La Nouvelle République :  Lutte ouvrière : " S'attaquer aux actionnaires "

Article de presse
18/02/2014

Lutte ouvrière s'engage dans la bataille. La liste ne défendra pas un projet pour la Ville mais sa représentation ouvrière " contre le capitalisme ".

C'est la seule liste Lutte ouvrière pour les élections municipales, dans l'Indre. C'est la seule femme tête de liste à Châteauroux. Élisabeth Milon a présenté les quarante-trois noms, hier après-midi, dans l'une des salles de l'Espace Mendès-France. Une liste « représentative du monde ouvrier  » pour dénoncer « l'hypocrisie des politiciens  » dont les ouvriers « subissent la politique  ».

Aucun projet pour la Ville

Lutte ouvrière veut interdire les licenciements, embaucher dans les services publics, imposer la répartition du travail, décréter un salaire minimum net à 1.700 €« pour vivre correctement  ». « Les salaires et pensions doivent augmenter au même rythme que les loyers. Les travailleurs doivent contrôler les comptes et les décisions des entreprises  », a martelé Élisabeth Milon qui trace clairement le chemin à suivre : « On ne peut pas relancer l'emploi sans s'attaquer aux actionnaires. Rien ne nous sera donné. Il faudra l'arracher par les grèves et manifestations, préparer les combats  ». Lutte ouvrière est contre « l'extrême droite et la droite  » mais n'est pas tendre avec le gouvernement socialiste au pouvoir « qui fait des cadeaux aux capitalistes ». Voilà pour le programme LO « de défense des intérêts des travailleurs  ». A Châteauroux, comme dans deux cents autres villes, en France. Pas un mot sur un projet castelroussin. « Nous avons choisi de faire une campagne nationale. Nous voulons faire entendre les travailleurs à cette occasion. Ce n'est pas un programme de gestion de la municipalité mais de préparation des travailleurs aux luttes qui se préparent  », a précisé Élisabeth Milon.

Cette liste peut-elle diviser les voix à l'extrême gauche ? Ce n'est pas le problème de LO. « Nous sommes les seuls à dire clairement que nous sommes hostiles au gouvernement. Nous ne voulons pas perdre notre temps à discuter mais convaincre les travailleurs qu'ils sont une force et qu'ils sauront s'en servir, le moment venu. Les élections servent à ça. L'essentiel est d'affronter le patronat et le gouvernement. Notre sort ne dépend pas d'une commune. Un maire ne peut pas résoudre les problèmes des travailleurs, même si c'est un bon maire. »

Lutte ouvrière ira à la rencontre des travailleurs sur les marchés et devant les usines. Aucune réunion publique n'est prévue pour le moment. Il y a six ans, LO avait raflé un peu plus de 4 % des voix.

Xavier Benoit

© La Nouvelle République (18/02/2014)