St Junien (87)

Pourquoi les travailleurs de chez Legrand paieraient-ils pour le Baron ?

Brève
10/04/2009

Legrand a décidé de fermer le site de Saint Junien, prétextant qu'il n'est pas assez rentable ce qui est pour l'instant contesté par l'expert nommé par le CE.

Les salariés multiplient les manifestations et les rassemblements en s'adressant à la population de la petite ville. Ce sont 64 travailleurs qui risquent de se retrouver au chômage s'ils n'acceptent pas d'être mutés dans d'autres sites. La fermeture de l'usine va aussi entraîner une perte de ressources importante pour la commune, un manque à gagner pour les commerçants et au moins autant d'emploi induits.

Legrand dont l'un des actionnaires majoritaires est le baron Seillère par l'intermédiaire de Wendel investissement a distribué au début de l'année, exactement les mêmes dividendes que l'an passé à ses actionnaires.

Pourtant, après l'annonce de la fermeture de Saint Junien, prétextant une baisse des commandes de son petit matériel électrique qui serait due au ralentissement de l'immobilier et à une baisse des "mises en chantier", la direction de Legrand vient d'annoncer du chômage partiel : 3 lundis par mois jusqu'en juillet, puis 5 jours par mois à partir de septembre.

Alors, si ralentissement des affaires il y a (ce qui resterait à vérifier), ce ne sont pas les ouvriers des lignes de production, les cableuses, les techniciens des bureaux d'études, les magasiniers, les caristes, bref tous les travailleurs de chez Legrand qui en sont responsables. Le baron Seillère et les actionnaires de KKK investissements, autre propriétaire du groupe, ont de quoi vivre largement en se passant d'une année de dividendes.

Les dividendes des actionnaires devraient servir à maintenir intégralement les salaires quel que soit le temps de travail.

Theillay (41)

La roulette russe des licenciements

Brève
30/03/2009

A Theillay, Ranger est l'une des entreprises qui avait touché des aides publiques au titre de la " ré-industrialisation du bassin d'emploi " après que la fermeture de Matra à Romorantin eut plongé la région dans la catastrophe économique. Rachetée il y a peu par Sotira, du groupe Sora-Composites, l'entreprise fait dans la sous-traitance automobile, pour Ferrari et Maserati entre autres.

Comme entrée en matière, les nouveaux patrons ont décidé de se débarrasser de plus de 20 % de l'effectif : 80 des 350 travailleurs de l'usine se retrouvent à leur tour sur le carreau. Mais pour éviter les réactions qui s'étaient produites en novembre dans une autre usine du groupe à Pouancé (Maine-et-Loire) lors d'une charrette de licenciements comparable, cette fois-ci les patrons ont convoqué un à un les travailleurs afin de les isoler les uns des autres. Certains sont ressortis des bureaux avec leur lettre de licenciement, les autres avec le " droit " de revenir pointer le lendemain.

Cet avatar patronal de la " Star academy " a peut-être réussi sur le moment à éviter une réaction collective. Les licenciements et la méthode n'en ont pas moins profondément choqué les travailleurs du secteur, écoeurés de ce cynisme qui ne manquera pas d'aller grossir la note que tôt ou tard le monde du travail présentera à ces exploiteurs sans scrupules.

Tours (37)

Mecachrome, méga gouffre d'argent public

Brève
29/03/2009

Sous traitant de l'aéronautique et de l'automobile, Mecachrome est un groupe qui emploie 1360 salariés dans ses entreprises françaises, dont plusieurs centaines dans la région - dans la Sarthe, le Cher (Aubigny) et l'Indre-et-Loire (Amboise).

Après avoir licencié 130 travailleurs l'été dernier dans son usine d'Aubigny, Mecachrome avait fait la une des médias fin 2008 en annonçant qu'il lui fallait d'urgence trouver 50 millions d'euros, faute de quoi il se retrouverait en cessation de paiement, et l'ensemble des salariés de ses usines françaises au chômage. Message reçu, puisqu'en décembre, les patrons annonçaient avoir décroché un financement de 30 millions, en partie issu des caisses de l'État.

On ne change pas un système qui marche : la semaine dernière, Mecachrome tendait une nouvelle fois la main vers les caisses publiques, faute de quoi 110 emplois pourraient être supprimés entre Sablé, Aubigny, Amboise et le siège de Tours.

En décembre, les patrons se vantaient pourtant d'avoir un carnet de commandes d'un montant d'un milliard d'euros. Et si les travailleurs et la population mettaient le nez dans les comptes réels de cette entreprise (et des autres !), pour voir où sont allés les aides publiques et les profits présents et passés?

Tours (37)

Libéralisme à fond... mais avec des béquilles !

Brève
26/03/2009

Sorti victorieux de la " primaire " qui l'opposait à Lepeltier, le maire de Bourges, pour la désignation de la tête de liste UMP aux élections régionales de 2010, Novelli, le secrétaire d'État et maire UMP de Richelieu (Indre-et-Loire) a réaffirmé lors d'une interview à la Nouvelle-République du 25 mars son credo " libéral ".

Du militant d'extrême-droite qu'il fut dans sa jeunesse au notable assagi, Novelli distingue une ligne continue, un " fil rouge " comme il le nomme par antiphrase : celui de la défense de la liberté d'entreprendre. On le sait, cette liberté-là cache toujours le droit pour le patronat de faire ce que bon lui semble sans rendre aucun compte. A la fin des années 70, ce fil conduisit Novelli à faire du lobbying auprès des parlementaires pour le compte de la Chambre syndicale de la sidérurgie au moment même où les patrons de la sidérurgie préparaient des licenciements massifs. Il l'amène aujourd'hui à ressasser le même credo libéral au moment où le système capitaliste a plongé la société dans une crise catastrophique. Et pendant ce temps, les patrons qui avec Novelli ne veulent surtout pas que l'État se mêle de leurs affaires, tendent la main pour tirer des caisses de ce même État de quoi maintenir leurs profits malgré la crise... C'est beau, d'être libre !

Epernon (28)

Contre les licenciements à BMS

Brève
05/03/2009

Après avoir bloqué la ville d'Epernon la veille, les salariés de BMS Épernon ont manifesté à Chartres le 4 mars. Le géant américain de la pharmacie Bristol Meyers Squibb (5,2 milliards de chiffres d'affaires) veut en effet se séparer de ses sites d'Epernon (223 salariés) et de Meymac (162 salariés) en Corrèze, ce qui signifiera, si aucun repreneur n'est intéressé, la fermeture des sites. Et en cas de reprise de l'entreprise, les syndicats craignent de nombreux licenciements.

Créée en 1961 l'usine d'Épernon était qualifiée, il y a encore peu, de "centre d'excellence européen pour les produits cardiovasculaires" par la direction dans sa propagande. Y aurait-il moins de besoins pour ce type de médicaments ? Certainement pas. Mais la direction veut rentabiliser la production sur le dos des salariés. Les travailleurs ont entamé leur quatrième semaine de grève et de blocage du site. Face aux voyous du patronat, ils ont bien raison de ne pas se laisser faire.