s'est donc mis en grève lors de la réunion de CE pour réclamer de meilleures conditions de départ, ce qu'il a en partie obtenu.

SKF St Cyr (Indre-et-Loire)

Les travailleurs de SKF Fontenay ne baissent pas les bras

Brève
23/07/2009

Mercredi 22, pour la deuxième fois en moins d'un mois, les travailleurs de SKF à Fontenay-le-Comte en Vendée sont venus rendre visite à ceux de St Cyr près de Tours, bloquant l'entrée et la sortie des véhicules de livraison. SKF projette de fermer leur usine en octobre et depuis fin juin ils se battent pour obtenir une meilleure prime de départ.

Déjà les 9 et 10 juillet, un piquet de grève de plusieurs centaines de travailleurs des deux usines avait bloqué l'entrée.

Suite à cette action, ils obtenaient un rendez-vous avec la direction nationale le 16 juillet. Le PDG proposait une prime liée à l'ancienneté (équivalant à 15 000 € au bout de 20 ans), ce qui ferait dans le meilleur des cas 30 000 € en englobant les mesures légales. Les travailleurs l'ont trouvée indécente et demandent 80 000 € en plus des mesures légales.

Mais ce qui a déclenché, une nouvelle fois la colère des ouvriers de Fontenay, c'est que, lors d'une autre séance de négociation, mardi 21, la direction revoyait ses propositions de congés de reclassement à la baisse. Elle ne proposait plus que 18 mois contre 36. Ils ont alors décidé de bloquer l'usine de Fontenay mais aussi la livraison des pièces à St Cyr. Jeudi, un débrayage suivi d'une manifestation a regroupé plusieurs centaines de travailleurs.

Depuis mardi, ils ont planté la tente sur la pelouse de l'usine de St Cyr et, forts de la sympathie suscitée par leur mobilisation, ils comptent bien, en se relayant, tenir jusqu'au week-end... et continuer à se battre pour obtenir satisfaction.

Kuka (ex-Farman) – La Riche (37)

Des licenciements pour maintenir les profits

Brève
19/07/2009

Kuka systems vient d'annoncer 144 suppressions d'emplois, 84 à La Riche et 60 à Montigny-le-Bretonneux, soit la fermeture des deux usines. Juste trois mois après 50 autres licenciements que la direction avait justifié en expliquant qu'il fallait sauvegarder l'emploi et pérenniser l'entreprise.

Cette fois, le patron explique que les chiffres sont désastreux. Au premier trimestre 2009, les commandes seraient en recul de 47% et les ventes de 19% par rapport à 2008. Tout cela est peut être vrai, mais il se garde bien de dire que le groupe dégage malgré tout une marge équivalente au premier trimestre de l'année dernière. Dès le début de l'année le groupe Kuka s'est lancé dans un plan de réduction des coûts... essentiellement salariaux : suppressions des heures supplémentaires, chômage partiel, licenciements des contrats précaires, restructurations... soit un gain de 50 millions. Et il compte négocier, là où il ne ferme pas d'usine, la suppression de primes de vacances et le report des augmentations salariales.

En annonçant la nouvelle, la « Nouvelle République », titrait « les nuages s'amoncellent sur l'économie tourangelle ». En ce qui concerne Kuka ce sont les profits qui s'accumulent par ce genre d'opération... à moins que ne gronde l'orage des salariés qui, lassés d'avoir été menés en bateau, demandent une prime de départ de 40 000 euros.